mercredi 31 octobre 2018

langue française (44)

Le français a suivi, dans les siècles, une ligne linguistique continue, nettement tracée : sans Racine, pas de Valéry. Il oblige à une précision chronométrique. On écrit français ou petit-nègre, il n'y a pas d'autre alternative. La langue anglaise, c'est un accordéon : ce qui n'était hier que des erreurs d'orthographe de Conrad est devenu modèle de style, en attendant le prochain changement à vue. La langue anglaise est plutôt faite pour l'humour, et la vôtre pour l'esprit...
Lawrence Durrel, in Les écrivains sur la sellette, de Jean-Louis Ezine.

Estacadres (472)

L'amour n'est pas un sentiment! l'amour c'est une femme.

Figures médiatiques (321)

Chesnais, grand échalas à la diction un peu floue dont le visage chiffonné rappelle celui de Dingo, l'acolyte de Mickey...
Jacques Nerson, L'Obs 2811, du 20/09/18.

mardi 30 octobre 2018

Langue française (43)

Réponse à l'article du 29/10/2018 ["langue française" (42)] :
Mais une telle dichotomie ne relève - t - elle pas d'un rangement systématique et aléatoire? On pourrait dire, à l'inverse, que les Allemands sont moins morbides que les Français, puisqu'ils nomment Stilleben (vie tranquille, immobile) ce que nous appelons nature morte, et qu'on lit, sur les panneaux triangulaires d'alerte, danger de mort en français et Lebensgefahr (danger pour la vie) en allemand. Et que dire du mot tiroir qui, outre-Rhin, se dit poussoir (Schublade)? Expliquerait-il les invasions?

Estacadres (471)

[L'amour des femmes est] le timide reflet d'un inépuisable génie qu'il faut bien nommer charité et dont on ne découvre la surabondance divine qu'à la condition de tomber au-dessous de l'humain.*
Joë Bousquet.
*La colonne vertébrale brisée par une balle à Verdun, le poète finit sa vie sur un lit, entouré d'amis et de femmes ...

Figures médiatiques (320)

Piquante comme son prénom, et trouble comme son nom, Ludivine Sagnier semble assignée aux rôles de gourdasse un peu sexy.

lundi 29 octobre 2018

Langue française (42)

Dès leur plus jeune âge les Allemands apprennent la vertu et les Français le vice. Comment dit-on, par exemple, en allemand, "j'ai envie de faire pipi"? Ich muss pipi machen : "je dois faire pipi". La tentation contre l'injonction, le subjectif contre l'objectif, le corps comme prolongement de l'âme contre le corps comme machine fonctionnelle. La perspective française est le plaisir promis par le besoin à satisfaire, l'horizon allemand est la nécessité catégorique d'un devoir à accomplir. La flatterie catholico-romaine du moi insiste sur le soulagement, quand la maîtrise luthéro-matérialiste de soi ne signale que le règlement d'une tâche.
[cf le prochain article :"langue française" (43)]

Estacadres (470)

"Aucun amour au monde ne peut tenir lieu de l'amour." (Marguerite Duras). Voilà un cri d'adolescente. L'amour est fait de toutes les amours, lui répondrait Casanova (ou Kundera) qui porte en lui des appétits d'enfant et des attentions d'homme. L'absolu, c'est don Juan, c'est le mépris, le narcissisme et le meurtre. L'Ubris, l'autophagie. La passion mystique, la quête de la rose céleste, c'est la rose terrestre piétinée et la violette jetée au buisson ardent (voir Clément Rosset et sa définition anti-platonicienne de l'idiotie. Le réel est sans miroir; ce qui n'exclue pas les fantasmes mais les contient dans l'ordre - ou le désordre - du relatif). Toute passion est mortifère.

Figures médiatiques (319)

Ava Gardner : une fille de jardinier qui buvait de l'alcool de noix de coco poivré.

dimanche 28 octobre 2018

Langue française (41)

Le français était une langue colorée par le soleil couchant, c'était une langue d'ouest, curieusement maritime alors qu'elle est surtout la langue d'un pays de terre, peu ouvert sur l'imagination marine.
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 59.

Estacadres (469)

Le vert, en Chine, est la couleur de l'amour.

Figures médiatiques (318)

Yann Moix a des goûts parfois médiocres, mais il parle admirablement des œuvres.

Biggles

Dans les années cinquante, nous habitions à une demi-rue du garage Thum*. M. Thum était  suisse, sa femme (petite, boulotte, volubile) était belge (je crois). Elle lisait beaucoup de romans d'aventures pour la jeunesse, et m'en prêtait. C'est elle qui m'a fait découvrir Biggles, le héros du Captain Johns.
Entre dix et douze ans, j'ai lu en livres (et non en illustrés) les passionnantes histoires de ce pilote de guerre (RAF) et "détective de l'air". J'acquis tout ce que Mme Thum ne m'avait pas fait lire, et j'eus la fierté de lui prêter des livres à mon tour. Je me rappelle avoir eu une telle dévotion pour ces romans que j'achetai des des couvertures uniformes à l'aspect de reliures, pour recouvrir tous les ouvrages du Captain Johns et en remplir les rayons de ma petite bibliothèque : si à Biggles rien n'était impossible, pour Biggles rien n'était trop beau! Sa philosophie m'avait frappé : fataliste mais optimiste. Je l'ai adoptée, tant sa logique m'a paru patente. La voici (telle que je l'ai retrouvée) : "... Lorsque vous volez, ou tout va bien, ou tout ne va pas bien. Si tout va bien, inutile de vous inquiéter.
Si tout ne va pas bien, deux cas sont possibles : ou vous bûcherez** [sic] ou vous ne bûcherez pas. Si vous bûchez, il n'y a que deux solutions : ou vous serez blessé ou vous ne le serez pas. Si vous n'êtes pas blessé, inutile de vous inquiéter. Si vous êtes blessé, deux cas encore : ou vous en réchapperez, ou vous n'en réchapperez pas. Si vous en réchappez, inutile de vous inquiéter. Si vous n'en réchappez pas, vous ne pourrez plus vous inquiéter ..."
*Se prononce "Toum".
**To buck = tomber?

samedi 27 octobre 2018

Horizons (43)

Cependant que nous nous élevons, nous nous rapprochons du mystère que la poussière nous dérobe. Ainsi se résorbe, à chaque pas que nous faisons sur la montagne, le dessin confus des horizons, et lorsque nous sommes parvenus assez haut, nous ne sommes plus environnés, en quelque lieu que nous soyons, que par un pur anneau qui nous fiance à l'éternité.
Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre.

Langue française (40)

Le français était une langue aérée, une langue de grand large qu'on pouvait emporter loin, une langue d'ouverture où il y avait de la place et Flaubert m'en semblait l'exemple même. Cela s'adressait à tous les sens et de plus chaque phrase recelait sa propre mémoire et rendait plus riche celle du lecteur.
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 59.

Estacadres (468)

Même symbolique pour l'arbre et pour l'amour, selon Valéry, qui poussent, en qui les porte, toujours plus loin leurs racines, et hors leurs branches au plus haut vers le ciel.

Figures médiatiques (317)

Johnny et Jean d'O viennent de mourir. Chagrin et choux gras des médias, qui ne parlent plus que de ça. Bientôt peut-être des funérailles nationales, pour ces grands hommes de notre petite France. En clin deuil, les prostituées vont se mettre des fleurs dans le fourreau (comme à l'enterrement de Victor Hugo). Manque plus que Tapie pour achever la trinité.

vendredi 26 octobre 2018

Langue française (39)

Ces mots allemands, lorsqu'on en faisait des mots composés étaient sans surprise, ils jouaient cartes sur table et donnaient leur sens à pleines mains, là où les mots français le réservaient et permettaient à chacun d'en varier à sa guise les sous-entendus (mot qui n'existe pas en allemand) ou les acceptions.
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 39.

Estacadres (467)

Un homme ne choisit pas d'épouser une femme intelligente par admiration désintéressée de cette intelligence, mais plutôt par une curiosité inquiète de lui-même. Il ne lui suffit pas d'être aimé, il le lui faut être "en connaissance de cause". Il veut être compris et admis dans sa complexion et sa complexité. Il veut que l'amour qu'on lui porte soit subtil, éclairé.
Aimé par le cœur et par l'esprit, aimé par l'âme et le corps, aimé par la raison et la folie, aimé par le destin, il se croit aimé d'un amour qui reposerait sur les sept piliers, d'un amour délicieusement subjectif qui serait aussi l'amour le plus sûr, le plus fondé, le plus objectif. C'est une illusion solide et peu avouée.

Figures médiatiques (316)

La carte de journaliste ne peut être délivrée aux anciens collabos.* C'est pourquoi Courtine, sous le nom de La Reynière, se consacrera "à l'une des deux activités journalistiques qui ne nécessitent pas cette carte : la gastronomie (l'autre étant la rubrique des mots croisés :  Max Favalelli, ex de Je suis partout, choisira cette voie)."
 François Forestier, L'Obs 2762 du 12/10/17.
* C'est aussi pourquoi ce Chinois de paravent de Michel Audiard ne l'avait pas non plus.

jeudi 25 octobre 2018

Langue française (38)

[Les mots français] ressemblaient à de vieilles personnes pleines d'expérience, "langueur", "promptitude", "orgueil" on les imaginait en habits de cour; "complaisance" ou "jalousie", "éclat" ou "opportunité" avaient chacun leur physionomie, leur allure et surtout on ne savait pas de quoi ils étaient faits, contrairement aux mots allemands dont tous les éléments étaient toujours reconnaissables, orgueil par exemple devenait Hochmut : esprit haut.
Georges-Arthur Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 39.

Estacadres (466)

L'amour, c'est une occupation de l'espace.
Henri Michaux.

Figures médiatiques (315)

Variantes : *Bernard Menez ne l'a pas menu (le nez).
                  *Bernard Menez, qui doit le début de sa carrière à la fin de son nom ...
                  *Bernard Menez, affligé, comme la fin de son nom l'indique.

mercredi 24 octobre 2018

Langue française (37)

Les mots français étaient tous "chargés d'histoire", rien qu'à les entendre on les devinait de très ancien usage, longuement mis au point.
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 39.

Estacadres (465)

Amour n'est rien qui ne croisse à l'extrême.
Paul Valéry.

Figures médiatiques (314)

Chacun suit son nez, certains le chaperonnent, comme Bernard Menez, qui dit être obsédé par son excentricité : "Je suis devenu acteur pour l'accompagner."

mardi 23 octobre 2018

Langue française (36)

C'était le champ des mots, leur étendue qui me fascinaient, ces sauts de sens, ces jonctions. Qu'était-ce donc comprendre avec si peu d'indications?
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 39.

Estacadres (464)

L'expérience amoureuse, si risquée qu'elle puisse être par ses aspects d'hypnose et d'inféodation à un autre aimé et idéalisé, est notre seul pari face à la mort. C'est parce qu'il y a de l'autre - qui me met en crise - que je vis autrement que si j'étais un calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur ...
Julia Kristeva, in L'infini n° 5 (Hiver 84), Les looks sont entrés dans Paris, p. 18.

Figures médiatiques (313)

J'appelle sensibilité vulvaire cette disposition au frémissement permanent qui laisse supposer que le moindre événement, le moindre souffle puisse faire frissonner le cœur et les muqueuses, comme une froufroute. Cette sensibilité épithéliale qui caractérise certains acteurs et surtout certaines actrices, par exemple. Je pense à Juliette Binoche, à Anouk Grinberg ...

dimanche 21 octobre 2018

Langue française (35)

Le français. "J'en découvris les raccourcis, les économies de mots et les densités brèves à travers La Rochefoucauld, Retz ou La Fontaine mais aussi les solennelles splendeurs de Bossuet."
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 39.

Estacadres (463)

Amour du prochain, amour du lointain, que l'un soit l'autre, sans altruisme.

Figures médiatiques (312)

La critique péripathétique à la François Busnel.

samedi 20 octobre 2018

Langue française (34)

J'étais tombé dans le français que je ne me souviens pas d'avoir un jour appris. Je me rappelle simplement l'effet que me firent certaines sonorités toujours à mi-chemin, à mi-ton de celles de l'allemand ou de l'italien, toutes deux inversement sonores, l'allemand par grands éclats, l'italien par chants successifs qu'on pouvait moduler à sa guise. Je me souviens simplement d'avoir su le français, d'emblée, fin 39, mais c'est par le XVIIe siècle que j'en acquis un peu le sens puisque lui seul et quelques auteurs du XVIIIe étaient autorisés dans cet étrange internat.*
Georges-Arthur Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 39.
* En Haute-Savoie (l'auteur ayant fui l'Allemagne nazie).

Estacadres (462)

Que le mot amour soit masculin au singulier et féminin au pluriel m'a toujours paru plus philosophique que grammatical.
Jean Amadou.

Figures médiatiques (311)

Ce que je trouve intéressant chez Fillon, c'est son château. Un candidat au suffrage universel qui a un château. L'affront de 1789 est lavé. Il est catholique. Il a cinq enfants. C'est la contre-révolution ultime. Quand on revoit aujourd'hui cette photo du château, parue dans Paris Match, il est évident qu'on a été naïfs, d'un simple point de vue immobilier. Un traitement de député ne peut pas permettre d'avoir ça. D'ailleurs, depuis l'affaire, le château est devenu un "manoir".
Aurélien Bellanger, L'Obs 2737 p. 86-87.

vendredi 19 octobre 2018

Langue française (33)

Confusément, je le sentais, seul le français [...] me permettrait quelque jour de me rendre, sauvée, ma langue maternelle pourtant à jamais dégradée, déformée, meurtrie par le nazisme né en son sein, et de pointer par ailleurs de plus en plus finement, de plus en plus près, ce qui toujours échappe, comme si le français était la langue qui s'en approchait le plus.
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 38-39.

Estacadres (461)

... l'amour, cette Italie.
B. Poirot-Delpech, Le Monde du 03/02/1984.

Figures médiatiques (310)

Angela Merkel, avec sa mine chiffonnée de première de la classe tirée trop tôt du lit après une nuit de révisions ...
Patrick Besson, Au Point, p. 683.

mercredi 17 octobre 2018

Langue française (32)

Le français, c'était un drap de velours bleu sombre brodé de fils d'or qu'on jetait sur ce qu'on ne voulait pas voir, là où l'allemand n'hésite jamais à montrer le pire.
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 38.

Estacadres (460)

L'amour a moins à voir avec les sens qu'avec la connaissance : il est une quête ou un approfondissement de soi-même.

Figures médiatiques (309)

"Ce long corps qui ressemblait à une question bien posée", c'est, selon Patrick Besson ( Au Point, p.610) celui de Carla Bruni.

dimanche 14 octobre 2018

Langue française (31)

... le français m'offrait sa subtile aménité pour y situer le tracé familier, il m'offrait cette manière de réconcilier les choses en les fondant dans ce glissement des mots les uns vers les autres dans une même tonalité qui parvenait à dissimuler les horreurs les plus effroyables sous la splendeur du verbe.
G.-A. Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 38.

Estacadres (459)

La pudeur elle-même a pour fonction principale, dans la vie amoureuse, de susciter le désir de voir, dont l'importance instinctive est essentielle.
J.-G. Lemaire, article "AMOUR" (PSYCHOLOGIE) de l'Encyclopaedia Universalis.

Figures médiatiques (308)

Née le 30 août 1932 à Longwy, Geneviève Mulmann fut d'abord inscrite à l'école hôtelière avant d'être élue, dans les années 50, miss Elégance et d'épouser Louis Poirot, dit de Fontenay. Prendre un nom de pomme de terre quand on s'appelle Poirot, quel sens aigu de la soupe.
Patrick Besson, Au Point, p. 621.

dimanche 7 octobre 2018

Langue française (30)

... le français était aussi une langue majestueuse et intime à la fois, la langue de l'entente et de l'entendement ...
Georges-Arthur Goldschmidt, Le poing dans la bouche, p. 38.

Estacadres (458)

L'amour réciproque est un leurre; celui qui aime le plus est un fleuve (ou un filet d'eau), l'autre est un barrage ou un puits aveugle. Et l'amour coule toujours dans le même sens, des parents vers les enfants, pour la petite éternité humaine.

Figures médiatiques (307)

Ségolène Royal, "une main de verre dans un gant de soi-même."
Patrick Besson, Au Point, p. 468.

samedi 6 octobre 2018

Langue française (29)

Le français avait quelque chose de mondain, de meublé, une langue pour tapisseries, médaillons et bergères. C'était une langue qui filait en bouche, qu'on pouvait prendre au coin des lèvres et qui passait toute seule. Elle n'avait pas les rondeurs ni les soulèvements de l'allemand ni ses douceurs ni ses duretés. L'allemand, ma langue maternelle, me prenait le corps autrement que le français, lequel était au-dessus, calé sur l'assise de l'allemand que, par honte de mes origines, je croyais pouvoir oublier.
G.-A.Goldschmidt, Le poing dans la bouche. 

Estacadres (457)

Ce qu'il y a de plus vrai en ce monde : l'amour, la religion et l'art. Le premier, à travers toutes les dissimulations et toutes les mascarades, voit jusqu'au noyau l'individu souffrant et compatit avec lui et le dernier, en tant qu'amour pratique, console la douleur en parlant d'un autre ordre du monde et en apprenant à mépriser celui-ci. Ce sont les trois puissances illogiques qui se reconnaissent comme telles.
Nietzsche, Le livre du philosophe, III, aphorisme 177.

Figures médiatiques (306)

Patrick Besson, parlant de Carla Bruni : "Elle a cette figure parfaite de renard épilé, avec des épaules superbes de nageuse biélorusse."

vendredi 5 octobre 2018

Langue française (28)

L'allemand a été fixé religieusement alors que le français l'a été politiquement. C'est une différence irréductible. C'est pour ça que l'on n'y trouve ni le mot laïcité, ni le mot citoyen, qu'on traduit par "Stantsbürger", c'est-à-dire le bourgeois de l'Etat. C'est terrible."
G.-A. Goldschmidt, in Quinz. litt. 871 du16/02/04.

Estacadres (456)

Nuit d'amour qui semblait fuir entre deux dimanches,
Tel un grand oiseau noir dont les ailes sont blanches.
Paul-Jean Toulet, Contrerimes.

Figures médiatiques (305)

Jean d'Ormesson, "neurasthénique honteux". (Patrick Besson)

jeudi 4 octobre 2018

Langue française (27)

Le grand problème allemand, c'est l'inattention au style, Nietzsche et Heine mis à part, qui sont les grands génies de la langue allemande.
[ ...]
Ainsi la langue française a été façonnée à Versailles, par quelques personnes, alors qu'en Allemagne c'est Luther qui a façonné la langue, en fabriquant le vocabulaire religieux, qui l'a fixée. Ainsi de cet exemple que j'adore donner : depuis Luther, le désespoir se dit "le comble du doute", en allemand, avouez que ce n'est pas mal en matière de propagande religieuse.

Estacadres (454)

Il n'y a pas de véritable amour sans fraternité. Ni de véritable fraternité sans amour.

Figures médiatiques (303)

On applaudit les "chansons" de Philippe Katerine comme on fait mine de s'extasier devant les gribouillis d'un petit enfant.

mercredi 3 octobre 2018

Langue française (26)

... Le français possède l'expression du trouble. La princesse de Clèves, par exemple : rien n'est dit, mais c'est l'un des textes les plus érotiques qui soient. Le côté réaliste de l'allemand empêche la distance nécessaire. L'allemand n'a pas de littérature érotique. Il n'y a qu'une littérature pornographique. L'allemand décrit le réel au point de prendre sa description pour le réel, ce qui peut devenir terrifiant. Il existe d'ailleurs une thèse fameuse de Leibniz, Pensées sans préjugé pour l'amélioration de la langue allemande, écrite en allemand, curieusement, pour dire que l'allemand est une langue admirable pour les charpentiers, les tailleurs de pierre, mais qu'elle est inapte à exprimer le politique. C'est une langue inscrite dans le matériau, ce qui peut d'ailleurs être très beau, et permet de tout dire. Je donne l'exemple du mot cadenas, qui se dit "une serrure qu'on accroche devant". Tout est comme ça.
G.-A. Goldschmidt, Quinz. litt. 871 du 16/02/04

Estacadres (453)

C'est peut-être ça, l'amour : un visage autour de soi qui se multiplie, alors qu'on est seul!
Georges Schéhadé, La soirée des proverbes.

Figures médiatiques (302)

... M. Balladur, de sa voix pleine de théières et de pinces à sucre ...

mardi 2 octobre 2018

Langue française (25)

   Question de Bertrand Leclair à Georges-Arthur Goldschmidt in Quinz. litt. 871  du 16/02/04, à propos de son livre Le poing dans la bouche :
   Vous insistez sur le fait que l'allemand serait beaucoup plus proche de la matière, du réel, que le français, dont vous dites par contre qu'il est une langue érotique. Pourquoi?                                                                           

Estacadres (452)

... dans l'expérience amoureuse, le moi est à son zénith : je suis aimé, j'aime, donc je suis tout; je n'aime pas, je ne suis pas aimé, donc je ne suis rien.
Julia Kristeva, Le Nouvel Obs. 987 du 07/10/83.

Figures médiatiques (301)

Et ce pauvre Lagerfeld corseté comme un homard et qu'il faut désincarcérer tous les soirs.
A. Schifres, Sympa.