vendredi 19 mars 2010

Atmosphère

Il y a la droite en général et la droite en ses particuliers. La droite a ses raisons... Sans doute. Mais quand j'entends s'adresser "aux Français" des gonzes comme le faux-cul Besson, le ratapoil Lefebvre, le chafouin Bertrand, l'escobar Hortefeux, sans parler du vitulin (Sarkozy, dont les fausses franchises font une insincérité vraie) , j'ai l'impression que mon univers se rétrécit et que se raréfie l'oxygène dans l'air que je respire. Alors j'éteins le poste et j'ouvre la fenêtre...

The Ghost Writer

Pour se faire une idée de ce qu'est un film de cinéma et non pas un téléfilm sur grand écran, il faut aller voir la dernière réalisation de Polanski. Dans un film de cinéma digne de ce nom, on ressent le temps: son poids, son volume, sa densité. La suite des images (enchaînements ou ruptures) n'est pas une accumulation d'impacts efficaces, mais une construction conspirée. La respiration de l'action qui se déroule à l'écran est plus importante que l'action elle-même, elle est l'essence du plaisir que l'action procure. Ce qui nous est dit et montré vit, prend vie à l'eau de notre regard et au sentir de notre écoute. Le climat où l'on entre est à la fois singulier et unique. Cela est, maintenant, j'en suis ému, mes mains sont moites: j'assiste à la naissance d'une oeuvre. Ces personnages que je découvre se métamorphosent instantanément en personnes qui entrent pour toujours dans ma conscience, et ce qu'elles font, ce qu'elles vont faire, ce qu'on va leur faire, me concerne. Ils ne passent pas sur la toile pour m'instruire ou m'amuser, ils habitent ce lieu magique où je m'introduis merveilleusement. Et je les regarde vivre non comme des fantômes mais comme des hommes et des femmes qui aiment, haïssent, jouissent, souffrent, risquent leur vie parfois, et mon coeur bat pour eux, et plus vite à cause d'eux, et ma pensée tantôt se divise, tantôt se rassemble, s'enroule autour des fils de leurs pensées, et leurs spirales s'enfoncent en moi souvent profondément. Le cinéma sauve "l'être par l'apparence", disait Bazin, parce que cette apparence est une musique lumineuse qui pénètre l'inconscient comme en rêve et le fait chanter, même tristement. La fiction que je reçois est la réalité même - si merveilleuse ou étonnante soit-elle - puisqu'elle ébranle la conscience que j'ai de la réalité et de ma réalité. Ainsi le réel fictionné n'est pas moins consubstantiel à la vérité que n'importe quelle réalité hasardeuse. Une réalité construite avec art est même plus éloquente qu'une réalité brute.

Je ne parle pas du film de Polanski? Mais les critiques l'ont déjà fait. Je parle des impressions et sentiments que ce thriller psycho-politique a fait naître en moi. Ce monde où nous entrons avec le héros est-il secret ou est-il mystérieux? Quand le secret est éventé, le mystère s'évanouit-il pour autant? That is the point. Si la réponse est non, alors, c'est du cinéma.