dimanche 19 mai 2019

Estacadres (631)

Personne avant Richard Wagner n'avait vu que le chromatisme et l'emploi harmonique qui en est fait chez lui sont l'incarnation sonore, si l'on peut dire, du désir (d'aucuns diront qu'avant lui on préférait réaliser son désir plutôt que de "le mettre" en musique. Mais ceux-là ne connaissent pas les Noces de Figaro ni Cosi fan tutte). Non pas une peinture du désir, non pas une représentation, comme on le disait en Italie deux siècles auparavant, mais une matérialisation. La musique devient le désir, Isolde chante son désir, son chant est sa chair.
Jacques Drillon, Le théâtre du désir, in N.Obs. 952 du 04/02/83.

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