Marie (5 ans et demi) reçoit toute tentative d'apprentissage de notre part comme une agression intime, une atteinte à son intégrité. Dès qu'on veut lui enseigner une lettre, un chiffre, une note, un trait, elle fond en larmes. Si elle ne pleure pas, elle ferme les yeux, se bouche les oreilles ou se sauve en courant, car il semble bien que ce soit de son salut qu'il s'agisse!!?
Bastien (5 ans et demi) dit : "Je voudrais que personne devienne vieux; sauf Sadam Hussein et Hitler."
dimanche 8 janvier 2017
samedi 7 janvier 2017
Faits et dits enfantins (283)
Marie (5 ans et demi) a fait à sa poupée un "carnet de vie" où elle note "tout ce qu'elle fait dans sa vie, les maladies et tout, quand on dessine, quand on s'habille, quand on va à l'école, et même quand on fait rien."
" Bastien, cesse de t'éplucher les pieds. T'es pas un légume!?
— Si, ch'suis un légume. Et à cause du bain, j'dois faire encore plus d'épluchage!" (5 ans et demi).
" Bastien, cesse de t'éplucher les pieds. T'es pas un légume!?
— Si, ch'suis un légume. Et à cause du bain, j'dois faire encore plus d'épluchage!" (5 ans et demi).
jeudi 5 janvier 2017
Faits et dits enfantins (282)
Dans le dernier dessin de Marie (5 ans et demi), une petite fille "avec un arc-en-ciel entre les jambes." "S'il est petit, c'est parce qu'on le voit au loin."
Bastien (5 ans et demi), reniflé par sa mère qui lui dit : "Tu sens la vanille", répond : "Et Marie, elle sent le chocolat?"
Bastien (5 ans et demi), reniflé par sa mère qui lui dit : "Tu sens la vanille", répond : "Et Marie, elle sent le chocolat?"
mercredi 4 janvier 2017
Une semaine et un jour (Asaph Polonsky)
"...Et pour leurs coups d'essai, veulent des coups de maître..."
Rarement premier film eut cette densité et cette originalité. Que la critique parle d'humour, soit, mais voir dans ce film une "comédie burlesque " (Jérémie Couston dans Télérama) ou La Chambre du fils, le chef-d'oeuvre de Moretti, "avec l'humour des frères Cohen "(Nicolas Schaller, dans L'Obs) témoigne d'une paresse du regard ou de l'analyse: un jeu de gifles ne suffit pas à rendre un film burlesque. Et on ne trouve aucune trace de parodie satirique chez Polonsky mais une poésie chargée d'une émotion au grain pur.
C'est une oeuvre drôle, mais d'une pudeur poignante. Elle est d'un équilibre miraculeux (1), à la bascule du désespoir et de l'espoir absurde. Du désespoir de la perte et de l'espoir répété de la joie sourde et irrépressible d'être vivant. Non pas "l'espoir liquide éjaculé par les imbéciles "(Bernanos), mais l'espoir douloureux qui survit au désespoir. Un espoir sans illusions, qui sourd de l'être en dépit de lui-même et garde son cœur au chaud malgré les glaces qui transissent son esprit.
Ce film exceptionnel a la tristesse et la joie que contient l'humanité et qui la contiennent et la prolongent. Car qu'est-ce que l'humanité, disait Goethe, sinon le jeu, c'est-à-dire la plus sérieuse des actions, celle qui met "en jeu" le regard: sur soi, sur l'autre; sur soi comme un autre et sur l'autre comme soi. Jouer, c'est être au monde. Le deuil sépare, le jeu répare.
Le jeu n'est pas une distraction mais une sagesse. Il n'exclut pas le désespoir, il l'enfouit un peu. Le joueur sait qu'il n'y a pas d'au-delà, qu'aucune instance divine ne viendra jamais paisiblement fermer les yeux de l'humanité, qu'aucune transcendance ne rendra nécessaire l'existence même de l'univers, mais...
Nous sommes ici, aussi incongru cela soit-il. Mais que peut faire le rat pris au piège? Manger le fromage...Jouir une dernière fois. Et si le monde a malgré tout quelque épaisseur, qui l'a créee sinon l'homo ludens? Pour garder intact son chagrin. Pas de consolation.
Pas de componction non plus. le deuil n'est pas un péché. Nul n'est contraint de rabattre sa coiffe ou de se soumettre aux larmes du bord de fosse: la mère veut garder les béquilles de ses habitudes, le père jette les siennes, mais tous les deux ont cet air de vulnérabilité bizarre qui les irréalise: ils ne sont plus exactement dans le monde des vivants. La mort de leur enfant les a éblouis et dénudés - comme des fils.
"Un regard lumineux et vivant sur une histoire triste, " dit le réalisateur. Qui ajoute que "les comédiens n'ont pas essayé d'être drôles, ils ont juste fait en sorte d'être sincères et de rendre la vérité du moment présent."
(1) Tout concourt à la réussite du film: le discours (ou plutôt l'absence de discours), des acteurs impeccablement dirigés, le montage, les plans séquences millimétrés, la bande-son de la rockeuse Tama Aphek, etc.
P.-S. Les films que je suis prêt à voir deux fois de suite se comptent sur les doigts d'une demi-main.
Rarement premier film eut cette densité et cette originalité. Que la critique parle d'humour, soit, mais voir dans ce film une "comédie burlesque " (Jérémie Couston dans Télérama) ou La Chambre du fils, le chef-d'oeuvre de Moretti, "avec l'humour des frères Cohen "(Nicolas Schaller, dans L'Obs) témoigne d'une paresse du regard ou de l'analyse: un jeu de gifles ne suffit pas à rendre un film burlesque. Et on ne trouve aucune trace de parodie satirique chez Polonsky mais une poésie chargée d'une émotion au grain pur.
C'est une oeuvre drôle, mais d'une pudeur poignante. Elle est d'un équilibre miraculeux (1), à la bascule du désespoir et de l'espoir absurde. Du désespoir de la perte et de l'espoir répété de la joie sourde et irrépressible d'être vivant. Non pas "l'espoir liquide éjaculé par les imbéciles "(Bernanos), mais l'espoir douloureux qui survit au désespoir. Un espoir sans illusions, qui sourd de l'être en dépit de lui-même et garde son cœur au chaud malgré les glaces qui transissent son esprit.
Ce film exceptionnel a la tristesse et la joie que contient l'humanité et qui la contiennent et la prolongent. Car qu'est-ce que l'humanité, disait Goethe, sinon le jeu, c'est-à-dire la plus sérieuse des actions, celle qui met "en jeu" le regard: sur soi, sur l'autre; sur soi comme un autre et sur l'autre comme soi. Jouer, c'est être au monde. Le deuil sépare, le jeu répare.
Le jeu n'est pas une distraction mais une sagesse. Il n'exclut pas le désespoir, il l'enfouit un peu. Le joueur sait qu'il n'y a pas d'au-delà, qu'aucune instance divine ne viendra jamais paisiblement fermer les yeux de l'humanité, qu'aucune transcendance ne rendra nécessaire l'existence même de l'univers, mais...
Nous sommes ici, aussi incongru cela soit-il. Mais que peut faire le rat pris au piège? Manger le fromage...Jouir une dernière fois. Et si le monde a malgré tout quelque épaisseur, qui l'a créee sinon l'homo ludens? Pour garder intact son chagrin. Pas de consolation.
Pas de componction non plus. le deuil n'est pas un péché. Nul n'est contraint de rabattre sa coiffe ou de se soumettre aux larmes du bord de fosse: la mère veut garder les béquilles de ses habitudes, le père jette les siennes, mais tous les deux ont cet air de vulnérabilité bizarre qui les irréalise: ils ne sont plus exactement dans le monde des vivants. La mort de leur enfant les a éblouis et dénudés - comme des fils.
"Un regard lumineux et vivant sur une histoire triste, " dit le réalisateur. Qui ajoute que "les comédiens n'ont pas essayé d'être drôles, ils ont juste fait en sorte d'être sincères et de rendre la vérité du moment présent."
(1) Tout concourt à la réussite du film: le discours (ou plutôt l'absence de discours), des acteurs impeccablement dirigés, le montage, les plans séquences millimétrés, la bande-son de la rockeuse Tama Aphek, etc.
P.-S. Les films que je suis prêt à voir deux fois de suite se comptent sur les doigts d'une demi-main.
Faits et dits enfantins (281)
Marie ( cinq ans et demi) : "C'est le Bon Dieu qui a fait la Terre.
— Et qui a fait le Bon Dieu?
— Personne. C'est la Nature. Et le Bon Dieu a fait le premier homme. C'était un singe. Oui mais, petit à petit, il s'est transformé en homme."
Bastien ( 5 ans et demi) joue avec deux "biomanes"(ou "biomen"), un jaune et un rouge. Le jaune est son préféré (à cause de la couleur) mais il est cassé, alors Bastien décide que le jaune " se transforme en rouge".
Ainsi il peut jouer avec le rouge, qui n'est qu'un jaune caché.
— Et qui a fait le Bon Dieu?
— Personne. C'est la Nature. Et le Bon Dieu a fait le premier homme. C'était un singe. Oui mais, petit à petit, il s'est transformé en homme."
Bastien ( 5 ans et demi) joue avec deux "biomanes"(ou "biomen"), un jaune et un rouge. Le jaune est son préféré (à cause de la couleur) mais il est cassé, alors Bastien décide que le jaune " se transforme en rouge".
Ainsi il peut jouer avec le rouge, qui n'est qu'un jaune caché.
mardi 3 janvier 2017
Faits et dits enfantins (280)
Aujourd'hui Marie (5 ans et demi) m'a fait une "farce". Elle a mis une punaise (1) dans mon verre...
(1) Pas l'insecte, le clou.
Bastien (5 ans et demi) sait tirer à l'arc, sait tirer des traits à la règle, sait ouvrir seul les deux vantaux du grand portail (c'est un alexandrin!).
(1) Pas l'insecte, le clou.
Bastien (5 ans et demi) sait tirer à l'arc, sait tirer des traits à la règle, sait ouvrir seul les deux vantaux du grand portail (c'est un alexandrin!).
dimanche 1 janvier 2017
Faits et dits enfantins (279)
Marie (5 ans et demi) dessine une "fée-princesse" qui lance des pièces d'or à ses gardes. " Elle est riche, dit-elle, elle a de la valeur".
C'est le soir. Nous sommes en voiture. Bastien (5 ans et demi) dit : "Quand je touche mon nez ou mes oreilles, y'a des croix jaunes qui me sortent des yeux et qui vont se cogner sur la vitre à gauche."
C'est le soir. Nous sommes en voiture. Bastien (5 ans et demi) dit : "Quand je touche mon nez ou mes oreilles, y'a des croix jaunes qui me sortent des yeux et qui vont se cogner sur la vitre à gauche."
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