dimanche 12 décembre 2010

Présence du présent

Un jour que je citais à mon ami Gilles la désespérante formule de saint Augustin:"nous naissons tous entre la merde et le pissat", il me fit une réponse tellement juste, tellement humaine, tellement dressée contre l'accablement conjugué ou séparé du néant de tout et de l'Être divin que je ne l'ai jamais oubliée. Pourtant elle était toute simple et toute banale, presque dure. Il m'a répondu: "Et alors!" C'est ça l'humanité, l'insoumission aux lois du hasard et de la nécessité, qui régissent l'entropie. "Et alors!" veut dire: qu'importe l'origine. Elle n'est ni noble ni ignoble puisqu'elle n'est que naturelle. D'où je viens? Cette donnée ne me détermine pas. Où je vais est plus intéressant, puisqu'il implique ma volonté, mais n'est pas non plus aussi pertinent qu'il en a l'air. Alors, qu'est-ce qui compte? Le présent, l'instant que je vis et construis selon mon désir et mon dessein. Laissons l'eschatologie aux théologiens et autres "burleurs".

lundi 6 décembre 2010

libre arbitre

Elisabeth de Fontenay dit, en substance, que savoir qu'un jour l'histoire serait réductible à l'histoire naturelle lui ôterait le goût de vivre. Deux objections: d'abord, si tout est déterminé, le goût de vivre l'est aussi. Ensuite, admettant même que ce goût ne le soit pas, et que je le perde, quelle liberté! Ou alors est-ce à dire que je serais déterminé à échapper au déterminisme, comme si le libre arbitre n'était depuis toujours qu'une ironie du déterminisme?