samedi 31 mars 2018

Les mots à l'oreille (66)

Avoir toujours Musil sur soi, comme un fusil dans sa musette.

Faits et dits enfantins (635)

Nine (8 ans) : "Cher Etienne [son petit frère], je vais te faire une poésie que j'espère que tu vas aimer.
La neige fond dans le jardin, et moi je suis malade. J'aimerais sortir dehors et en plus mes copains et mes copines m'attendent dehors. Et, du coup, je peux pas manger les délicieux gâteaux de maman. Je sais même pas pourquoi."
(orthographe rectifiée).


Bastien (11 ans) tourne - parfois des heures - dans la cour sur son vélo. Il a un compteur kilométrique et s'arrange pour accomplir des dizaines ou des centaines de fois un circuit idéal de 100 m qu'il a réussi à définir. Ainsi, le soir, il peut me dire : "Aujourd'hui, j'ai fait tant de bornes..."

Estacadres (324)

L'ami est toujours le tiers : le tiers est le liège qui empêche l'entretien des deux autres [ le je et le moi] de sombrer dans les profondeurs.
Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra.

Figures médiatiques (163)

Sous son palmier capillaire, Peter Sellars...
Bernard Mérigaud, Télérama 3050 du 25/06/08.

Alexandrins (122)

L'histoire dit qu'un jour, au détour d'une allée,
Celle qui désirait pour son balai un manche
Fit la douce rencontre - et en fut ébranlée-
De celui qui voulait un balai à son manche.

vendredi 30 mars 2018

Les mots à l'oreille (65)

Pétition - Bouillon crépitant, trompettant, donnant du nez, canonnant à coups de postillons.

Faits et dits enfantins (634)

Marie (18 ans) : "Un garçon m'a dit que j'avais une belle âme et qu'en fait ma beauté physique venait de l'intérieur. Il m'a dit aussi que j'étais lascive. Je ne savais pas exactement ce que ça voulait dire et j'ai répondu : "Tu trouves vraiment que j'ai l'air un peu molle?"


De jour, de nuit, en haut, en bas, à la ville, à la plage, à la campagne, à pied, à cheval, à vélo, en voiture, Bastien (11 ans) ne peut plus se passer des Beatles. Disques, cassettes, baladeur, tout lui est bon. Il chante avec eux, il a les paroles, il les recopie. Ça dure depuis trois jours.

Estacadres (323)

Léautaud le rechigné, Amiel le rétracté, Calaferte entre les deux. Un crabe dans une araignée, une araignée dans un crabe, un crabe et une araignée face à face.

Figures médiatiques (162)

Devise de Jean-Pierre Chevènement : Etiam mortuus redeo (même mort je reviens).

Alexandrins (121)

... Luxure à la hure éblouie fouillant les chairs...

jeudi 29 mars 2018

Les mots à l'oreille (64)

Rouspéter, c'est, d'une certaine façon, proutester.

Faits et dits enfantins (633)

Marie (17 ans) me raconte : "On a dû lui faire une césarienne, parce qu'à la suite d'un choc provoqué par un accident de voiture, son bébé est remonté, comme pour se protéger, et il s'est mis en état de siège".


Je revois Duel (de Spielberg) en compagnie de Bastien (11 ans). A un moment, le "héros", pour conjurer son angoisse, commente mentalement son voyage avec ironie : "...la routine habituelle..."
Bastien se tourne vers moi :"T'as saisi le jeu de mots! route inhabituelle... eh!"

Estacadres (322)

Jean Améry s'est suicidé à 66 ans parce qu'il ne supportait pas de vieillir. C'est-à-dire de devenir de plus en plus masse et de moins en moins énergie.

Figures médiatiques (161)

Roger Hanin, le coco vain. "Un éléphant dans un magasin de porcelets".
Patrick Besson, Marianne n° 519 du 31/03/07.

Alexandrins (120)

... Il n'est pas vraiment mort, mais il renifle fort...

mercredi 28 mars 2018

Les mots à l'oreille (63)

... La péniche, ce chien couchant des lits fatigués...

Faits et dits enfantins (632)

 Marie (17 ans) a réussi brillamment son bac avec 15,35 de moyenne (mention "bien"). 17 en français et un époustouflant 18 en philo (La passion sans illusion est-elle possible?). Sa mère lui ouvre un compte en banque...


Les rencontres de Roland Garros redonnent chaque année à Bastien (11 ans) le goût du tennis. En solitaire. Il prend sa raquette, il va dans le jardin et, pendant deux ou trois quarts d'heure, il alterne coups droits et revers avec une dextérité irréprochable. Comme les personnages de Blow Up, sans balle.

Estacadres (321)

                                                  ... aussi amer
qu'une gorgée d'eau-de-vie de serpent
à l'arrière-goût écaillé et persistant.
T. Tranströmer, Le rossignol de Badelunda, in Baltiques, p. 278.

Figures médiatiques (160)

... Jack [Lang], dont les paillettes se fanent si elles ne sont plus éclairées...
Jean-François Kahn, Abécédaire mal pensant.

Alexandrins (119)

...Et je bois au crachoir le vert de l'espérance.

mardi 27 mars 2018

Les mots à l'oreille (62)

Si le passage à niveau est mauvais, on est en droit de l'appeler passage à nivache.

Faits et dits enfantins (631)

Marie (17 ans), que j'engueule parce qu'elle est accrochée au téléphone depuis plus de 3/4 d'heure : "On parle de choses fondamentales".


Bastien (11 ans) se rappelle : "Quand j'étais petit, je disais métaphormose au lieu de métamorphose. Ça veut dire quelque chose?
Métaformose, ça pourrait vouloir dire après la beauté ou au-delà de la beauté...
— C'est possible?
— Non, parce que plus beau que beau tu meurs.
— C'est p'têt' pour ça que des bébés meurent dans le ventre de leur mère. Parce qu'en naissant ils auraient été trop beaux!"

Estacadres (320)

Mme du Deffand, vieille aveugle et clairvoyante, qui, tout en exécrant la vie, y goûte néanmoins les agréments de l'amertume.
Cioran, Exercices d'admiration.

Figures médiatiques (158)

Le genre pseudo-fatal que je n'aime pas : Marlène Dietrich et son clone approximatif et dérisoire, Madonna.

Alexandrins (118)

...Et ce mot de la fin : "Je commençais à vivre..."

lundi 26 mars 2018

Les mots à l'oreille (61)

Pâle comme une hélice.

Faits et dits enfantins (630)

Marie (17 ans) me dit : "Tu m'as vue de profil? J'ai le même nez que toi. C'est moche, pour une fille."


Bastien dit : "Les masos sont sados : ils sont sadiques avec eux-mêmes".

Estacadres (319)

Celui qui n'est pas méchant, il ne vit pas dans la sérénité, mais dans une sorte particulière d'amertume et d'intransigeance pleines de pudeur.
Adorno, Minima moralia, 1944.

Figures médiatiques (157)

Sa voix inimitable sort de sa grosse bouche glossée et nous fait des confidences; elle n'a rien perdu de sa sensualité.
Judith Chaine, parlant de Fanny Ardant in Télérama Sortir du 16/01/08.

Alexandrins (117)

Le bègue s'enregistre, et puis scratche les blancs...

vendredi 23 mars 2018

Les mots à l'oreille (60)

L'oseille - sa petite pointe acide est comme une pointe d'orgueil.

Faits et dits enfantins (629)

Marie (17 ans) qui est mince dit : "Je voudrais maigrir, mais seulement du cul. J'ai un gros cul. En fait, j'aimerais ne pas avoir de cul du tout."


Bastien (11 ans) s'intéresse toujours - et cela nous semble étonnant - à la sexualité de ses parents. Il nous en parle quelquefois, nous questionne. Pour moi, mes parents n'avaient pas de sexe. Que faut-il en penser?

Estacadres (318)

L'amertume, cette tristesse dégradée.
Cioran.

Figures médiatiques (156)

Dans le bonus de Je t'aime, je t'aime, Alain Resnais compare Claude Rich à "un violon" qui se désaccorderait légèrement "quand ça l'arrange".

Alexandrins (116)

L'amateur irisé n'éclaire pas le monde.

jeudi 22 mars 2018

Internats

J'avais 11 ans, et je quittais ma famille pour la première fois. C'est l'été où a cessé la guerre d'Indochine (54). "Pour mon bien", ma mère, qui ne prenait jamais de vacances (elle gérait une épicerie), avait décidé de m'envoyer "en colonie" au château de La Villeneuve, en Haute-Vienne. Mon frère s'y était bien plu l'année précédente, alors qu'il avait moins de 8 ans (il en était seulement revenu avec les ongles noirs).
La vie en commun, au dortoir, au réfectoire, les jeux et les veillées obligatoires, la toilette à la rivière tôt le matin, tout m'a dépaysé et mon émotivité ne l'a pas supporté. Je pleurais souvent. J'écrivis à ma mère que si elle venait me chercher, je lui donnerais "tous mes sous". Pour avoir un peu de solitude, je feignais d'être malade, et, à l'infirmerie toute la journée, je lisais des illustrés dans le confort du corps et la consolation de l'esprit. L'infirmière de la colo, qui était un peu virile, me dit une fois que j'étais douillet. J'accusai mal le coup, sa remarque me blessa. "Elle a tort", pensai-je d'abord. Puis, "peut-être a-t-elle un peu raison..."  Mon comportement changea, je pris goût à la compagnie et aux jeux. Quand je revins chez moi, je pleurai : je m'ennuyais de la colo. J'eus une autre expérience "traumatisante" deux ans plus tard, quand je devins interne au collège d'Abbeville. D'ailleurs, je m'en échappai.
A mon entrée à l'Ecole Normale, en 59, j'étais guéri, je n'étais plus "douillet", et devins même, avec mon ami Jacques Flament (Berckois comme moi) un petit pôle d'attraction.

Les mots à l'oreille (59)

Qu'est-ce que l'opinion? Ce qui fait opiner de l'oignon.

Faits et dits enfantins (628)

Marie (17 ans) m'écrit pour mon 52e anniversaire : "... si l'angoisse est typiquement existentielle, mon dieu qu'est-ce-que je vis! Angoisse de ne pas t'avoir toujours auprès de moi, angoisse d'un éloignement entre nous dû au malheur de devenir adulte. Deux adultes ensemble seront-ils encore père et fille?" Mais il faut faire la part de la rhétorique de circonstance...


Bastien (11 ans) a participé au concours "Kangourou" (maths) de son collège. Dans l'épreuve des 6e-5e, il est premier. Il est même le premier de tous les établissements de la ville. Son commentaire : "On est peu de chose, finalement..."

Estacadres (317)

Inutile de faire la guerre aux Américains. Il suffit de les laisser manger.
Mao.

Figures médiatiques (156)

Quand on n'a pas de nom, on veut un renom.

Alexandrins (115)

La poésie? Se sortir les doigts de la prose.

mercredi 21 mars 2018

Horizons (41)

Vous connaissez tous cette intraitable mélancolie qui s'empare de nous au souvenir des temps heureux. Ils se sont enfuis sans retour; quelque chose de plus impitoyable que l'espace nous tient éloignés d'eux. Et les images de la vie, en ce lointain reflet qu'elles nous laissent, se font plus attirantes encore. Nous pensons à elles comme au corps d'un amour défunt qui repose au creux de la tombe, et désormais nous hante, splendeur plus haute et plus pure, pareil à quelque mirage devant quoi nous frissonnons. Et sans nous lasser, dans nos rêves enfiévrés de désir, nous reprenons la quête tâtonnante, explorant de ce passé chaque détail, chaque pli. Et le sentiment nous vient alors que nous n'avons pas eu notre pleine mesure de vie et d'amour, mais ce que nous laissâmes échapper, nul repentir ne peut nous le rendre. O puissions-nous, d'un tel sentiment, tirer une leçon dont nous nous souviendrions à chaque instant de notre joie! Plus doux encore est le souvenir des années que nous versa le ciel, si ce fut une soudaine épouvante qui les termina. Nous comprenons alors quel bonheur c'est déjà pour nous autres hommes que de vivre au fil des jours en nos petites sociétés, sous un toit paisible, parmi les bonnes conversations, salués d'un bonjour et d'un bonsoir également tendres. Hélas! nous reconnaissons toujours trop tard que la fortune qui nous donnait ces choses nous ouvrait déjà ses Trésors.
Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre.

Les mots à l'oreille (58)

L'œillet est un trou du cul plein d'orgueil.

Faits et dits enfantins (627)

Marie part au lycée en couchant Lucien - son chien en peluche - à sa place dans le lit, la tête bien posée sur l'oreiller. Elle a 17 ans.


Bastien imite sa sœur qui tricote une écharpe pour son "copain". Bastien tricote une écharpe pour sa petite cousine Marion (11 mois). Toutes les deux minutes il appelle sa mère à la rescousse.

Estacadres (316)

Le plus beau type, le type blanc de la race caucasienne, se trouve au Canada et dans les Etats-Unis. La peau des miss de New York, de Philadelphie, de Baltimore et de Québec ne le cède ni en blancheur ni en teintes rosées à celle des young ladies de Londres et de nos Parisiennes. Le nègre du Congo, avec son nez écrasé, son front déprimé, sa chevelure laineuse et sa peau d'ébène, reconnaîtrait son sang, sans aucun mélange, parmi les Noirs des états cotonniers, de Haïti et des Guyanes.
Grand Larousse du XIXe siècle, tome 1, page 263.

Figures médiatique (155)

Henri Guaino, le "gourou" de Sarkozy : "Un crayon qui se prend pour une plume". (Un député UMP).

Alexandrins (114)

On croit aller vers quelque part et on s'enroule
Dans son vasard autour de soi comme une poule.

mardi 20 mars 2018

Les mots à l'oreille (57)

Dans le mot luxure on voit surgir la hure lumineuse de l'amour bestial.

Faits et dits enfantins (626)

Marie (17 ans), me quittant pour rejoindre son copain : "J'aim' bien comm' tu m'regardes quand j'pars... T'es marrant comm'mec!" [?!]


Bastien (11 ans) me demande s'il est plutôt agnathe ou plutôt prognathe. Je lui réponds qu'il n'est ni l'un ni l'autre, qu'il a la chance d'avoir un profil régulier. Mais il insiste, il veut être défini. Je finis par lui dire qu'il est "orthognathe". Et cela le satisfait.

Alexandrins (113)

...Trancha d'un même coup la tête et la parole...

Estacadres (315)

L'Amérique? Il y en a deux : l'Amérique bouffeuse et l'Amérique latrines.

Figures médiatiques (154)

En résumé et en synthèse, Christine Angot, c'est quoi? Une écriturière qui gratte et goupine dans le trash sentimentalo-pouf en se revendiquant avant-garde. Camille Laurens en version kitsch (la Camille Laurens du pauvre).

lundi 19 mars 2018

Les mots à l'oreille (56)

Un nez-nologue, ou savant en nez-nologie, promène son nez de gauche à droite et de droite à gauche au-dessus de son verre de vin, en signe de dé-nez-gation (nolo), avant de boire. Ce qui signifie : "Non, ce n'est pas pour ton nez." (Sous entendu : "mais pour ta bouche").

Faits et dits enfantins (625)

Marie (17 ans) : "J'ai de grandes auréoles [sic], alors je devrais avoir de gros seins, et pourtant j'en ai des petits!?"


Bastien (11 ans) apprécie beaucoup Le cheval de fer (1924), de John Ford. Au moment où l'un des personnages va se faire arracher une dent, son ami le pique violemment à la fesse (pour le distraire de la douleur de l'extraction). Le dentiste de fortune exhibe alors une énorme molaire, et le patient s'exclame, tout en se frottant la fesse : "Je ne me doutais pas qu'elle pouvait avoir des racines aussi longues!" Bastien rit, et je lui demande pourquoi. "Ben, t'as pas compris qu'il a cru que les racines allaient jusqu'à ses fesses!"

Estacadres (314)

Henry King est sans doute le meilleur spécialiste hollywoodien de l'americana, genre voué aux évocations nostalgiques, idylliques de l'Amérique rurale et des petites communautés urbaines.Ce genre est le plus souvent rassurant, "positif", parfois même lénifiant.
Jacques Lourcelles, Les films, coll. Bouquins, p. 159.

Figures médiatiques (153)

Je porte toujours un slip rouge pour jouer. Cela réchauffe mes chakras. Je fais aussi chanter une chanson à mes partenaires pour évacuer la pression. Un genre de Haka, comme les All Blacks. J'adore ce moment où vous êtes sur un fil.
Judith Magre, Le Nouvel Obs. 2240 du11/10/07.

Alexandrins (112)

La haine à son acmé ravit le sacrifiant.

dimanche 18 mars 2018

Dicodrome (28)

Essensation - Sinuosité quidditaire s'enroulant en spirale autour d'une émotion rare ou d'un émoi merveilleusement ontologique.

Escrivivir - Mot-chimère inventé par Julian Rios et qui définit la véritable vie de l'écrivain : non pas écrire et vivre, non pas écrire pour vivre, mais vivre pour écrire.

Etymaginaire (28)

Rotond  - (adj.) - C'est plus rond que rond. C'est rond comme une toupie qui tourne et repu de rotondité, et rotant comme une queue de pelle en goguette.

Alacrité - Allégresse mate, terrestre, intérieure. Joie sans espoir parasite.

Les mots à l'oreille (55)

L'intimité, cette moiteur parasite et ruinante des fréquentations trop serrées.

Faits et dits enfantins (624)

Marie (17 ans) me dit : "Quand je viens de voir Mamie pendant un certain temps, ch'uis emplie d'elle, tu vois. J'ai son image devant les yeux qui ne me quitte pas. Un jour, en rentrant à la maison, j'ai écrit quelque chose là-dessus".


Bastien (11 ans) regarde L'aigle des mers (1940), de Michael Curtiz, et dit, voyant Errol Flynn : "Vous ne trouvez pas qu'il ressemble à Depardieu?"

Il dit : "Je ne vois pas pourquoi j'aurais du respect pour Chirac. Il n'est pas mon président puisque je ne suis pas encore citoyen".

Estacadres (313)

L'ancien chef de la diplomatie américaine, Madeleine Albright, dit dans ses mémoires intitulés Madam Secretary que l'Amérique "voit plus loin, parce qu'elle est de plus haute taille". Il serait vain par ailleurs de vouloir faire contrepoids à ce "pays indispensable", ajoute-t-elle : "Nous sommes les seuls à pouvoir nous équilibrer nous-mêmes".

Figures médiatiques (152)

Par homophonie sans doute, on imagine la modiste d'autrefois comme une petite personne modeste. Cette parenté sémantique ne joue pas pour le modeux, marqué par son suffixe péjoratif. Les prétentions extravagantes de la mode professionnelle, les vanités qu'elle exalte font de ses petits et grands prêtres des individus essentiellement superficiels - où est "l'arrière-monde" d'un Lagerfeld, par exemple?

Alexandrins (111)

... L'inconsistant humain est ferme dans son rêve.

samedi 17 mars 2018

Les mots à l'oreille (54)

Dans idéologie, il y a idée et idole. L'idéologie, c'est l'idée considérée comme idole.

Faits et dits enfantins (623)

Voulant signifier qu'elle n'a pas ri à la vision d'un film comique, Marie (16 ans) dit : "Je n'ai pas relevé une babine".


Bastien (11 ans) : "La connerie me fait enrager".

"Si un jour on devenait immortels, il faudrait rétablir la peine de mort, sinon ce serait la surpopulation! Mais je blague..."


Estacadres (312)

Les Etats-Unis voudraient américaniser l'univers, alors qu'il serait plus utile et plus urgent d'universaliser l'Amérique.

Figures médiatiques (151)

Jane Mansfield, surnommée "le Buste", avait une piscine en forme de cœur et un QI de 163. Elle a tourné beaucoup de navets. Morte en 1967, à 34 ans, dans un accident de voiture. Décapitée.

Alexandrins (110)

...Ombre mélancolique et fougueuse lumière.

vendredi 16 mars 2018

Les mots à l'oreille (53)

Le mot français désir est comme une coupure, on en sent moins la déchirure que la "dessirure" ardente (désir rime avec azir*). Dans desire (dizayeur), au contraire, non seulement on sent cette déchirure permanente du désir mais on entend le cri de la douleur, et on en voit les haillons. (Comme dans la chanson du groupe U2).
*ou asir, du latin "assum", brûlé.

Faits et dits enfantins (622)

Nous ayant quittés pour quelques semaines, Marie (15 ans) nous a laissé, sous enveloppe cachetée (à lui rendre à son retour "éventuel"), son testament.


Le chien Achille a le testicule gauche hypertrophié par une tumeur. On le lui fait enlever. Je l'appelle alors affectueusement Qünk (diminutif de "Qu'une couille"). Ma belle-mère s'insurge : "Pourquoi employez-vous ce mot vulgaire?" Bastien (11 ans) s'inquiète : "Il ne pourra plus avoir de bébés?" (comme s'il en avait jamais eu!).

Estacadres (311)

Aux Etats-Unis, qu'il n'aimait pas, Freud avait donné ce surnom : Dollaria.

Figures médiatiques (150)

Depardieu vu par Chabrol à l'époque de Bellamy : "Gérard fait partie des gens pour lesquels les autres existent. Il sent la nécessité d'un vrai rapport, c'est pour cela qu'il a besoin de les toucher physiquement. Il cherche à cacher, la question est de savoir pourquoi il veut cacher. Il a tellement envie de s'occuper des autres et c'est si difficile, il faut tellement s'inquiéter de soi-même aussi, que ça l'angoisse, il a peur de ne pas être à la hauteur. J'ai énormément de faiblesse pour lui. La phrase sur la dignité - "J'ai trouvé une certaine forme de dignité à me mépriser moi-même" est la clé du film. Je lui ai dit avant de tourner que c'était en un sens la façon que j'ai de le voir, même si dans son cas il s'agit non de mépris, mais d'autodérision. - je le lui ai dit pour qu'il ne soit pas gêné. et quand il l'a prononcée, j'ai eu un frisson dans le dos."
Propos recueillis par Pascal Mérigeau in Le Nouvel Obs 2311 du 19/02/09.

Alexandrins (109)

... A ma brocheuse requinquant ses appas lâches.

jeudi 15 mars 2018

Les mots à l'oreille (52)

Haleine de cuir, haleine de cordonnier.

Faits et dits enfantins (621)

Nous sommes en vacances. Marie s'ennuie de son chien Achille : "Son trottinement me manque".


Entre sommeil et veille, Bastien (11 ans) ouvre les yeux et me dit : "Tous les ans, fin janvier-début février, j'ai un rêve qui me revient, toujours le même, et en plusieurs épisodes. J'ai commencé hier à le refaire..."

Estacadres (310)

Les Etats-Unis sont bornés au nord par le pôle, au sud par l'Antarctique, à l'est par le premier chapitre de la Genèse et à l'ouest par le Jour du Jugement Dernier.
Arthur Bird (1899).

Figures médiatiques (149)

[Dans l'émission Revu et corrigé de la mi-novembre 2008] Paul Amar avait encore une carte dans sa manche : Doc Gynéco, le roi du ralenti. Par un effet de vaseux communicants, la léthargie naturelle au loir du hip-hop sembla réactiver quelque peu l'animateur. Doc lui donnait du "Paul" et le tutoyait. Surtout, il parlait si lentement qu'on ne pouvait faire que l'écouter. Le silence autour de lui, c'était encore du Gynéco. Si par hasard un jour tu as des problèmes de copines trop bavardes, invite donc un rappeur de droite avec un gros bonnet en laine et un très bas débit.
Comment fait-il, Doc Gynéco, pour courir les talk-shows tout en dormant?
François Gorin, Télérama 3073 du 03/12/08.

Alexandrins (108)

Quand le sémème et le morphème collaborent,
L'un détoure le mot et l'autre le colore.

lundi 12 mars 2018

Les mots à l'oreille (51)

Dans les guérets arides de mon gosier
A grands goulots le galop de l'eau.

Faits et dits enfantins (620)

Marie (15 ans) : "Je rêve d'épouser un Asiatique et d'avoir des enfants eurasiens."


Bastien (11 ans) me demande pourquoi on dit "les envahisseurs" alors qu'on dit "une invasion" : "On devrait dire les invadeurs!"

Estacadres (309)

Beauté des paysages américains : qu'en leur plus infime partie soit inscrite toute l'immensité de ce pays.
Adorno, Minima moralia, Fruits nains.

Figures médiatiques (148)

Les frères Bogdanoff : Deux jayets circassiens, juments paradoxales, portant aux yeux la bride, au menton la croupe, et la vulve au museau!

Alexandrins (107)

Notre âme est le lieu seul où l'aporie s'estompe,
Car le visible et l'invisible s'y rencontrent.

dimanche 11 mars 2018

La rose et la flèche (Richard Lester, 1976)

Nous préférons certaines œuvres, non en raison de leur valeur absolue, mais en raison de leur résonance en nous.
Si j'aime tant Marianne de ma jeunesse (Duvivier) c'est parce que je l'ai vu pour la première fois à 18 ans dans un climat émotionnel particulier. Mais il y a aussi des constantes dans notre idiosyncrasie, notre "patois" (Deleuze) intérieur. Notre chemin vers la trilogie du beau, du juste et du vrai (du "bon" pour nous) est unique.
Pourquoi La rose et la flèche est-il un film que j'ai longtemps cherché (et manqué) puis vu et aimé sans condition? Ce n'est pas à mes yeux qu'un "joli film". C'est une œuvre d'une généreuse mélancolie : lumière dans l'ombre. Mélancolique : son héros se croit redevable à lui-même, il doit accomplir sa mission lointaine et invétérée. Le monde qui change l'angoisse, il voudrait arrêter le temps et se dire, au sein de son amour : ce jour est le plus beau. Nous pouvons mourir.
 Le dedans du dedans qu'on appelle la mélancolie va de pair avec le dehors du dedans qui est la nostalgie : le désir de retour du nostalgique fait broncher la résignation du mélancolique.
La rose et la flèche est ainsi une méditation nostalgique sur le sens de la vie, l'amour, la vieillesse, la mort. Sans sérieux, sans dérision, mais avec une gravité qui démystifie sans démythifier. La geste n'y est pas sacrifiée mais incarnée. Le réalisateur donne à son personnage le poids de toute une vie, la chair et l'os d'un héros qui a quitté le carton-pâte des décors bondissants non pour renoncer à l'héroïsme mais pour vivre son aventure dans toute son épaisseur - à la manière humaine et ô combien plus héroïque Robin des Bois vieilli semble atteindre tout juste l'âge d'homme; il se sent devenu responsable de sa légende et responsable de son amour. Il va aimer et lutter "comme un vieux, comme un lourd", aurait dit Queneau, mais si bellement, si sincèrement, si définitivement... La flèche qu'il tire vers le ciel démode à jamais celle de Cupidon.
Ce film est une merveille. Comme un matin qui paradoxalement naîtrait du crépuscule, l'amour ayant effacé la nuit.

Les mots à l'oreille (50)

La modération démocratique pourrait s'exprimer en un néologisme bâtard : démoration, avec ses connotations de fringale et de restriction; jusqu'au frein du "bon sens", c'est-à-dire la mise de l'esprit critique à la portion congrue.

Faits et dits enfantins (619)

 Toujours pas sortie de son narcissisme, Marie (15 ans) considère comme une corvée tout ce qui ne flatte pas immédiatement son ego. Il faut voir l'air dégoûté et renfrogné avec lequel elle ramasse (mal) queques branchages dans le jardin, sa hâte d'en avoir fini, sa hargne si, d'aventure, je propose de la photographier "en train de travailler." Sous la contrainte, toujours.


Bastien (11 ans) : "Madame M* [sa prof d'histoire-géo], je suis sûr qu'elle croit aux dieux grecs!"

Estacadres (308)

De ces paysages [américains], on serait tenté de dire que personne ne leur a passé la main dans les cheveux. Ils sont inconsolés et désolants.
Theodor Adorno, Minima moralia, Paysage.

Figures médiatiques (147)

"Mes seules provocations, ce sont mes rôles, ils sont toujours  excessifs", dit ce "fils d'industriels protestants qui considère son métier comme une manière de rejeter l'éducation reçue [mais] ne sait pas vivre débraillé. [...] [Il promène] sa silhouette osseuse avec cynisme, [inaugurant] un tout nouveau dandysme - légère façon d'insister sur le blanc, dans le vêtement, dans le phrasé, et même en amour."
Marie -Elisabeth Rouchy, parlant de Pascal Greggory, in TéléObs 2305 du 08/01/09.

Alexandrins (106)

Ce joli cul de femme est une parenthèse
Dessinée pour l'amour et cloquée par la baise.

samedi 10 mars 2018

Les mots à l'oreille (49)

Des métiers que j'aimerais bien exercer : apprenti-fugueur, lemon-layeur, grenadier d'Andalousie. Non que je sois mécontent du mien, c'est un métier qui procure d'immenses satisfactions : je suis piqueteur d'arnoufles.

Faits et dits enfantins (618)

Détail un peu mystérieux de la lettre que Marie (15 ans) m'écrit : "Homme sage et con à la fois dans des détails-bateaux" (?!). De n'être ni que con ni que sage me rassure plutôt, mais comment puis-je être "con et sage à la fois"?


Bastien (11 ans) : "Tu sais que pour être footballeur il faut être intelligent?
— Ouais, intelligent comme ses pieds.
— Dans ce cas-là, tu peux vraiment le dire!"

Estacadres (307)

... United stat' (les statisticiens réunis) ...
Theodor Adorno, Minima moralia. Aux oubliettes!

Figures médiatiques (146)

[Gérard Jugnot] a l'art du gris. Un don cultivé sans répit depuis bientôt trente-cinq ans et grâce auquel il sait disparaître, se fondre dans la masse jusqu'à occuper paradoxalement tout l'espace, lui, l'homme minuscule. Un peintre dirait qu'il excelle dans la sous-couche, cette technique pour préparer la toile.
[...] Gamin, il voulait faire "briller sa vie". Adulte, c'est désormais comme s'il mettait un point d'honneur à recouvrir les honneurs et les ors d'un voile d'ardoise.
Marie Quéva, TéléObs 2290 du 27/09/08.

Alexandrins (105)

... Qu'il est si bon de vivre et que vivre est un mal.

vendredi 9 mars 2018

Les mots à l'oreille (48)

Les zob-ligations font les aiguillettes nouées.

Faits et dits enfantins (617)

La fin de la lettre que Marie (15 ans) m'envoie s'intitule "Petite réflexion de mon invention : Chaque jour nouveau dans une histoire d'amour est une brique qu'on pose délicatement sur un édifice branlant. Le mur peut se consolider, avoir quelques brèches ou s'écrouler, mais il en restera toujours une trace, même après la tempête."


Bastien (11 ans) me demande vivement de m'effacer en faisant mine de me tirer dessus : "Dégage, ou je te cricripoute!
— ?
— Tu sais pas ce que ça veut dire "cricripouter"? Ça veut dire tirer avec un fusil à pompe. Je "cricrite" (cricri = arrière-avant avec la pompe) et je tire : "pouh!"


Estacadres (306)

Un pays qui porte un cow-boy à la Maison Blanche serait bien capable d'y mettre une souris.*
Bernard Mérigaud, Télérama du 21/10/81.
*Mickey.

Figures médiatiques (145)

Victime de calomnies, Josyane Savigneau, "petite" provinciale "montée" à Paris, a été destituée de la direction du Monde-des-livres qu'elle exerçait depuis quinze ans (1991-2005).
"... comment cette femme sortie de rien a-t-elle obtenu une telle place dans un si grand journal? Quand nous avons intenté un procès à Jean-Edern Hallier, les conclusions de mon avocat frôlaient le café-théâtre : "Attendu qu'il est extrêmement injurieux à l'égard de Josyane Savigneau de dire que "son entrecuisse sent le lisier poitevin" , ou "qu'elle est le déshonneur des gouines". Je vous renvoie aussi à Régine Deforges : "Josyane Savigneau, échappée de la caisse d'un supermarché de Châtellerault pour diriger le Monde des lettres" (sic)." Si ça n'est pas du mépris social, comment appeler cela?"
Propos recueillis par Grégoire Leménager en 2008. (A propos de Point de côté, de Josyane Savigneau.)

Alexandrins (104)

... Et toujours le meilleur deviendra le moins pire.

jeudi 8 mars 2018

Les mots à l'oreille (47)

Stylisées, la femme est une parenthèse ouverte à l'amour, et la femme enceinte une parenthèse fermée par l'amour.

Faits et dits enfantins (616)

A ma grande surprise, Marie (15 ans) m'écrit d'Antibes, où elle est en vacances avec sa mère et son frère. On s'exprime plus facilement par lettre, dit-elle, "une lettre, c'est lyrique en soi". [...] "une lettre, c'est humble". Elle me demande de ne partager avec personne les mots qu'elle m'écrit, "ni avec moi ni avec ta femme que ça ne regarde pas."


Bastien (11 ans) et moi (53 ans) nous amusons au jeu des comparaisons par antiphrases. Je lui dis : "Elégant comme un fond de caleçon". Il répond : "Beau comme une crotte de chien sur une tête de taupe."

Estacadres (305)

C'est la profonde immoralité du capitalisme : permettre de critiquer ses fondements, à condition de rentabiliser la remise en cause!
A. J. Pakula, interviewé par Pierre Murat, in Télérama 1582 du 07/05/80.

Figures médiatiques (144)

L'auteur de La Voyeuse interdite, qui carbure on le sait [...] à la fièvre amoureuse, a parfois un peu trop abusé de ce style lyrico-poignant qui donnait l'impression d'entrer dans son écriture comme dans le hall d'un hôtel de style nouille : pour le stuc et les moulures, l'architecte n'y avait pas été de main morte. Des étreintes passionnées, violentes, dangereuses, avec des filles et des garçons, au bord de mers chaudes, et puis vous rajoutez la lune, éventuellement le sable qui se colle là où je pense. Oui, c'était kitsch, mais jamais insincère.
Nina Bouraoui, par Didier Jacob, in Nouvel Obs. 2285 du21/08/08.

Alexandrins (103)

Toute herbe qui grandit a écouté son ange.

mercredi 7 mars 2018

Les mots à l'oreille (46)

Etre exubérant c'est, au sens propre, regorger, c'est-à-dire avoir de gros seins. Une poitrine exubérante serait un pléonasme.

Faits et dits enfantins (615)

Dans une nouvelle où son héroïne (elle-même) tourne "comme Juliette sur son balcon", Marie (15 ans) écrit que ses "géniteurs sans cœur" l'empêchent de sortir.


Bastien (10 ans 3/4) raconte cette histoire : "Dans un village, il y a trois aubergistes. Le premier écrit sur son enseigne : ICI ON SERT LE MEILLEUR VIN DE FRANCE. Le deuxième renchérit : ICI ON SERT LE MEILLEUR VIN DU MONDE. Le troisième se gratte la tête et finalement écrit : "ICI ON SERT LE MEILLEUR VIN DU VILLAGE." Je la trouve excellente et lui demande d'où il la tient. Il me répond alors qu'il l'a inventée. (?)

Estacadres (304)

Pas d'humanité sans aménité. Le mot s'appliquait aussi autrefois aux lieux, aux paysages. L'aménité était un tout.

Figures médiatiques (143)

Chiara Mastroianni ressemble tellement à son père qu'on dirait un travesti.

Alexandrins (102)

L'homme est par sa nature enfant de sa culture.

mardi 6 mars 2018

Les mots à l'oreille (45)

Dans évanouissement on entend ève (l'eau) et nouï (étalement, effondrement, anéantissement). L'évanouissement est une dissolution liquéfiante.

Faits et dits enfantins (614)

Marie (15 ans) se lance dans l'aphorisme : "L'ennui est la pire maladie humaine car elle nous fait perdre un temps qui ne nous appartient pas." Mystérieux... Je soupçonne qu'elle ait voulu dire le contraire : l'ennui nous vole notre temps, notre temps est perdu non par nous mais par le fait des autres, contre notre choix.


Bastien (10 ans 3/4) me dit : "Je sais pourquoi les bébés ne peuvent pas marcher, c'est parce qu'ils ne peuvent pas tenir debout : leurs pieds sont trop petits. Il faudrait qu'ils en aient quatre, comme les tables.
— T'as déjà vu marcher une table?
— Tu fais semblant de pas comprendre : pour marcher, il faut d'abord tenir en équilibre."

Estacadres (303)

Aï! francha de bon aire,
Fesetz m'un bel semblan,
Tal don mos cors s'esclaire!
Bernard de Ventadour, Canzo.

Ah! noble dame de haut parage,
Faites-moi beau semblant,
Tel que mon cœur s'éclaire!

Figures médiatiques (142)

Luchini est un vieux blanc-bec qui se prend pour un sage. Mais il est parfois amusant.

Alexandrins (101)

La politique est le mort-bois du politique.

lundi 5 mars 2018

Les mots à l'oreille (44)

L'éternité commence et finit comme l'été. Commence comme un été vert et ouvert, finit comme un été gris et fermé.

Faits et dits enfantins (613)

Marie (15 ans), fâchée avec sa mère depuis deux jours, dit : "Elle ne peut pas supporter de me voir heureuse."


Bastien ne travaille guère ou, plutôt, ne fait que le minimum requis. Ça lui suffit pour être premier en sixième, avec 18,60 de moyenne!

Estacadres (302)

L'esprit se mesure, l'âme est immense.

Figures médiatiques (141)

A propos du dernier album de Vanessa Paradis : "Les mélodies sont délébiles, les paroles souvent débiles."
Sophie Delassein, Nouvel Obs. 2236 du 13/09/07.

Alexandrins (100)

... Bel horizon des ans décrochés de la lune.

dimanche 4 mars 2018

Etymaginaire (27)

Funambule - Glisse joyeusement sur le fil de la vie comme une perle de rosée sur un brin d'herbe.

Illisibilité - "Le mot lui-même semble avoir mélangé ses syllabes. On dirait le petit nuage que fait un fil de pêche embrouillé; les quatre points sur ses "i", au lieu de jouer leur rôle, figurant plutôt les plombs qui entraînent la ligne au fond."
Eric Chevillard.

Dicodrome (27)

Ois-eau - Cygne, dans le langage des bonobos. (Un bonobo, capable d'utiliser 250 lexigrammes et de comprendre 500 mots, accola un jour les mots "eau" et "oiseau" pour le cygne, qu'il voyait pour la première fois).

Ministérieux - (n.m.) - Serviteur de l'Etat d'étroit cubage crânien et ne pratiquant pas la transparence.
                         (adj.) -  Opaque au plus haut niveau, et à capacité réduite.

Les mots à l'oreille (43)

L'été terni n'est pas l'éternité.  

Faits et dits enfantins (612)

Marie (15 ans), relancée par un de ses "ex", me dit : "Tu vois, je lui ai fait comprendre que je le trouvais aussi excitant qu'une feuille de papier à cigarettes."


Bastien (10 ans 3/4) n'a pas le temps de faire de foot cette année, mais pratique le hand-ball avec succès. "Tu sais, cet aprèm' j'ai tenu la cage en première période, et j'ai rien laissé passer. En deuxième période, j'étais attaquant, et j'ai mis les deux seuls points du match, en lobant le gardien."

Estacadres (301)

L'esprit se meut et raisonne, l'âme s'émeut et résonne.
François Cheng.

Figures médiatiques (140)

... Rossy de Palma au visage de navaja...
Alain Riou, TéléObs 2236 du 13/09/07.

Alexandrins (99)

... Nous cherchons l'âme sœur et trouvons le corps frère.

samedi 3 mars 2018

Les mots à l'oreille (42)

Trop d'embonpoint engendre la dyspanse.

Faits et dits enfantins (611)

Marie (15 ans) se souvient : "Quand mon premier sein a poussé, j'ai cru que c'était un kyste."


"Tu nous agaces, Bastien, avec tes réflexions stériles!
— Et vous, vous m'énervez, avec vos réflexions pleines de microbes!" (10 ans 3/4).

Estacadres (300)

L'âme est le rêve de l'esprit.

Figures médiatiques (139)

Blanchangine est le surnom qu'un lecteur de l'Obs (n° 2235 du 06/09/07) a donné à Cécilia Sarkozy, depuis qu'elle a refusé d'accompagner Nicolas à une réception du couple Bush, en prétextant une angine blanche.

Alexandrins (98)

...Opuntia pinea ou cactée sans épines...

vendredi 2 mars 2018

Les mots à l'oreille (41)

Les efféminés ou les éphèbes-minets.

Faits et dits enfantins (610)

Marie (15 ans) a confondu un court instant Vian et Villon.


Bastien (10 ans 3/4) se fait une petite réputation de joueur d'échecs et n'est pas peu fier de battre les adultes du voisinage.

On le surnomme ORABS (ce pourrait être ABSOR) depuis qu'on s'est aperçu qu'il avait l'oreille absolue.

Estacadres (299)

L'âme nous parle, l'esprit nous interroge.

Figures médiatiques (138)

La différence entre Druon et moi est qu'il vouvoie son chien alors que le mien me tutoie.

Alexandrins (97)

Si on me cloue le bec, sur quel pied danserai-je?

jeudi 1 mars 2018

A Ghost Story (David Lowery)

"Je ne crois pas aux fantômes, mais j'en ai peur", disait Mme du Deffand. Je pense le contraire, à la vision d' A Ghost Story. On y croit, comme à un fantasme (im)matériel, mais il ne nous fait aucun effet, le fantôme de David Lowery. On aurait préféré, à ce corps blanc sans ombre, une ombre sans corps (inanis umbra). Et puis un fantôme si voyant c'est comme un joli nez clignotant. En plus, il est galant, il s'écarte sur le passage des vivants.
Ce qui se déroule sous les "yeux" du fantôme est comme un fantasme à l'envers : le "sujet" est présent, mais ce qu'il voit est le contraire de l'accomplissement d'un désir. Cependant, comme le fantasme, le fantasme-à-l'envers n'a ni commencement ni fin, il se répète sous des formes variées, mais toujours les mêmes : c'est une réitération immobile et circulaire. Tout ça est bien montré par le film, mais Lowery ne connaît pas l'ellipse. Les scènes (au début, surtout) sont horripilantes de longueur (le clou est l'engloutissement méthodique d'une tarte par la jeune veuve - 5 minutes? J'ai fermé les yeux). A l'inverse de Freud, le réalisateur semble confondre réalité matérielle et réalité psychique.
Pourtant on ressent la solitude de ce fantôme sous son drap, et on a de la peine avec lui...

Les mots à l'oreille (40)

Etre domestiqué c'est être mangé par la maison.

Faits et dits enfantins (609)

Marie (15 ans) m'annonce, avec une pointe de distinction dans la voix, que, plus tard, elle sera "psychomotricienne par l'art".


La radio annonce que "le prix Goncourt 1996 a été attribué à Pascale Roze, pour son roman Le chasseur zéro ". Bastien (10 ans 1/2) explique : "Zéro, c'est Roze, en verlan".

Estacadres (298)

J'ai passé mon existence dans la certitude qu'une âme vaut toujours une autre âme, mais aussi qu'un esprit ne vaut pas toujours un autre esprit : je suis certain de l'inégalité des esprits.
Jean Guehenno.

Figures médiatiques (137)

Alessandro Baricco, par le critique Francesco Roat : "Ses livres sont de prolixes et exténuants exercices de style pour écoles d'écriture créative." (Rapporté par Marcelle Padovani in Nouvel Obs. 2233 du 23/08/07 - qui conclut son article par : "Baricco a choisi de s'adresser aux lecteurs jeunes, désinvoltes et peu cultivés de l'ère post-moderne, avec son style "lustré à couper le souffle", comme dit le critique Giulio Ferroni. Taillé sur mesure pour les générations internet. Est-ce un défaut?"). "De toute façon, ça plaît!" (A. Baricco).

Alexandrins (96)

Quand je fume la pipe, ai-je l'écume aux lèvres?