lundi 31 octobre 2016

Faits et dits enfantins (221)

"Quel gâchis, Lucien! On voit que tu n'as pas connu la guerre!
-- Non, j'ai pas connu la guerre, mais on travaille dessus, tu sais!"  (9 ans).


Nine (6 ans et demi) : "J'aime mieux les jeunes mamans que les vieilles mémés qui puent le camembert!"

dimanche 30 octobre 2016

Faits et dits enfantins (220)

Marie au bain (5 ans) : "Quand je souffle l'eau dans le tuyau, on dirait qu'elle est élastique."

Bastien (5 ans) : Attention! Attention! La crépuscule va nous rattraper!
-- C'est quoi "la"  crépuscule?
-- C'est une craie minuscule qui nous poursuit tout le temps!"

jeudi 27 octobre 2016

Faits et dits enfantins (219)

Nine (5 ans) : "Moi, quand je serai grande, je m'amuserai, je danserai, je mangerai des bons trucs...[etc].
-- Eh Nine! la reprend Lucien (9 ans),tu devras aussi travailler, hein!"

Nine (7 ans) dit à Lucien (11 ans) : "Si tu continues à regarder ces émissions débiles, tu vas avoir les yeux en carré!" (1)
(1) De la même forme que le téléviseur?

mercredi 26 octobre 2016

Faits et dits enfantins (218)

Comme on dit je vais, ils vont, Marie (5 ans) dit je sais , ils sont (pour ils savent). Elle dit aussi  les tenticules de la pieuvre.

Bastien (5 ans) dit: "Quand les âmes vont au ciel, elles gardent leurs mains.
-- Ah bon! Pourquoi?
-- pour pouvoir toucher le père Noël."

mardi 25 octobre 2016

Faits et dits enfantins (217)

Lucien (9 ans) me dit : "C'est vrai que t'étais beau quand t'étais jeune?
-- pourquoi, Tu trouves qu'aujourd'hui je suis moche?
-- Non, mais t'es vieux...
-- Donc je suis moche.
-- Oui, mais tu n'es pas le plus moche."

Nine (7 ans) joue à la restauratrice : "Alors, vous avez les épluchures de pommes de terre de crème ou le chat poissonné de carottes..."


lundi 24 octobre 2016

Faits et dits enfantins (216)

Marie (5 ans) : "Je suis contente d'être moi".

Bastien veut participer à un concours de dessin organisé par son magazine Youpi. Il envoie un dessin à son nom : Bastien Lecomte, en indiquant son âge : 5 ans. Puis, pour avoir une deuxième chance, il triche : il envoie un second dessin au nom de Bastien Leconte, 6 ans.

dimanche 23 octobre 2016

Faits et dits enfantins (215)

Lucien (8 ans) me dit : "Il est gros ton zizi. A quoi ça sert que les hommes aient un gros zizi?"

Lucien (11 ans) dit à Nine (7 ans) : "Nine, t'es dégueulasse. Tu seras une SDF plus tard dans ton avenir."

samedi 22 octobre 2016

Faits et dits enfantins (214)

Marie (5 ans) ne dit plus "fermure éclair" mais dit "mordure" et "syndicative" ( syndicat d'initiative).

Bastien (5 ans) me dit : "Moi je connais une île où y'a pas d'eau.
-- Ah oui? Quelle île?
-- L'île de France."

vendredi 21 octobre 2016

Faits et dits enfantins (213)

Chaque matin, toujours le premier levé, Lucien (8 ans) vient me réveiller.Comme je dors nu, je sors nu de mon lit, et nu je descends l'escalier. En bas Lulu me dit : "Tu ressembles à Adam!"

Nine (7 ans) dit : "Je suis une ado, je fais des tags partout.Ya! ya! [veut dire : "Yo! yo!"]"

jeudi 20 octobre 2016

Faits et dits enfantins (212)

Marie (5 ans) : "Papa, à ton dernier, dernier anniversaire, est-ce que tu sauras souffler toutes, toutes les bougies?"

Bastien (5 ans), qui sait casser les oeufs depuis qu'il a 4 ans, me dit : " Le mercredi à la maison, quand t'es pas là, c'est moi qui fais tout!"

mercredi 19 octobre 2016

Faits et dits enfantins (211)

Lucien (8 ans) regarde la télé et, tout à coup, vient vers moi pour me demander: "C'est quoi une veuve?"

Marie : "Nine, tu veux bien me mettre un peu de confiture [sur ma crêpe], et la mettre avec amour"..
Lucien :"...et tu veux bien nous montrer ton p'tit cul!"

mardi 18 octobre 2016

Faits et dits enfantins (210)

"Toi, tu ne peux plus grandir, me dit Marie (5 ans), alors tu n'as plus d'anniversaires."

Bastien (5 ans) a la grippe. Livide et grelottant dans un fauteuil, il dit : "Moi, quand j'ai froid, je claque pas des dents, je claque des genoux!"

lundi 17 octobre 2016

Il ne dansera qu'avec elle ( De Facto)

   C'est le titre (ironique?) du dernier spectacle de Thomas Depryck (écriture),  Antoine Laubin (mise en scène) et des douze acteurs - bâtisseurs de la pièce(1). Il ne dansera qu'avec elle ou avec d'autres, parce que le sujet de l'objet n'est pas la fidélité mais l'amour. Or on sait, comme disait Machin, que l'amour est un anarchiste tchécoslovaque (enfant de Bohème, qui n'a jamais connu de loi). "Love is a lawless land".
   On peut retourner la question dans tous les sens, partir vers tous les horizons, explorer tous les temps, voire régresser jusqu'au singe, on n'aboutira à aucune conclusion qui tienne sur ses quatre pattes ou ses dix commandements. Parlez-nous plutôt des neuf  Muses.
   Alors, que nous révèle cette pièce? Si j'étais un critique pressé ou malveillant, je dirais: rien. C'est une salade russe. Ou bien: c'est un spectacle éclaté, avec feux d'artifice et pétards mouillés. Mais je ne suis qu'un spectateur privé. Et, pour moi, seul compte le plaisir. Et j'en ai eu. Pas toujours, mais souvent. Je me suis d'ailleurs demandé s'il était possible d'apporter quelque nouveauté que ce soit à ce débat - plus vieux que l'humanité - sur la nature de l'amour et du sexe. Tout ayant été dit et redit, la seule possibilité de chatouiller l'hypothalamus est le recours à la vis comica  et, surtout, au rythme. Une scène particulièrement réussie du spectacle obéit à ces deux impératifs: l'histoire du porno. Une scène qui saute et qui danse, qui ne privilégie ni le texte ni le jeu mais les combine admirablement parce qu'elle unit le signe et le sens, la chair et l'esprit; le rythme est dans le temps ce que le dessin est dans l'espace: une forme. Et tout art est dans sa forme, tout langage jaillit d'un balancement rythmé de syllabes. Une autre scène nous met en joie: celle du zoologue-anthropologue qui nous parle de nos cousins les bonobos. Nietzsche disait que les singes sont de nature trop débonnaire pour que l'on puisse descendre d'eux. c'est vrai surtout des bonobos. Nous serions plutôt des chimpanzés. Ou alors certains d'entre nous seraient chimpanzés ( patriarcaux, politiques, violents) et d'autres bonobos (matriarcaux, sociaux, pacifiques). Alors, comment s'entendre? Comment le "grand singe bipolaire" (Franz de Waal, primatologue) que nous sommes pourrait-il faire la paix avec lui-même?
   La scène la moins réussie (à mes yeux et mes oreilles) vient vers la fin de la seconde partie, quand les douze acteurs posent 3 questions à leur  voisin et y répondent. Conjectural et hasardeux, vu qu'on peut répondre n'importe quoi.
  J'aime aussi les monologues: leur sincérité ne dément pas leur art, la vie y palpite.
   Tous les rabotages de l'amour et du sexe ont été évoqués dans ce spectacle, tous les champs labourés, ensemencés, toutes les récoltes faites, et, pourtant, je reste sur ma faim et ma soif. Est-ce à dire qu'elles sont inextinguibles? Un seul point aveugle: quid de la connaissance par l'amour et de l'amour par la connaissance? Abstrait? Non: supérieurement humain. Qu'est-ce qu'un amour qui ne serait pas à la fois désir de connaissance et espoir de salut? Qu'ai-je besoin de l'autre sinon de son mystère?
  Et la mort? La mort n'est pas seulement au bout. Une vie sans caresses ni baisers est une vie criminelle. C'est la mort qui se glisse et s'installe dans toutes les failles de l'amour. Et si la mort emporte l'être qu'on aime, elle ne peut emporter la demeure de l'amour.
   Que faut-il seulement pour aimer la vie qui passe, chaque jour qui naît et qui va mourir? Des rapports nouveaux ou des chants anciens. Quand l'un et l'autre sont réunis, quand l'amour et l'intelligence vagabondent ensemble, c'est alors que nous étreint la vraie beauté.

(1)  Les 12 apôtres du spectacle: Angèle Baux, Caroline Berliner, Coraline Clément, Aurore Fattier, Denis Laujol, Yasmine Laassal, Marie Lecomte, Brice Mariaule, Jérôme Nayer, Hervé Piron, Renaud Van Camp, Pierre Verplancken.
 

Faits et dits enfantins (209)

Lucien (8 ans) : "Est-ce que vous savez ce que c'est un paysage urbain?
-- Un paysage de la ville.
-- Et un paysage rural?
-- Un paysage de la campagne.
-- C'est drôle, non? Rural ça veut dire rue..."

Nine(7 ans) : "Je vais péter un cadre!"

mardi 11 octobre 2016

Faits et dits enfantins (208)

Marie (5 ans) : "Est-ce que quand je serai grande je ressemblerai à quand j'étais petite?"

Bastien (5 ans) me dit, comme à chaque fois que nous sortons en auto le soir : "J'aime bien la nuit, on voit plein de lumières, on les voit jusqu'en Angleterre!
-- Hum! Mais sûrement pas jusqu'en Amérique.
-- Si. Moi j'ai un oeil magique qui peut voir jusqu'en Amérique!"

lundi 10 octobre 2016

Faits et dits enfantins (207)

Lucien (8 ans) me dit : "Gégé, parfois on dirait que t'es un enfant!" grande perspicacité ou petit hasard?

Nine (7 ans), à sa mère : "Moi, je veux trois enfants, comme toi. J'espère que j'aurai au moins une fille. Bon, si c'est des garçons, je les aimerai quand même..."

dimanche 9 octobre 2016

Faits et dits enfantins (206)

Marie (5 ans) : "Après avoir regardé le feu d'artifice, j'ai fermé les yeux, et alors je voyais encore le feu d'artifice qui sortait de mes yeux!"

Depuis quelques jours qu'il a vu Bugs Bunny, Bastien (5 ans) répète et remâche comme une friandise :"Quoi d'neuf, docteur?"

samedi 8 octobre 2016

Faits et dits enfantins (205)

Lucien (8 ans) me dit :"T'as pas le même zizi que papa. Au bout, le sien est recouvert (je suis circoncis)."

Marie et Hervé s'enlacent. Nine (7 ans) dit :"Vous allez faire l'amour, mais c'est pas comme ça. Vous devez vous mettre tout nus dans un lit, vous dire des choses gentilles comme mon pitou, ma crevette (1), mon amour."

(1) expressions québécoises.

vendredi 7 octobre 2016

Faits et dits enfantins (204)

Marie (5 ans) dit "caca-cola"; que, pour son anniversaire, son cousin a eu une montre à "square"; que sa bouée, qu'elle lance, est une "coupe volante". Regardant des photos avec sa mère, elle appuie du doigt où celle-ci figure et lui demande si ça fait mal!

Bastien (5 ans) dit : "Mille neuf cent quatre-vingt-onze et dix-neuf cent quatre-vingt-onze, c'est pareil, mais dix-neuf cent c'est plus vieux que mille neuf cent."

jeudi 6 octobre 2016

Chez nous (Home), de Marilynne Robinson

C'est un roman d'une sérénité douloureuse, un nocturne aux derniers accords sublimes.
Dans certaines familles naît parfois un enfant "étranger", un accident de la chaîne vivante des générations, un être hors modèle, tombé du moule, et ne portant pas visiblement l'empreinte des siens.
Sont-ils alors les siens? Il les aime, ils ne sont pas des monstres. Ils l'aiment aussi à leur manière chrétienne. Mais ce qui les lie n'est pas pour lui implicite. "Parfois on dirait que je suis dans un univers et vous dans un autre, dit Jack". (Babel, p.367)
La différence subie est ici comme une tache de vin ou un incendie qui couve longtemps avant de ravager la conscience entière. Reste, à la fin, "une résignation totale, comme si la vieille incandescence l'avait brûlé juste avant de s'éteindre. (p.386)
Bien qu'il revienne au foyer après 20 ans pour y retrouver son vieux père et sa plus jeune soeur - elle-même meurtrie sentimentalement - Jack n'est pas un enfant prodigue, car il ne peut s'empêcher de repartir, pour toujours. Mais est-il pour autant un mouton noir, ce mal actif qu'on reproche aux enfants du diable? Jack est la première victime de son étrangeté. Il avance sans progresser, prisonnier d'une forêt si obscure qu'elle le paralyse. Certes il n'est pas aliéné aux bonnes manières et au sens commun, mais quelles souffrances dans la dépossession de soi-même!
Va-t-il finalement se perdre ou se trouver? Se trouver dans la rencontre d'un amour à son image, d'un amour d'une chaleur et d'une couleur différentes, d'un amour capable de le contenir, puisqu'il contient toutes les douleurs du monde...

Horizons (32)

 Heureux, cent fois heureux [...] Monsieur Baliveau (1), capitoul de Toulouse! C'est Monsieur Baliveau qui boit bien, qui mange bien, qui digère bien, qui dort bien. C'est lui qui prend son café le matin; qui fait la police au marché, qui pérore dans sa petite famille, qui arrondit sa fortune, qui prêche à ses enfants la fortune, qui vend à temps son avoine et son blé, qui garde dans son cellier ses vins, jusqu'à ce que la gelée des vignes en ait amené la cherté, qui sait placer sûrement ses fonds, qui se vante de n'avoir jamais été enveloppé dans aucune faillite, qui vit ignoré et pour qui le bonheur inutilement envié d'Horace, le bonheur de mourir ignoré fut fait. Monsieur Baliveau est un homme fait pour son bonheur et pour le malheur des autres, son neveu, Monsieur de l'Empyrée, tout au contraire. On veut être Monsieur de l'Empyrée à 20 ans et Monsieur Baliveau à 50.
 Diderot, Promenades Vernet.
(1) Note de P. Chartier, page 59 (éd. Garnier) : "Par opposition aux divers "fous" qui hantent la société, Monsieur Baliveau représente une sagesse étroite, terre à terre, "réaliste" mais souvent ridicule. Personnage de la Métromanie d'Alexis Piron (1738), Monsieur Baliveau ( dont le nom signifie "perche de bois") est capitoul (conseiller municipal) de Toulouse, intermédiaire entre les figures de Chrysale, "bon bourgeois" de Molière, et de Monsieur Prudhomme au siècle suivant : un père de famille honnête mais borné, pusillanime, incapable du moindre sublime."

Faits et dits enfantins (203)

Lucien (8 ans) me tanne depuis longtemps pour qu'on lui monte une tente dans le jardin, sous laquelle, prétend-il, il dormira. Comme nous n'avons pas de petite tente, c'est la grande tente de Bastien, son oncle, avec pièce commune, auvent, deux chambres, qui est laborieusement dressée. Le soir venu, Lucien s'y couche et s'y endort assez vite. Françoise, très inquiète, veut que je le réveille pour le ramener dans sa chambre. Mais il a le sommeil profond. A minuit heureusement, il surgit, au seuil de notre chambre, le doudou à la main, et regagne sans un mot son lit douillet.

Nine (7 ans) à sa mère : "Bien joué, meuf!"

mercredi 5 octobre 2016

Faits et dits enfantins (202)

Marie (5 ans) : "Moi, je suis amoureuse de la musique!"

Bastien (5 ans) s'éveille ce matin en disant : "J'ai pas fermé l'oeil de la nuit!"

mardi 4 octobre 2016

Faits et dits enfantins (201)

Lucien (8 ans) m'accompagne au supermarché à condition que je lui achète un livre. On cherche, on s'impatiente. Tout à coup, il décide qu'il va lire un Harry Potter et les reliques de la mort : 880 pages! "Et 31 lignes par page", ajoute Lucien. Il commence sa lecture dans l'auto.

Nine (7 ans): "T'es un pédé, Lucien!
-- Nine, c'est une insulte.
-- Ah bon!
-- Oui. "T'es un pédé" ça veut dire "t'aimes les garçons", et c'est pas bien.
-- ben, moi j'aime les garçons! Bon, alors je dirai : "bébé".