dimanche 31 juillet 2011

daltonisme

On pourrait presque dire parfois des politiquement corrects qu'ils sont d'une mauvaise foi sincère. Leur refus de toute discrimination est sincère, mais leurs arguments ne sont pas toujours de bon aloi. On se fait moraliser et chapitrer, par exemple, si on a le mauvais esprit de faire remarquer que le récent champion de France du 100 m, Christophe Lemaître, est le premier Blanc à descendre sous la barre des 10 secondes. C'est pourtant une réalité, une évidence. Mais la doxa droits-de-l'hommiste interdit qu'il soit fait allusion à la couleur de la peau d'un individu exerçant une fonction ou réalisant une oeuvre ou un exploit. Elle parle une langue de sucre, fragile, qu'il faut en permanence dorer pour affermir les messages chaptalisés qu'elle adresse à la malpensance.
Constater un simple fait, sans en tirer aucune conclusion, est répréhensible parce que potentiellement "dangereux". Et si une femme un jour courait le 100 m en moins de 10 secondes, serait-on taxé de sexisme en le constatant? Un sujet qui eût réjoui Muray.

mercredi 13 juillet 2011

Une séparation

Comment ce film de l'Iranien Asghar Farhadi a-t-il pu traverser les filets de la censure islamiste? Est-ce parce qu'il se présente comme un film psychologique, moral et social, et tient la balance entre ses acteurs et ses parties? Mais, dès les premières minutes, l'angoisse qui s'empare du spectateur à la vision accusatrice (relevée) de cette mise en scène tendue comme un fil d'acier ne laisse aucun doute: le stress des personnages est une métaphore et un symbole politiques.
L'Iran est un pays qui vit sous tension, qui contient ses propres menaces et ne peut s'épanouir en paix.
Le film n'est pas manichéen. Il fait s'affronter deux classes sociales mais la vérité n'y est jamais embrigadée par la bien-pensance ou la vertu. Les pauvres n'ont pas le monopole de l'honneur, mais les riches ne sont pas plus justifiés. Les uns et les autres doivent passer sous les fourches caudines d'une justice opaque, s'y humilier même pour être reconnus.
Les femmes ne sont pas plus fiables ni plus courageuses que les hommes, même si elles sont matériellement plus impliquées, c'est-à-dire plus profondément inscrites dans tous les plis de la vie.
Une seule catégorie de personnages semble apporter un peu d'espoir dans cette société amère et discordante: les enfants. Deux fillettes, l'une pauvre, l'autre aisée, aussi malheureuses que peuvent l'être deux enfants funambules malgré elles, dont les chemins étroits et mouvants se rencontrent, comme leurs regards, chargés à la fois d'une même vitalité, d'une même détresse et d'une même incompréhension. Mais ce regard est peut-être un signe, le signe d'une possible paix et harmonie entre les êtres futurs.
Il y a du Tchekhov dans ce jeune cinéaste. Ses personnages ne sont pas transparents, et ce ne sont pas ceux qui parlent qui disent le plus. Les plus grands ne sont pas les plus sublimes. Rien n'est clair. Rien n'est anodin. Nul n'est libre, nul n'est en prison. Mais tout est dans les coeurs et dans les têtes, toutes les consciences ont voix au chapitre de la vérité mais n'y parviennent qu'au prix d'une longue lutte conre la débâcle des mensonges qu'ils rencontrent sur le fleuve qui les emporte.

mercredi 6 juillet 2011

mots-manie(52)

Faites sauter le "c" de "scolaire", réséquez le crochet, le grappin, la menotte, le cadenas, le pendoir, la broquette, et le noir Diafoirus éclate, et Phébus apparaît, le bel astre, le jour blond...