samedi 31 décembre 2016

Faits et dits enfantins (278)

Marie (5 ans et demi) me demande : "Est-ce que tu peux manger sans boire de vin?
— Oui, mais je préfère avec un verre de vin.
— Ah! c'est ça les hommes! c'est çaaaa les hommes, et c'est saaaage les femmes! les femmes c'est sage et les hommes c'est fou."

Bastien (5 ans et demi) dit :"Quand on est à la retraite, on ne travaille plus. On réfléchit à un autre travail..."

jeudi 29 décembre 2016

Faits et dits enfantins (277)

Marie ( 5 ans et demi) nous  raconte son dernier rêve : "J'étais avec Maud [ son amie du même âge] dans la salle de sport [de l'école maternelle] et on s'est aperçues qu'on n'avait pas pris de petit déjeuner. Tant pis. Ça veut dire qu'il ne faut pas trop manger pour ne pas trop grossir."

Bastien ( 5 ans et demi) , après avoir vu le film Le Baron de Münchausen dans lequel  une souris effraie un éléphant, demande : "Elle avait appris son texte, la souris?"

mardi 27 décembre 2016

Faits et dits enfantins (276)

Marie ( 5 ans) emploie souvent l'expression "en faux" (opposée à "en vrai") pour indiquer qu'elle suppose, qu'elle imagine, que c'est un jeu, une fiction.

Bastien ( 5 ans) dit : " Avant, quand on était tous vivants, on était plus de cinq milliards."

lundi 26 décembre 2016

Faits et dits enfantins (275)

Marie (5 ans et demi) : "Quand on s'embrasse, j'aimerais bien qu'il y aurait des cœurs, comme ça, tout autour."

Bastien (5 ans et demi) : "Ils doivent beaucoup s'ennuyer les pauvres."

dimanche 25 décembre 2016

Faits et dits enfantins (274)

Vadim (3 ans et demi) : "Tu as vu la fontaine elle est emprisonnière par les guirlandes!"

Le même : "J'ai vu Spiderman dans un dessin allumé."

samedi 24 décembre 2016

Faits et dits enfantins (273)

Marie (5 ans) appelle le pénis un "jet d'eau". Elle dit "polistionner" au lieu de "postillonner".

Bastien ( 5 ans et demi) dit : "Ça serait pas bien si tout le monde s'habillait de la même façon. On se tromperait de gens."

vendredi 23 décembre 2016

Faits et dits enfantins (272)

En s'habillant (elle le fait seule depuis quelque temps) , Marie (5 ans) éternue. "C'est pour m'avertir que j'ai froid", dit-elle.

Bastien (5 ans et demi) sait faire du vélo sur deux roues. Au bout de deux leçons, il a appris à démarrer, tourner, s'arrêter seul. Il sait aussi se balancer, faire le cochon pendu, se déplacer avec les mains sur une échelle horizontale (comme un singe, ou "comme Tarzan").

jeudi 22 décembre 2016

Faits et dits enfantins (271)

Marie (5 ans et demi) orne parfois ses dessins de "3" plus ou moins stylisés. Elle en ponctue aussi les quelques mots qu'elle sait écrire. Ces festons ne sont apparemment pas dus au hasard. Je relis dans La Psychanalyse des contes de fées, de Bruno Bettelheim : "Dans l'esprit de l'enfant, "2" représente généralement les parents et "3", l'enfant lui-même par rapport à ses parents [...] , quelle que soit la position de l'enfant parmi la descendance." (Laffont, 1976, p. 142)

Bastien (5 ans) dit : "J'ai mis mes bottes de courage.
— Pourquoi de courage?
— Parce qu'avec ces bottes, j'ai le courage de marcher dans les orties!"

mercredi 21 décembre 2016

Faits et dits enfantins (270)

Marie (5 ans) : "Quelquefois je fais un gentil rêve délicieux, et alors un méchant rêve arrive!"

Bastien (5 ans) : "Le père Noël va mourir un jour.
— C'est pas possible, les enfants n'auront plus de cadeaux?
— Si, parce qu'un monsieur se déguisera en père Noël. Et quand ce monsieur sera mort, un autre se déguisera, etc."

mardi 20 décembre 2016

Faits et dits enfantins (269)

Nine au salon de thé, beurrant ses scones (c'est une première) : "J'ai l'impression d'être une reine."  (7 ans).

lundi 19 décembre 2016

Faits et dits enfantins (268)

Marie (5 ans et demi) me parle de ses camarades et de ses ami(e)s. "J'aime untel, il sent bon; unetelle, elle sent bon." Elle ne me dit pas s'il y a une relation de cause à effet. "J'adore Maud, j'aime toute son odeur. J'aime toutes les odeurs des gens que j'aime... sauf leur caca, bien sûr!"

Bastien (5 ans) me dit :"Tu sais, Gérard, qu'on peut respirer par les oreilles!" (C'est, en fait, que sa tante lui avait expliqué qu'en avion, pour se déboucher les oreilles, il fallait se boucher le nez, gonfler les joues et, ainsi, "souffler par le oreilles.")

dimanche 18 décembre 2016

Faits et dits enfantins (267)

Nine (7 ans) est à table avec ses deux grands-mères. Annie veut se lever pour aller chercher quelque chose à la cuisine. "Ne bouge pas", dit Françoise. "Ne bouge pas, renchérit Nine. Toi, tu es l'invitée, et mémé est la servante."

samedi 17 décembre 2016

Faits et dits enfantins (266)

Marie (5 ans et demi) vide son bol de chocolat. Le dépôt brunâtre fait comme une langue qui descend le long de la paroi jusqu'au fond. Marie dit que c'est un pétale.

Bastien (5 ans) entend dire qu'on a tiré plusieurs coups du canon antigrêle pour transformer les grêlons en pluie et éviter la destruction des  futures récoltes. Alors il infère : "Et si on tire encore le canon, ça va transformer la pluie en soleil!"

jeudi 15 décembre 2016

Faits et dits enfantins (265)

Nine (7 ans) pleure parce qu'elle voudrait tout de suite une table pour jouer à la dînette, mais une table "pour toute la vie."

mercredi 14 décembre 2016

Faits et dits enfantins (264)

Marie (5 ans) dit : "Il est plus souffle. [ plus souple]."

Bastien (5 ans) et son cousin Nicolas (6 ans) jouent aux "explorateurs", "aventuriers", etc. ( les escaliers sont "escaladés") avec sac au dos, boussole, chapeau, à travers maison, cour et jardin. Ils s'inspirent d'une mappemonde accrochée au mur, traversant tantôt l'Alaska en raquettes, tantôt l'océan à la nage, tantôt le Sahara en rampant ( pour s'éloigner davantage du soleil?). Ils sautent de Djakarta à Sidney, et j'en passe, bien sûr.

lundi 12 décembre 2016

Faits et dits enfantins (262)

Marie (5 ans et demi) a appris ce poème à l'école :

" La petite pomme s'ennuie
De n'être pas encore cueillie.
Les grosses pommes sont parties,
Petite pomme est sans amie.

Comme il fait froid dans cet automne!
Les jours sont courts! il va pleuvoir.
Comme on a peur au verger noir
Quand on est seule et qu'on est pomme!

Je n'en peux plus; viens me cueillir,
Tu viens me cueillir, Isabelle?
Comme c'est triste de vieillir
Quand on est pomme et qu'on est belle.

Prends-moi doucement dans ta main,
Mais fais-moi vivre une journée,
Bien au chaud sur ta cheminée
 Et tu me mangeras demain."


Bastien (5 ans) dit "s'agenouïr". Dit d'une mouche qui n'en finit pas d'agoniser : "Elle est inmortable." Il sait siffler, ce qu'il ne manque pas de faire toute la journée."

dimanche 11 décembre 2016

Faits et dits enfantins (261)

Nous sommes à table. Nine, ses grand-mères, ses grands-pères, sa grand-tante... Nine sort tout à coup : "Y'a qu' des vieux autour de moi!"  (7 ans).

samedi 10 décembre 2016

Faits et dits enfantins (260)

J'ai revu Les Temps modernes, avec Marie (5 ans et demi), qui a souffert pendant tout le film. Elle n'a ri qu'en se forçant, tellement ici tout est loin du burlesque. C'est le fond de malheur qui impressionne au premier degré. Marie ne supportait pas de voir Charlot sans argent pour vivre. Elle ne reconnaissait pas le personnage insouciant des années dix, farceur et bondissant. Le cœur serré d'angoisse, les joues rouges, elle me dit après le film : "Pourquoi c'est pas des suites de Charlot qu'on voit? Des épisodes? Pourquoi c'est toujours nouveau? " Et encore : "Les gens pauvres sont plus gentils et plus beaux que les riches!"

Bastien (5 ans) ne veut pas me parler ce matin, parce que, dit-il, "j'ai assez parlé [d'] hier."

vendredi 9 décembre 2016

Faits et dits enfantins (259)

Au moment où je les embrasse pour leur dire au revoir, je demande à Nine et à Lucien ( 7 & 11 ans) , séparément, si je sens bon. L'un et l'autre me répondent, exactement : "Oui, tu t'es lavé?"

jeudi 8 décembre 2016

Faits et dits enfantins (258)

La directrice de l'école maternelle (qui est aussi, à mi-temps, la maîtresse de Marie) fait à Françoise des compliments sur sa fille. Marie, qui a entendu de loin les propos, rapporte: "Madame a dit que j'avais beaucoup de force dans le cœur, ça se voit dans mes dessins!"

Bastien (5 ans) regarde le dessin d'une mouette rieuse, qui a les pattes et le bec rouges, et dit : "On le voit pas, parce que c'est caché, mais les pattes et le bec se rejoignent à l'intérieur du corps."


mercredi 7 décembre 2016

Faits et dits enfantins (257)

Nine (7 ans) dit :" Est-ce que tu crois que je suis capable d'allumer la lumière avec mes pieds?
— Non?
— Eh ben si! Regarde."
Et elle fait le poirier contre le mur où se trouve l'interrupteur, et, d'un geste de l'orteil, allume et éteint.


mardi 6 décembre 2016

Faits et dits enfantins (256)

J'essaie mon costume de mariage, dans lequel je me sens naturellement étriqué. Au moment où je boutonne le gilet, Marie (5 ans et demi) me lance : "On dirait un monsieur qui sert les apéritifs!"

Bastien ( 5 ans) raconte que sous sa classe de l'école maternelle il y a une cave pleine de serpents; qu'un jour, sans que personne le sache, il y est descendu avec un couteau, en a vu deux, et les a tués en leur tranchant la tête. Mais chut!

lundi 5 décembre 2016

Faits et dits enfantins (255)

Nine (7 ans) est en pleurs ce samedi matin. Elle doit préparer sa dictée : "Ma mamie mange la framboise de son jardin." On essaie de la persuader de s'y mettre, pour avoir son dimanche tranquille. Sa grand-mère ajoute : "Ce sera vite fait, il n'y a que 8 mots." Nine explose : "Mais il y a trop de lettres!"

Quand j'étais petit, je disais que je voulais être "docteur, pour voir les femmes toutes nues." (1)
(1) En grandissant, je me suis aperçu qu'être médecin n'était pas nécessaire... et qu'on pouvait choisir!

dimanche 4 décembre 2016

Faits et dits enfantins (254)

Marie (5 ans) parle à son chat Missouri et plaint son ignorance. "Moi, je sais tout, dit-elle, mes parents m'ont tout appris, quand j'étais gosse..."

Bastien (5 ans) : "Ça serait bien si j'avais deux papas; un qui travaillerait mais qui n'habiterait pas avec nous, et un qui resterait toujours avec nous, avec moi, et çui-là, ça serait toi."

samedi 3 décembre 2016

Faits et dits enfantins (253)

De temps en temps, Tippi, la chienne de Nine, s'amuse à rassembler dans un coin toutes ses balles et les petites pommes que je lui fais rouler dans la cour."C'est sa réserve ou son trésor? demandè-je à Nine (7 ans).
— C'est sa réserve de jeu et son trésor de guerre!"

"C'est drôle, dans le pied, le pouce, c'est le plus long, et dans la main, c'est le plus petit."

vendredi 2 décembre 2016

Winter Sleep (Nuri Bilge Ceylan )

Vivre est une tragédie que la médiocrité humaine rendrait presque comique. Mais aussi : les hommes seraient bien comiques si toute vie n'était en réalité une tragédie. Voilà pour la métaphysique. A cela s'ajoute qu'il faut vivre ensemble , chacun étant ouvert au jugement des autres qui, chaque jour, volontairement ou non, instruisent notre procès. Ainsi vivre est-il en permanence devoir se justifier ou, si l'on renonce, accepter la double condamnation.
Il n'y a qu'un écrivain capable de creuser l'être jusqu'à la perforation et, presque en même temps, de le recoudre en laissant voir les cicatrices : c'est Tchekhov.
Nuri Bilge Ceylan a magistralement saisi l'univers du grand Russe, et l'Anatolie en hiver est un paysage mental tchékhovien. Quelque chose me gène pourtant dans ce film magnifique : Tchekhov plus Schubert, c'est un peu trop. Ce que je dis là n'est pas objectif, c'est mon sentiment.
Winter Sleep est d'abord un paysage d'une implacable beauté, et ce paysage est une scène muette sur laquelle se débattent quelques êtres malheureux. Situation absurde? Oui, si la tristesse elle-même est absurde. "Je ne sais pas", disait Tchekhov, Ceylan reprend ce doute à son compte, non pour s'en satisfaire, mais pour continuer à interroger le cœur humain - comme on disait encore il y a un siècle, de même que créature humaine. L'homme (c'est-à-dire l'humanisme) a pu paraître désuet au temps de l'intelligence artificielle. Grave erreur, que nous rappelle Ceylan. Nous avons toujours le même cerveau, avec la même configuration. "Nous sommes néanmoins des êtres humains", disait aussi Tchekhov. Riches comme pauvres; l'argent, quoique indispensable, étant, au regard de la dignité, considéré comme une souillure.
L'ensemble des personnages du film forme un tableau vivant des corps, dans un clair-obscur indécidable, et un dessin invisible mais sensible des âmes. On y retrouve toute la généreuse tristesse du grand malade que fut le médecin Tchekhov.
Chez Ceylan comme chez Tchekhov, la vie est comme la maladie : elle nous rapproche parfois jusqu'à la fusion de ce noyau de désespoir que nous enserrons tous, plus ou moins âprement; et le désespoir, en retour, est une maladie qui envahit notre être entier. Dans les deux cas, il ne peut y avoir de guérison, mais un compromis. Le bâton de la vie est à la fois droit et cassé. Il y a une réfraction du désespoir, une réfraction de la maladie, une façon de voir qui place la vie dans une perspective déviée et, en même temps, extraordinairement droite. Qu'est-ce que notre vie en ce monde? Une ruine ou un chantier? la tristesse est alors belle deux fois : elle est un beau chemin, tout en étant le chemin du beau.
Car elle est belle la mélancolie qui laisse ouverte la porte de l'espoir. "Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter"(Cioran). Il n'y aurait plus de dedans du dedans.

jeudi 1 décembre 2016

Faits et dits enfantins (252)

Marie (5 ans et demi) : "Je suis très contente du prénom que vous m'avez donné. Je l'aime beaucoup."

Bastien (5 ans) : "Est-ce que Dieu i' travaille?
— Non.
— Alors si i' travaille pas, i' surveille."

mercredi 30 novembre 2016

Faits et dits enfantins (251)

Nine (6 ans) : "J'aime mieux les jeunes mamans que les vieilles mémés qui puent le camembert!"

Un petit enfant s'adressant au sculpteur : "Comment savais-tu qu'il y avait un cheval dans cette pierre?"

mardi 29 novembre 2016

Faits et dits enfantins (250)

Marie (5 ans) : "Ça existe des pays où y'a pas de fleurs?"

"Bastien, qu'est-ce que tu as toussé cette nuit!"
-- J'ai rien entendu. je dormais profondément." (5 ans).

lundi 28 novembre 2016

Faits et dits enfantins (249)

Nine (6 ans) s'allonge, bras et jambes écartés, et dit au bout d'un moment : "J'en ai marre de rester comme une étoile de mer!
-- Pourquoi tu t'es mise comme ça?
-- Parce que je m'ennuie."

Michel, le fils de Marguerite, était insupportable. Un jour (peut-être avait-il 5 ans) sa mère lui dit : "Si tu continues comme ça, tu vas me faire mourir.
-- J'm'en fous!
-- Tu t'en fous de ne plus avoir de maman qui s'occupe de toi?
-- J'm'en fous. Si tu "mours", je "mours."

dimanche 27 novembre 2016

Saines taxes et mulasseries (20)

"Rien de" suivi d'un adjectif : accord de l'adjectif avec"rien" , donc toujours masculin et singulier.
Il ne faut pas dire ni écrire "Sa folie n'a rien de douce"(1) ou "ses occupations n'ont rien d'habituelles" , mais SA FOLIE N'A RIEN DE DOUX  et  SES OCCUPATIONS N'ONT RIEN D'HABITUEL.
(1) cf Le Monde des livres du 25/11/16 p.10.

Dicodrome (20)

Grelucheux - Léger et plumeux comme un boléro de croqueuse.

Avoir les larmes qui couillent - Avoir un chagrin pachydermique qui s'exprime par des pleurs proboscidiens baleinant sur les joues comme des louches d'huile ou des seins en gants de toilette.

Ingénuosité - Habileté naïve ou simplesse imaginative qui caractérise oxymoresquement la fine innocence.

Etymaginaire (20)

Confesseur - Nicodème à paume chaude.

George W. Bush - Pasquin texan à la faconde labiale contredite et soulignée par une fixité oculaire péclotante. La gorge est adoucie au gingembre, et les paluches en tronches de bols font au monde offrande de visions compulsives et d'optimisme en cul de poule.

Lirécrire - S'écrire avec la main d'un autre et se lire avec sa voix. Faire l'amour sans liens. Marcher des deux pieds. Faire d'un crincrin une lyre. Ballaster ses colères.

Lumignon - Joli moignon de lumière.

Faits et dits enfantins (248)

Marie (5 ans et demi) : "Et toi papa, t'as encore des âges? Est-ce que t'as encore des âges?"

Bastien (5 ans) pleure de ne pas savoir, comme Marie Dupré qu'il admire, enfiler les deux manches de son blouson d'un seul geste, par le haut."

samedi 26 novembre 2016

Faits et dits enfantins (247)

Nine (6 ans) : "Moi, quand je sors du bain, je m'essuie bien entre les orteils. Je veux pas avoirs de champignons, comme papa."

Cette petite fille va faire son premier voyage en Angleterre, avec papa et maman. Elle demande : "Papi, quand je reviendrai, est-ce que je saurai encore parler français?"

vendredi 25 novembre 2016

Faits et dits enfantins (246)

Marie (5 ans) : "J'adore les cannelles! [ les quenelles].

Bastien (5 ans) dit "s'agenouïr".  Il dit aussi : "Hein que quand on a zéro jour on n'est pas né?"

jeudi 24 novembre 2016

Faits et dits enfantins (245)

"Pourquoi les raisins secs i' z'ont pas de pépins?"


Fête foraine sur la place. Nous sommes au bord d'un manège dont les basses cognent comme les orgues de Staline. Nine (6 ans) dit : "Je sens la musique dans ma gorge".

mercredi 23 novembre 2016

Faits et dits enfantins (244)

A cinq ans et demi, Marie entre en quatrième et dernière année de maternelle. Assise par terre, l'air penché, elle dit en soupirant : "Quand je pense que je suis en terminale!"

Bastien (5 ans) fait de l'humour sur les enseignes des boutiques. Au lieu de Chaussures Sauvage, par exemple, il dit : "Chasseur Sauvage."

mardi 22 novembre 2016

Faits et dits enfantins (243)

"Lâche-moi les bottes!" me dit Lucien (11 ans).

Nine (6 ans) est agressive avec son grand-frère. Elle le frappe, le pince. Jusqu'à ce qu'il se rebiffe et la fasse pleurer. Je lui dis :"Tu es méchante avec Lucien parce que tu ne peux pas l'être avec Etienne, qui est trop petit.
-- Oui, c'est vrai,"répond-elle en sanglotant.

lundi 21 novembre 2016

Faits et dits enfantins (242)

Marie (5 ans et demi) se brosse les dents avec un dentifrice à la menthe : "Ah! j'ai la bouche en feu!... On dirait que j'ai la langue coupée."

Pour imiter sa sœur, Bastien (5 ans ) répète à tort et à travers l'expression "vain Dieu de vain Dieu", en patois. Mais, dite de travers, au lieu de " vindju d'vindju", elle fait dans sa bouche : "vindu d'vindu"!

dimanche 20 novembre 2016

Faits et dits enfantins (241)

Lucien (11 ans) est un rangeur compulsif. "La maison est plus belle quand elle est en ordre. Et c'est mieux pour les invités."

Nine (6ans) appelle sa chienne Mouli Mouli.

samedi 19 novembre 2016

Faits et dits enfantins (240)

Marie (5 ans et demi) : "Comment i' font les rois pour monter sur le trône?

"Bastien, comment s'appelle la mer qui sépare la France de l'Angleterre?
-- La Canche! (1) (5 ans)
(1) C'est une rivière qui passe près de chez nous et se jette à Etaples.

vendredi 18 novembre 2016

Trop bon?

Etre trop bon, est-ce être con? Je ne le crois pas. Le con est un être obscur, fermé sur lui-même, d'une densité de cuir supérieure à la moyenne. Son cerveau reçoit peu de lumière. Encore est-ce une lumière brouillée, hantée de préjugés et de chimères. Le con n'est pas généreux (ou alors il n'est que concon). Le con est au volant de sa science qu'il croit être le savoir, il lui arrive même de lire Marx ou Marc Aurèle, mais c'est pour en rembourrer sa suffisance, et rouler sur les frontières d'autrui. le con croit qu'il a déjà pensé et qu'il n'a plus besoin de réfléchir.
L'homme bon est, à l'inverse, même s'il l'est trop (mais comment peut-on être "trop" bon?) quelqu'un qui ne vit pas que dans un corps, le sien, avec toutes ses limites. Il a de l'imagination : son espace mental est vaste, mais son esprit est mesuré. Il sait modaliser ses expériences, con-sentir à l'autre, sentir avec lui. L'homme bon ne généralise pas, il distingue. Il ne solennise jamais. L'homme bon est d'abord généreux avec lui-même, car la générosité n'est entière qu'universelle : en pénétrant le coeur des autres, l'homme bon explore son propre cœur.
Faudrait-il régler sa bonté comme on règle sa montre? Ce ne serait plus une bonté mais un calcul. La bonté ne tolère pas d'autre adverbe que trop. C'est bien ce que pensait Orgon, le père de Silvia, l'héroïne du Jeu de l'amour et du hasard : Dans ce monde, il faut être un peu trop bon pour l'être assez." Et qu'on ne prenne pas l'un peu pour une restriction, car c'est un signe de modestie. Lhomme bon est aussi un homme humble.

Faits et dits enfantins (239)

Je demande à Nine (7 ans) et à Lucien (11 ans), séparément, au moment où je les embrasse pour leur dire au revoir, si je sens bon. L'un et l'autre me répondent : "Oui. Tu t'es lavé?"

jeudi 17 novembre 2016

Faits et dits enfantins (238)

Marie (5 ans et demi) adore faire le taureau et qu'on joue à la "taurida"!

Son grand-père, qu'il n'a pas vu depuis six mois, arrive de Nice. Bastien (5 ans) l'attend à l'aéroport avec sa mère. En le voyant, il se tourne vers celle-ci et lance : "Dis-donc, il a plus beaucoup de cheveux à perdre, ton père!"

mercredi 16 novembre 2016

Faits et dits enfantins(237)

Lucien (11 ans), par flemme d'aller chercher un verre dans le placard, boit son eau dans une flûte à champagne qu'il décroche d'au-dessus de l'évier. (1)

Nine (6 ans) dit : "Ma chienne a toujours raison."

(1) J'ai découvert qu'il suivait en cela l'exemple de son père, qui boit l'eau dans des ballons à vin pareillement situés.

mardi 15 novembre 2016

Faits et dits enfantins (236)

Marie (5 ans et demi) dit : "Ma dame, mon monsieur".

Marie (13 ans) a maintenant un ordinateur et 20 jeux électroniques. Bastien (5 ans) n'y joue pas, ou guère, mais passe autant d'heures que sa soeur devant l'écran; ses cris et commentaires laissent deviner son enthousiasme.

lundi 14 novembre 2016

Faits et dits enfantins (235)

Lucien (10 ans) : "Nine, t'es dégueulasse. Tu seras une SDF plus tard dans ton avenir."

Nine (6 ans) : "Est-ce que papa avant était un homme préhistorique?
-- Les hommes préhistoriques, c'était il y a très longtemps.
-- Alors, mamou?
-- Plus longtemps.
-- Alors, Jésus-Christ?
-- Beaucoup plus longtemps.
-- Alors, le père de Jésus-Christ?"

dimanche 13 novembre 2016

Faits et dits enfantins (234)

On écoute un concerto de Mozart. Marie ( 5 ans et demi) fait des voltes, et dit : "C'est bon le violon, pour tourner."

"Bastien! tu as mangé avec les mains sales!
-- Non, c'est pas vrai! j'ai mangé avec les propres!" (5 ans).

samedi 12 novembre 2016

Faits et dits enfantins (233)

Nous sommes quatre à table, Lucien, Nine, Françoise et moi. Lucien (10 ans) dit: "Si on s'amusait à se raconter la plus grosse bêtise qu'on a faite?"
Chacun y va de la sienne et c'est Lu qui se réserve pour le clou final : "Eh bien moi, un jour que je n'avais pas le courage de monter pour pisser - j'avais 8 ans - eh bien, vous savez quoi? J'ai pissé dans la poubelle!"

Nine (6 ans) : "Maman, regarde, j'ai fait une crotte en forme de guitare!"

vendredi 11 novembre 2016

Faits et dits enfantins (232)

Marie (5 ans et demi) : "Il est beau ce dessin, il faudrait l'exploser. [...] Un explosition de dessins, c'est quand il y en a beaucoup partout sur les murs."

Après avoir reçu une petite fessée, Bastien (5 ans) va se cacher pour pleurer un peu et revient en disant: "ça m'a même pas fait mal!
-- Ah bon. Pourtant il m'a semblé avoir entendu pleurer?
-- Et alors! Tu sais pas que quelquefois on pleure de joie?"

jeudi 10 novembre 2016

Mystère

Pour définir le mystère, il faudrait pouvoir le dessiner. Qu'un trait ou qu'un plan en sépare le dehors du dedans; mais le mystère n'a ni chair ni peau. Le mystère n'a pas de corps et il a l'âme que nous lui supposons. Le mystère est au-delà de son dessin  et son dessein est mystérieux - s'il existe. Il n'est pas le jour, il n'est pas la nuit; il n'est pas éclairé et on ignore s'il éclaire. S'il est une forêt, il doit avoir des clairières, mais des clairières de nuit.
Le mystère est cette "chose" impalpable, insaisissable, incompréhensible et inimaginable qui agite pourtant toutes les consciences. Est-il né de l'espoir ou de l'angoisse? Il coule dans nos veines mentales et nous maintient dans cette vie d'ailleurs qui est la vraie vie.
Le mystère transcende l'intelligence, il ne transcende pas la réalité de l'univers.

Faits et dits enfantins (231)

Lucien (10 ans) nous montre des films de famille de l'an dernier. On y voit son petit frère Etienne âgé de quelques semaines, le regard étonné ou inquiet. Lucien dit : "Il a l'air horrifrayé!"

Depuis la naissance de son petit frère, Nine (6 ans) n'est pas aux anges. "Il faudrait avoir deux mamans, dit-elle, une pour le bébé, une pour nous."

mercredi 9 novembre 2016

Faits et dits enfantins (230)

Marie ( 5 ans et demi), étalant ses pièces de monnaie sur la table : "Quand même, moi, j'ai de la valeur!"

Bastien (5 ans) dit : "ça n'existe pas les riches en France!"
Il dit aussi : "Y'a des murs très grands, ça s'appelle des pentecôtes."

mardi 8 novembre 2016

Moi, Daniel Blake (Ken Loach)

   Humilier les pauvres et les décourager, peut-être est-ce la mission cryptique de l'administration? Cioran relève, dans ses Syllogismes de l'amertume, que "la mention des déboires administratifs (The law's delay, the insolence of office") parmi les motifs justifiant le suicide [...] est la chose la plus profonde qu'ait dite Hamlet."
   C'est le sujet principal du dernier très bon film de Ken Loach . Une administration n'a pas d'humanité, un administrateur est une raison sociale, une façade, une engeance creuse. Derrière, le vide ou la thésaurisation sordide d'"un imbécile, un coquin ou un fou" (Goethe).
   Une machine à opprimer, offenser, voire tuer. C'est une "administration" qui ordonna l'étoile jaune.
   La pire est celle qui se prétend au service de la population la plus fragile: le bureau de chômage. On a rarement poussé aussi loin l'hypocrisie: l'être humain y est traité au mieux comme un dossier, au pire comme un chien dont on voudrait faire un mouton. Ken Loach a retrouvé sa colère: il mord la grosse fesse du fonctionnaire sans coeur,  du Curateur national assis sur son gros cul, alors qu'il demande aux humiliés de bouger le leur. L'Etat s'en lave les mains, comme fit l'autre avec Jésus, puisqu'il a délégué l'Aide sociale à des sociétés privées! C'est pourquoi en Angleterre aujourd'hui on peut mourir littéralement de faim.(1)
   Cette dénonciation n'est pas formelle, elle est une des plus incarnées de l'oeuvre du réalisateur:  un vieil homme et une jeune femme sans ressources se rencontrent,  s'entraident, et montrent  aux regards sincères ce que le mot humanité veut dire.

(1)Il y a aujourd'hui tant de scandales couverts ou tolérés, que le scandale lui-même n'est plus scandaleux. C'est pourquoi le héros débouté du film fait un esclandre, car pour faire sentir un scandale il faut parfois faire un esclandre; et ce que le pouvoir épingle, c'est l'esclandre, et ce qu'il étouffe, c'est le scandale. Mais le peuple se saisit de l'esclandre pour nommer le scandale.

Faits et dits enfantins (229)

Avant de se coucher, Lucien (10 ans) n'oublie pas de me demander si j'ai tiré le verrou du grand portail (quand il est chez moi) ou fermé à clé les portes de la rue et du jardin (quand il est chez lui).

Nine (7 ans) qui a encore perdu une dent, ne s'étonne pas que la petite souris lui ait apporté une poupée plus grosse qu'elle. "C'est fort, tu sais, les souris."

lundi 7 novembre 2016

Faits et dits enfantins (228)

Marie (5 ans et demi) : "Si j'avais un petit frère, ça serait quand même mieux que rien?"

Bastien (5 ans) : "Pour acheter l'ordinateur de Marie, vous allez devoir travailler plus. Alors je mangerai à la cantine tous les jours?!" (avril 1991)

dimanche 6 novembre 2016

Faits et dits enfantins (227)

Le chien de Nine (6 ans) et Lucien (10 ans) est un bâtard de griffon et de je-ne-sais-quoi, une boule d'énergie dont on distingue à peine la tête du cul. Un brouillon de chien qui tantôt leur sert de jouet, tantôt de comparse, tantôt de repoussoir.

Ce petit enfant demande : "Pourquoi les raisins secs i'z'ont pas de pépins?"

samedi 5 novembre 2016

Faits et dits enfantins (226)

Marie (5 ans) dit "la barrière de la fourchette" (les dents).

Bastien (5 ans) me demande : "Le pays le plus loin de la France, c'est quoi?
-- Euh... La Nouvelle Zélande?
-- Eh ben, je t'aime jusqu'à la Nouvelle Zélande!"

vendredi 4 novembre 2016

Faits et dits enfantins (225)

Sa grand-mère demande à Lucien (9 ans) s'il a déjà eu  une amoureuse ou un amoureux ; "ça, c'est un secret que j'ai écrit dans mon journal et que lui seul connaît."

Nine (7 ans) me demande : "Est-ce que si t'aimais pas le melon t'en mangerais?
-- Non.
-- Alors j'aime pas le melon, alors j'en mange pas."

jeudi 3 novembre 2016

Horizons (33)

Tout le bizarre de l'homme, et ce qu'il y a en lui de vagabond, et d'égaré, sans doute pourrait-il tenir dans ces deux syllabes: jardin. Jamais, qu'il se pare de diamants ou souffle dans le cuivre, une proposition plus étrange, une plus déroutante idée ne lui était venue que lorsqu'il inventa les jardins. Une image des loisirs se couche dans les gazons, au pied des arbres. on dirait que l'homme s'y retrouve avec son mirage de jets d'eau et de petits graviers dans le paradis légendaire qu'il n'a point oublié entièrement. Jardins, par votre courbe, par votre abandon, par la chute de votre gorge, par la mollesse de vos boucles, vous êtes les femmes de l'esprit, souvent stupides et mauvaises, mais toute ivresse, toute illusion. Dans vos limites de fusains, entre vos cordeaux de buis, l'homme se défait et retourne à un langage de caresses, à une puérilité d'arrosoir. Il est lui-même l'arrosoir au soleil, avec sa chevelure fraîche. Il est le râteau et la pelle. Il est le morceau de caillou. Jardins vous ressemblez à des manchons de loutre, à des mouchoirs de dentelle, à des chocolats aux liqueurs. Parfois vous accrochez vos lèvres aux balcons; les toits vous les couvrez comme des bêtes, et vous miaulez au fond des cours intérieures. J'ai dormi dans vos pirogues : mon bras s'était déroulé, de petites fourmis fuyaient sur la terre. Les fleurs se massaient sur le ciel. Le banc vert regrettait le Nil où sur un sol brûlant s'enfuyaient devant lui de grandes écharpes blanches. J'ai joué sur vos pelouses et mon pied dans vos allées a poussé mon coeur entre le ciel et l'enfer. Devant vos plates-bandes j'ai agité mon mouchoir comme un émigrant à bord. Et déjà le bateau s'éloigne. Aux agrès du jardin les désirs les plus simples, les douceurs du soir sèchent avec ma chemise. Le soleil par testament nous laisse un pot de géranium.
Louis Aragon, Le Paysan de Paris.

Faits et dits enfantins (224)

Marie (5 ans) imite le ronronnement du chat.
"T'entends ma gazeuse?
-- ?
-- Ben oui, ma tondeuse à gazon!"

Bastien (5 ans) ouvre régulièrement un livre (qui traîne dans l'auto) à la page 405, représentant le château de Villeneuve-sur-Lot (in La France des routes tranquilles).

mercredi 2 novembre 2016

Faits et dits enfantins (223)

Lucien (9 ans) sait déjà ce qu'il veut faire plus tard : il sera styliste. il tape d'ailleurs un texte sur internet, qu'il imprime, en écrivant "c'est ma passion" et en annonçant son second modèle, qu'il va dessiner.

Nine (7 ans) : "Gégé, est-ce que tu me trouves intéressante?
-- Oui, Nine, et même très intéressante. Pourquoi? Tu ne te trouves pas intéressante, toi?
-- Si, mais je voulais savoir si toi aussi tu me trouvais intéressante."

mardi 1 novembre 2016

Faits et dits enfantins (222)

Alors qu'elle dit parfois qu'elle voudrait être plus tard "maîtresse" et actrice de théâtre (1) , Marie (5 ans) aujourd'hui pleure à l'évocation de son avenir. "J'ai regardé tous les métiers et aucun me plaît. Je veux pas travailler, je veux pas apprendre un métier, je veux pas apprendre! Quand je saurai lire et écrire, j'irai plus à l'école!"
(1) Elle l'est devenue.

"Bastien, pourquoi tu es tout rouge?
-- Parce que je suis ravi!" (5 ans)

lundi 31 octobre 2016

Faits et dits enfantins (221)

"Quel gâchis, Lucien! On voit que tu n'as pas connu la guerre!
-- Non, j'ai pas connu la guerre, mais on travaille dessus, tu sais!"  (9 ans).


Nine (6 ans et demi) : "J'aime mieux les jeunes mamans que les vieilles mémés qui puent le camembert!"

dimanche 30 octobre 2016

Faits et dits enfantins (220)

Marie au bain (5 ans) : "Quand je souffle l'eau dans le tuyau, on dirait qu'elle est élastique."

Bastien (5 ans) : Attention! Attention! La crépuscule va nous rattraper!
-- C'est quoi "la"  crépuscule?
-- C'est une craie minuscule qui nous poursuit tout le temps!"

jeudi 27 octobre 2016

Faits et dits enfantins (219)

Nine (5 ans) : "Moi, quand je serai grande, je m'amuserai, je danserai, je mangerai des bons trucs...[etc].
-- Eh Nine! la reprend Lucien (9 ans),tu devras aussi travailler, hein!"

Nine (7 ans) dit à Lucien (11 ans) : "Si tu continues à regarder ces émissions débiles, tu vas avoir les yeux en carré!" (1)
(1) De la même forme que le téléviseur?

mercredi 26 octobre 2016

Faits et dits enfantins (218)

Comme on dit je vais, ils vont, Marie (5 ans) dit je sais , ils sont (pour ils savent). Elle dit aussi  les tenticules de la pieuvre.

Bastien (5 ans) dit: "Quand les âmes vont au ciel, elles gardent leurs mains.
-- Ah bon! Pourquoi?
-- pour pouvoir toucher le père Noël."

mardi 25 octobre 2016

Faits et dits enfantins (217)

Lucien (9 ans) me dit : "C'est vrai que t'étais beau quand t'étais jeune?
-- pourquoi, Tu trouves qu'aujourd'hui je suis moche?
-- Non, mais t'es vieux...
-- Donc je suis moche.
-- Oui, mais tu n'es pas le plus moche."

Nine (7 ans) joue à la restauratrice : "Alors, vous avez les épluchures de pommes de terre de crème ou le chat poissonné de carottes..."


lundi 24 octobre 2016

Faits et dits enfantins (216)

Marie (5 ans) : "Je suis contente d'être moi".

Bastien veut participer à un concours de dessin organisé par son magazine Youpi. Il envoie un dessin à son nom : Bastien Lecomte, en indiquant son âge : 5 ans. Puis, pour avoir une deuxième chance, il triche : il envoie un second dessin au nom de Bastien Leconte, 6 ans.

dimanche 23 octobre 2016

Faits et dits enfantins (215)

Lucien (8 ans) me dit : "Il est gros ton zizi. A quoi ça sert que les hommes aient un gros zizi?"

Lucien (11 ans) dit à Nine (7 ans) : "Nine, t'es dégueulasse. Tu seras une SDF plus tard dans ton avenir."

samedi 22 octobre 2016

Faits et dits enfantins (214)

Marie (5 ans) ne dit plus "fermure éclair" mais dit "mordure" et "syndicative" ( syndicat d'initiative).

Bastien (5 ans) me dit : "Moi je connais une île où y'a pas d'eau.
-- Ah oui? Quelle île?
-- L'île de France."

vendredi 21 octobre 2016

Faits et dits enfantins (213)

Chaque matin, toujours le premier levé, Lucien (8 ans) vient me réveiller.Comme je dors nu, je sors nu de mon lit, et nu je descends l'escalier. En bas Lulu me dit : "Tu ressembles à Adam!"

Nine (7 ans) dit : "Je suis une ado, je fais des tags partout.Ya! ya! [veut dire : "Yo! yo!"]"

jeudi 20 octobre 2016

Faits et dits enfantins (212)

Marie (5 ans) : "Papa, à ton dernier, dernier anniversaire, est-ce que tu sauras souffler toutes, toutes les bougies?"

Bastien (5 ans), qui sait casser les oeufs depuis qu'il a 4 ans, me dit : " Le mercredi à la maison, quand t'es pas là, c'est moi qui fais tout!"

mercredi 19 octobre 2016

Faits et dits enfantins (211)

Lucien (8 ans) regarde la télé et, tout à coup, vient vers moi pour me demander: "C'est quoi une veuve?"

Marie : "Nine, tu veux bien me mettre un peu de confiture [sur ma crêpe], et la mettre avec amour"..
Lucien :"...et tu veux bien nous montrer ton p'tit cul!"

mardi 18 octobre 2016

Faits et dits enfantins (210)

"Toi, tu ne peux plus grandir, me dit Marie (5 ans), alors tu n'as plus d'anniversaires."

Bastien (5 ans) a la grippe. Livide et grelottant dans un fauteuil, il dit : "Moi, quand j'ai froid, je claque pas des dents, je claque des genoux!"

lundi 17 octobre 2016

Il ne dansera qu'avec elle ( De Facto)

   C'est le titre (ironique?) du dernier spectacle de Thomas Depryck (écriture),  Antoine Laubin (mise en scène) et des douze acteurs - bâtisseurs de la pièce(1). Il ne dansera qu'avec elle ou avec d'autres, parce que le sujet de l'objet n'est pas la fidélité mais l'amour. Or on sait, comme disait Machin, que l'amour est un anarchiste tchécoslovaque (enfant de Bohème, qui n'a jamais connu de loi). "Love is a lawless land".
   On peut retourner la question dans tous les sens, partir vers tous les horizons, explorer tous les temps, voire régresser jusqu'au singe, on n'aboutira à aucune conclusion qui tienne sur ses quatre pattes ou ses dix commandements. Parlez-nous plutôt des neuf  Muses.
   Alors, que nous révèle cette pièce? Si j'étais un critique pressé ou malveillant, je dirais: rien. C'est une salade russe. Ou bien: c'est un spectacle éclaté, avec feux d'artifice et pétards mouillés. Mais je ne suis qu'un spectateur privé. Et, pour moi, seul compte le plaisir. Et j'en ai eu. Pas toujours, mais souvent. Je me suis d'ailleurs demandé s'il était possible d'apporter quelque nouveauté que ce soit à ce débat - plus vieux que l'humanité - sur la nature de l'amour et du sexe. Tout ayant été dit et redit, la seule possibilité de chatouiller l'hypothalamus est le recours à la vis comica  et, surtout, au rythme. Une scène particulièrement réussie du spectacle obéit à ces deux impératifs: l'histoire du porno. Une scène qui saute et qui danse, qui ne privilégie ni le texte ni le jeu mais les combine admirablement parce qu'elle unit le signe et le sens, la chair et l'esprit; le rythme est dans le temps ce que le dessin est dans l'espace: une forme. Et tout art est dans sa forme, tout langage jaillit d'un balancement rythmé de syllabes. Une autre scène nous met en joie: celle du zoologue-anthropologue qui nous parle de nos cousins les bonobos. Nietzsche disait que les singes sont de nature trop débonnaire pour que l'on puisse descendre d'eux. c'est vrai surtout des bonobos. Nous serions plutôt des chimpanzés. Ou alors certains d'entre nous seraient chimpanzés ( patriarcaux, politiques, violents) et d'autres bonobos (matriarcaux, sociaux, pacifiques). Alors, comment s'entendre? Comment le "grand singe bipolaire" (Franz de Waal, primatologue) que nous sommes pourrait-il faire la paix avec lui-même?
   La scène la moins réussie (à mes yeux et mes oreilles) vient vers la fin de la seconde partie, quand les douze acteurs posent 3 questions à leur  voisin et y répondent. Conjectural et hasardeux, vu qu'on peut répondre n'importe quoi.
  J'aime aussi les monologues: leur sincérité ne dément pas leur art, la vie y palpite.
   Tous les rabotages de l'amour et du sexe ont été évoqués dans ce spectacle, tous les champs labourés, ensemencés, toutes les récoltes faites, et, pourtant, je reste sur ma faim et ma soif. Est-ce à dire qu'elles sont inextinguibles? Un seul point aveugle: quid de la connaissance par l'amour et de l'amour par la connaissance? Abstrait? Non: supérieurement humain. Qu'est-ce qu'un amour qui ne serait pas à la fois désir de connaissance et espoir de salut? Qu'ai-je besoin de l'autre sinon de son mystère?
  Et la mort? La mort n'est pas seulement au bout. Une vie sans caresses ni baisers est une vie criminelle. C'est la mort qui se glisse et s'installe dans toutes les failles de l'amour. Et si la mort emporte l'être qu'on aime, elle ne peut emporter la demeure de l'amour.
   Que faut-il seulement pour aimer la vie qui passe, chaque jour qui naît et qui va mourir? Des rapports nouveaux ou des chants anciens. Quand l'un et l'autre sont réunis, quand l'amour et l'intelligence vagabondent ensemble, c'est alors que nous étreint la vraie beauté.

(1)  Les 12 apôtres du spectacle: Angèle Baux, Caroline Berliner, Coraline Clément, Aurore Fattier, Denis Laujol, Yasmine Laassal, Marie Lecomte, Brice Mariaule, Jérôme Nayer, Hervé Piron, Renaud Van Camp, Pierre Verplancken.
 

Faits et dits enfantins (209)

Lucien (8 ans) : "Est-ce que vous savez ce que c'est un paysage urbain?
-- Un paysage de la ville.
-- Et un paysage rural?
-- Un paysage de la campagne.
-- C'est drôle, non? Rural ça veut dire rue..."

Nine(7 ans) : "Je vais péter un cadre!"

mardi 11 octobre 2016

Faits et dits enfantins (208)

Marie (5 ans) : "Est-ce que quand je serai grande je ressemblerai à quand j'étais petite?"

Bastien (5 ans) me dit, comme à chaque fois que nous sortons en auto le soir : "J'aime bien la nuit, on voit plein de lumières, on les voit jusqu'en Angleterre!
-- Hum! Mais sûrement pas jusqu'en Amérique.
-- Si. Moi j'ai un oeil magique qui peut voir jusqu'en Amérique!"

lundi 10 octobre 2016

Faits et dits enfantins (207)

Lucien (8 ans) me dit : "Gégé, parfois on dirait que t'es un enfant!" grande perspicacité ou petit hasard?

Nine (7 ans), à sa mère : "Moi, je veux trois enfants, comme toi. J'espère que j'aurai au moins une fille. Bon, si c'est des garçons, je les aimerai quand même..."

dimanche 9 octobre 2016

Faits et dits enfantins (206)

Marie (5 ans) : "Après avoir regardé le feu d'artifice, j'ai fermé les yeux, et alors je voyais encore le feu d'artifice qui sortait de mes yeux!"

Depuis quelques jours qu'il a vu Bugs Bunny, Bastien (5 ans) répète et remâche comme une friandise :"Quoi d'neuf, docteur?"

samedi 8 octobre 2016

Faits et dits enfantins (205)

Lucien (8 ans) me dit :"T'as pas le même zizi que papa. Au bout, le sien est recouvert (je suis circoncis)."

Marie et Hervé s'enlacent. Nine (7 ans) dit :"Vous allez faire l'amour, mais c'est pas comme ça. Vous devez vous mettre tout nus dans un lit, vous dire des choses gentilles comme mon pitou, ma crevette (1), mon amour."

(1) expressions québécoises.

vendredi 7 octobre 2016

Faits et dits enfantins (204)

Marie (5 ans) dit "caca-cola"; que, pour son anniversaire, son cousin a eu une montre à "square"; que sa bouée, qu'elle lance, est une "coupe volante". Regardant des photos avec sa mère, elle appuie du doigt où celle-ci figure et lui demande si ça fait mal!

Bastien (5 ans) dit : "Mille neuf cent quatre-vingt-onze et dix-neuf cent quatre-vingt-onze, c'est pareil, mais dix-neuf cent c'est plus vieux que mille neuf cent."

jeudi 6 octobre 2016

Chez nous (Home), de Marilynne Robinson

C'est un roman d'une sérénité douloureuse, un nocturne aux derniers accords sublimes.
Dans certaines familles naît parfois un enfant "étranger", un accident de la chaîne vivante des générations, un être hors modèle, tombé du moule, et ne portant pas visiblement l'empreinte des siens.
Sont-ils alors les siens? Il les aime, ils ne sont pas des monstres. Ils l'aiment aussi à leur manière chrétienne. Mais ce qui les lie n'est pas pour lui implicite. "Parfois on dirait que je suis dans un univers et vous dans un autre, dit Jack". (Babel, p.367)
La différence subie est ici comme une tache de vin ou un incendie qui couve longtemps avant de ravager la conscience entière. Reste, à la fin, "une résignation totale, comme si la vieille incandescence l'avait brûlé juste avant de s'éteindre. (p.386)
Bien qu'il revienne au foyer après 20 ans pour y retrouver son vieux père et sa plus jeune soeur - elle-même meurtrie sentimentalement - Jack n'est pas un enfant prodigue, car il ne peut s'empêcher de repartir, pour toujours. Mais est-il pour autant un mouton noir, ce mal actif qu'on reproche aux enfants du diable? Jack est la première victime de son étrangeté. Il avance sans progresser, prisonnier d'une forêt si obscure qu'elle le paralyse. Certes il n'est pas aliéné aux bonnes manières et au sens commun, mais quelles souffrances dans la dépossession de soi-même!
Va-t-il finalement se perdre ou se trouver? Se trouver dans la rencontre d'un amour à son image, d'un amour d'une chaleur et d'une couleur différentes, d'un amour capable de le contenir, puisqu'il contient toutes les douleurs du monde...

Horizons (32)

 Heureux, cent fois heureux [...] Monsieur Baliveau (1), capitoul de Toulouse! C'est Monsieur Baliveau qui boit bien, qui mange bien, qui digère bien, qui dort bien. C'est lui qui prend son café le matin; qui fait la police au marché, qui pérore dans sa petite famille, qui arrondit sa fortune, qui prêche à ses enfants la fortune, qui vend à temps son avoine et son blé, qui garde dans son cellier ses vins, jusqu'à ce que la gelée des vignes en ait amené la cherté, qui sait placer sûrement ses fonds, qui se vante de n'avoir jamais été enveloppé dans aucune faillite, qui vit ignoré et pour qui le bonheur inutilement envié d'Horace, le bonheur de mourir ignoré fut fait. Monsieur Baliveau est un homme fait pour son bonheur et pour le malheur des autres, son neveu, Monsieur de l'Empyrée, tout au contraire. On veut être Monsieur de l'Empyrée à 20 ans et Monsieur Baliveau à 50.
 Diderot, Promenades Vernet.
(1) Note de P. Chartier, page 59 (éd. Garnier) : "Par opposition aux divers "fous" qui hantent la société, Monsieur Baliveau représente une sagesse étroite, terre à terre, "réaliste" mais souvent ridicule. Personnage de la Métromanie d'Alexis Piron (1738), Monsieur Baliveau ( dont le nom signifie "perche de bois") est capitoul (conseiller municipal) de Toulouse, intermédiaire entre les figures de Chrysale, "bon bourgeois" de Molière, et de Monsieur Prudhomme au siècle suivant : un père de famille honnête mais borné, pusillanime, incapable du moindre sublime."

Faits et dits enfantins (203)

Lucien (8 ans) me tanne depuis longtemps pour qu'on lui monte une tente dans le jardin, sous laquelle, prétend-il, il dormira. Comme nous n'avons pas de petite tente, c'est la grande tente de Bastien, son oncle, avec pièce commune, auvent, deux chambres, qui est laborieusement dressée. Le soir venu, Lucien s'y couche et s'y endort assez vite. Françoise, très inquiète, veut que je le réveille pour le ramener dans sa chambre. Mais il a le sommeil profond. A minuit heureusement, il surgit, au seuil de notre chambre, le doudou à la main, et regagne sans un mot son lit douillet.

Nine (7 ans) à sa mère : "Bien joué, meuf!"

mercredi 5 octobre 2016

Faits et dits enfantins (202)

Marie (5 ans) : "Moi, je suis amoureuse de la musique!"

Bastien (5 ans) s'éveille ce matin en disant : "J'ai pas fermé l'oeil de la nuit!"

mardi 4 octobre 2016

Faits et dits enfantins (201)

Lucien (8 ans) m'accompagne au supermarché à condition que je lui achète un livre. On cherche, on s'impatiente. Tout à coup, il décide qu'il va lire un Harry Potter et les reliques de la mort : 880 pages! "Et 31 lignes par page", ajoute Lucien. Il commence sa lecture dans l'auto.

Nine (7 ans): "T'es un pédé, Lucien!
-- Nine, c'est une insulte.
-- Ah bon!
-- Oui. "T'es un pédé" ça veut dire "t'aimes les garçons", et c'est pas bien.
-- ben, moi j'aime les garçons! Bon, alors je dirai : "bébé".

dimanche 25 septembre 2016

Faits et dits enfantins (200)

Aujourd'hui j'ai les yeux "pochés". Marie (5 ans) me dit : "Malgré ta laideur, je t'aime." Juste avant, elle m'avait demandé : "Est-ce que, si tu étais moi, tu serais heureux?
-- Oui, pourquoi? Tu es heureuse?
-- Oui, regarde, et même je danse!"

Bastien (5 ans) dit : "Hein que chiottes c'est du Midi ?"
"Hein qu'en fait l'Angleterre c'est l'Amérique?"
"Hein que le lait ça fait grandir parce que ça monte dans la tête?"

samedi 24 septembre 2016

Faits et dits enfantins (199)

Lucien (8 ans) dit "pleurier" pour saule pleureur.

Nine (7 ans) , qui a deux frères (11 ans et un an) , se sent parfois en minorité, voire en incongruité. Elle dit un jour à sa mère : "Je suis sûre que tu aurais préféré avoir 3 garçons!"

vendredi 23 septembre 2016

Horizons (31)

...Peut-être, pour qu'un livre soit bien un livre et qu'il se transforme en rêve, peut-être faut-il qu'il y ait, comme en ce temps-là à Nuoro et dans toutes les bourgades, un menuisier, le maître du bois [...], lequel, les jours d'été, sur les deux heures de l'après-midi, délaissant sa scie et son rabot, attrapait son cornet, et ses roulades envahissaient les venelles en feu, pénétraient dans les maisons, toute la vie suspendue à ces notes. Les chiens eux-mêmes, étendus comme des cadavres le long de la courte marge d'ombre des maisons, remuaient leurs queues.
Pepino et Sebastiano, dans leur petite chambre à l'air raréfié, lisaient pour la même raison qui faisait que Zerominu jouait de son cornet, c'est-à-dire sans la moindre raison, tout bonnement parce que les gens avaient un pertuis minuscule par où le mystère les pénétrait.
Salvatore Satta, Le jour du jugement.

Faits et dits enfantins (198)

Marie (5 ans) , avant que nous prenions le train : "On aura du mal à trouver des places ou bien du bien?"

Bastien (5 ans) : "Moi je réfléchis toujours avant de dire."

jeudi 22 septembre 2016

Faits et dits enfantins (197)

Lucien (8 ans) lit en voiture. Il me demande : "C'est quoi une machinerie?"

Nine (7 ans) dit : "Maintenant, je n'insulte plus en disant "purée d'épinards!" Je dis "fleur de myrtille!"

mercredi 21 septembre 2016

Faits et dits enfantins (196)

Marie (5 ans) : "Quand je me mouche, après j'entends mieux).

Bastien (5 ans) lit et écrit facilement, compte pratiquement à l'infini, fait de petites soustractions ou multiplications; épelle  des mots "difficiles", comme "pharmacie", "anniversaire",etc. Il se fabrique un magazine TV en recopiant jour par jour des émissions annoncées dans Télérama.

mardi 20 septembre 2016

Faits et dits enfantins (195)

Pour Halloween, Lucien (7 ans) s'est déguisé en femme : perruque, lunettes de "star", rouge à lèvres, hauts talons et vêture ad hoc. Il va, vient, roule les hanches... près de deux heures durant. Puis il se lasse, enlève son accoutrement et s'écrie : "Enfin! je vais pouvoir redevenir un être humain!"

Nine (7 ans) : "Gégé, est-ce que tu saurais porter un tronc?
-- Un pas trop lourd, oui.
-- Deux troncs?
-- ?
-- Trois troncs?
-- ?
-- Quatre troncs? Cinq troncs? Six troncs?
-- Ah oui! citron, je pourrais.
-- Ah Ah."

lundi 19 septembre 2016

Faits t dits enfantins (194)

Marie (5 ans) : "Pour attraper les poissons plus vite, on met un grand grillage sous la mer."

Bastien (5 ans), à qui je dis : "Quand les bandits te tirent dessus, il faut courir en zigzag", me répond : "Et quand ils tirent en zigzag, je cours tout droit!"

dimanche 18 septembre 2016

Faits et dits enfantins (193)

Lucien a presque 7 ans, et il me réplique : "Je hurle, tu dis, mais quand je crie très fort, c'est pour me remonter le moral!"

Annie (la "commère" de Françoise - l'autre grand-mère de Nine) cherche une petite balle, qui n'est pas indispensable sur le moment. Françoise le lui dit, car elle veut hâter le coucher de Nine. Celle-ci, d'un ton étale : " Mémé, tu parles comme la mère de Nanie..." ( 6 ans).

jeudi 15 septembre 2016

Faits et dits enfantins (192)

Marie ( 5 ans) : "Qui c'est le premier homme? I' n'avait pas de maman? Comment il est né?"

Bastien (5 ans) dit : "J'aime bien les blagues dans les mots, mais pas en vrai."

mercredi 14 septembre 2016

Faits et dits enfantins (191)

"Lucien, comment appelle-t-on un monsieur qui ne voit que d'un oeil? Qui ne montre qu'un oeil et qui cache l'autre?
-- Un pirate!" (6 ans et demi).

Lucien : "Nine, tu m'énerves. Je vais te tuer avec mon revolver.
-- Non, aujourd'hui on n'a pas le droit de tuer. C'était du temps de mamou qu'on pouvait tuer les gens avec des revolvers.
-- Pourquoi?
-- Parce que c'était la guerre." ( 6 ans et demi).

mardi 13 septembre 2016

Saines taxes et mulasseries (19)

En bon français on ne dit pas "au motif que", "au motif de ","au prétexte que", "au prétexte de"
 mais sous le motif ou sous le prétexte que ceci ou de cela.
Au passage "sous un faux prétexte" est un pléonasme, influencé par l'expression américaine "false pretence".

Faits et dits enfantins (190)

Marie (5 ans ) est inquiète à la pensée qu'elle devra un jour aller à "la grande école". Sans cesse elle me demande ce qu'on y fait, ce qu'elle y fera. Elle fait mine de préparer son cartable, en me répétant bien qu' "heureusement , c'est en faux, hein, papa! c'est pas en vrai, hein!" Elle finit par me demander si à la grande école, "il y a des jours de reposation. "

Bastien (5 ans) dit : "Ce serait bien si les microbes mangeaient les caries, et après s'en allaient. Y'aurait pas de dentifrice, pas de brosses à dents!"

lundi 12 septembre 2016

Horizons (30)

Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous. Ne vient de nous-mêmes que ce que nous tirons de l'obscurité qui est en nous et que ne connaissent pas les autres. Et comme l'art recompose exactement la vie, autour de ces vérités qu'on a atteintes en soi-même flotte une atmosphère de poésie, la douceur d'un mystère qui n'est que la pénombre que nous avons traversée.
Proust, Le Temps retrouvé.

Saines taxes et mulasseries (18)

Amener n'est pas apporter. "Amener" c'est conduire : on amène quelqu'un, à pied ou non,on amène une grue près d'un cargo, etc. "Apporter", c'est porter : on apporte un cadeau, un livre, une bouteille, le dessert, etc.

Faits et dits enfantins (189)

A 6 ans Lucien est entré à la grande école. La sienne dispense des cours de religion ( le choix de la religion est à la discrétion des parents; ses parents ont choisi cette année le catholicisme). Très content d'avoir pu colorier un Jésus qui lui tend la main, Lu dit en rentrant chez lui : "Regardez, je suis avec Jésus, c'est moi qui l'ai fait." Puis : "En vrai, Jésus n'existe pas, je l'sais; mais si Dieu existe, c'est grave?"

Je demande à Nine (6 ans et demi) :"Nine, quelle est pour toi la plus belle chose au monde?
-- Euh... un hippocampe!
-- Et la plus moche?
-- Un chien plein de bave et plein de caca!"

dimanche 11 septembre 2016

Emmanuel Bove

Comment définir le héros bovien? Poirot-Delpech le traitait de "parasite velléitaire", c'est-à-dire de ver solitaire aboulique du ventre social.
J'ai éprouvé un plaisir masochiste à lire autrefois Mes amis, qui décrivait un monde dont l'auteur aurait effacé les couleurs. Bove y fait le compte-rendu méticuleux d'une existence recluse et sordide. Ce qui bloque notre compassion, c'est la précision naïve et prudente qu'apporte le narrateur à dépeindre son retrait : elle est toute soumise au préjugé social. Bâton Victor ( comme il se nomme, en humiliant sa propre identité) , une sorte de sous-Salavin, est obsédé par l'impossible rencontre d'une amitié ou d'un amour, obsédé aussi par la peur de cette rencontre et des bouleversements qu'elle provoquerait dans sa vie misérable. Un cloporte qui se contentera de rêver la métamorphose. Jean Cassou, qui a connu l'auteur au cours des années 20, écrit dans sa préface : "Tous ces minutieux détails de la misère ne font pas pitié mais horreur. A moins que la pitié ne soit au bout du compte, un sentiment horrible."( poche, p.8). C'est aussi que nous refusons de reconnaître en nous la moindre ébauche de reflet de cette réalité pitoyable.
J'ai lu plus tard Bécon - les - Bruyères. C'est moins noir, et même d'un gris volontairement assez clair, comme si Bove, hésitant lui-même à historier sa nouvelle, laissait ce soin à son lecteur, lui suggérant presque d'apporter sa boîte à coloriage.
Aujourd'hui, je viens de lire Journal écrit en hiver, et le titre dit tout. On y retrouve le héros bovien tel qu'en lui-même son éternel errement le change : un neurasthénique réticent, un perdant complaisant et plaintif. Il ne comprend pas son malheur et peine à jouir de son bonheur. Pusillanime colérique, inhibé brutal, un empêché furieux, à cran, à vif : "Ce qui me terrifie, c'est que je suis tout le temps malheureux et que tout le temps j'agis en homme heureux. Je ne prends jamais un bonheur entièrement. Mes joies, je les méprise au fond de moi-même. Il est vrai qu'à présent que j'ai un peu plus d'âge je commence à les prendre telles qu'elles sont sans trop penser qu'elles ne sont pas des joies. Mais pourtant une voix s'élève en moi qui, à chaque pas, à chaque événement me dit que ce pas et cet événement ne sont dus qu'aux circonstances. Malgré tout l'amour que j'ai pour Madeleine, elle n'est que la femme que j'ai rencontrée, alors que celle que j'aime je ne peux pas la rencontrer, car il est impossible qu'au milieu du monde je la trouve, parce qu'elle n'est peut-être pas née ou qu'elle est morte depuis des siècles. Derrière tous mes actes, toutes mes passions, il y a ce sentiment que je suis placé au centre d'un monde qui n'est rien et que tout ce qui m'arrive n'est qu'une misérable caricature des événements que j'aurais dû vivre." (éd. Sillage, p.44)
Le héros bovien souffre d'insatisfaction aiguë ou morbide, d'une impuissance à se réaliser. Il ne s'accomplit pas parce que ce serait s'accepter. Son désespoir est sans issue car son absence existentielle n'est que la projection d'une absence essentielle. Il sent que son unique vie n'est pas le brouillon d'une autre : Il est incapable de la mieux écrire, et il ne le supporte pas.
Avec La Confession de minuit, de Duhamel, le romanesque s'abîmait doucement; avec Bove, il sombre corps et biens.

Faits et dits enfantins (188)

Marie (5 ans) , me montrant le coq métallique dentelé, qui gire en haut du clocher : "Oh! regarde, papa , la silhouette!"

Bastien (5 ans) :"hein, c'est vrai qu'on fête les anniversaires des vieux qui sont morts...?"

samedi 10 septembre 2016

Douceur

J'aime l'expression "à petit patapon" , que Proust prête à Françoise dans La Recherche, et qui signifie "tout doucement". J'aime de même le mot "alcalin", qui contient la chaleur de l'alcool et la caresse du câlin; la chaleur et non la brûlure, la douceur contre la douleur. "Alcalin" sonne comme un mot arabe, et semble sortir des Mille et Une Nuits. C'est la large base assise fuyant l'acidité de la pointe.
J'aime ce vers de Garcia Lorca : "Dans mes yeux buvaient les douces vaches du ciel."
Les durs sont des faibles rebutés, seuls les doux sont forts, ils ont la force des pierres au coeur tendre.
La douceur des rapports évase le coeur des humains, la dureté le resserre et le racornit. Les ondes du bien ciculent à l'infini, les ondes du mal sont concentriques.
Le coït est le plongeoir des jeunes corps, la coïtion est le promenoir des vieux amants.
Lorca disait aussi : "Si l'air souffle doucement / Mon coeur a la forme d'une petite fille."
Et Baudrillard, dans Cool Memories : "Qu'il serait doux de voir le soleil de profil."

Dicodrome (19)

Dictambule (n) - Chef. Celui qui passe commande de ses désirs et de ses ordres en marchant, mangeant, se rasant, évacuant. Exequatur.

Clichetonteux ( n. ou adj.) - Stéréotype turpide et redondant.

Etymaginaire (19)

Récalcitrant - Personnage très osseux et astringent, rétif aux injonctions. (Sur le registre des mots pittoresques, récalcitrant parle physiquement, même si on ignore son étymologie [calx, calcis(1) donne calcitrare (2), qui donne recalcitrare (3)] . Le heurt de ses syllabes évoque une action désordonnée. De plus, avec "récal", "calci" et "citrant", on peut lui composer d'autres significations, ou une autre signification combinée (et fantaisiste). Par exemple :
Récalcitrant (nom) - Laissé pour compte et tête brûlée, un peu palmé sur les bordures (quoique herculéen (4), écorché, acide, incontrôlable et difficile à appréhender.
Récalcitrant (adj.) - Reconstituant du squelette à capacité hyménoplastifiante (5). Exemple : "Une érection récalcitrante."
(1) Talon (2) Repousser du talon,, ruer, regimber. (3) "Re" est un préfixe à valeur intensive. (4) Alcide, chez les Grecs. (5) En argot, "Se refaire un pucelage au citron" signifie se faire refaire artificiellement un hymen .

Saines taxes et mulasseries (17)

On ne dit pas "l'image qu'il s'est construit" mais " l'image qu'il s'est construite". Qu'est-ce qui a été construit? L'image, un mot féminin.

Faits et dits enfantins (187)

A six ans Lucien sait enfin se balancer tout seul.  "Et je sais aussi faire cuire les oeufs à la coque!" S'écrie-t-il, tout heureux. Et, après un moment : "Mais je ne sais pas encore faire les bébés..."

Je demande à Nine (6 ans et demi) :"Tu ne vas pas te marier avec moi plus tard?
-- T'es trop vieux et t'as déjà une femme!"

vendredi 9 septembre 2016

Sieranevada (Cristi Puiu)

Giono disait que les existentialistes croyaient que la tour Eiffel était pointue parce qu'ils l'avaient sucée. Cristi Puiu veut nous faire "sucer" Sieranevada jusqu'à l'exaspération et l'étouffement, pour bien nous faire sentir à quel point son pays s'est déshumanisé et est devenu invivable. La veulerie des temps sombres (le spectre de la Securitate) a précipité la déréliction.
Il y a deux grands modes d'expression en art : le mode classique de la suggestion et de la litote, et le mode mimétique qui bourre l'oeuvre de tous les soupirs, les hoquets, les répétitions de la vie quotidienne, jusqu'à l'écoeurement. Ce mode mimétique ou "phénoménologique"(1) n'épargne rien au spectateur. Foin de toute catharsis, il faut faire physiquement ressentir la douleur, l'ennui et l'abomination de ce qu'on dénonce.. Ce type d'artiste ne fait pas confiance à la pensée, à l'intelligence du récepteur.
Il y a une forme d'évangélisme de la véritable approche phénoménologique ( voir Gabriel Marcel). Chez Puiu, qui n'a pas fait un mauvais film, il y a un manque de foi en l'empathie réelle du spectateur.
Bouillon familial indigeste, son film nous remplit l'estomac jusqu'à la gorge des rancoeurs avivées par la destruction du tissu social en Roumanie. On ne va pas au cinéma pour s'empiffrer de problèmes, mais pour réfléchir à la condition humaine.
L'approche mimétique non seulement nous ennuie, mais elle ne sort pas de la tautologie. Le véritable réalisme n'est pas dans la description mais dans la forme offerte à l'interprétation.
Le "réalisme" est un abaissement, une révérence aux apparences du réel et un renoncement à une vérité invisible.
Une telle résignation procède d'une sous-estimation de la réalité. Ce qu'on peut "jouer" n'est pas si terrible. Mais le "réaliste" ne fait illusion que tant que le réel est "supportable" ( peut figurer sur un support) ou codifiable, mais un film "réaliste" sur la Shoah est inimaginable ( à moins de faire du snuff movie)... A cause de la présence vivante des corps ( ou de la présence des corps vivants) . Il est impossible de filmer la souffrance infinie, donc il est impossible de filmer la souffrance, donc il est impossible de filmer... tout court, sauf si filmer n'est pas décrire mais donner à voir, à sentir, à penser. La réalité est inimitable. L'art perd son temps à vouloir rivaliser avec elle. Son domaine à lui, c'est la vérité.
(1) Epithète abusive, car la véritable phénoménologie fait appel à des sentiments et des expériences communes, sans pour autant les réifier.

Faits et dits enfantins (186)

Marie (5 ans) promène son doigt de ma moustache à ma barbe, en disant : "Ici, c'est la rivière, et elle descend dans la mer."

Bastien  (5 ans) dit :" Moi, pour réfléchir, faut que je ferme les yeux."

jeudi 8 septembre 2016

Faits et dits enfantins (185)

"Quand on est mort, c'est pour combien de dodos?" Mot cité par le réalisateur Sylvain Bouttet.

"J'aime mieux Nono que toi, me dit Lucien (6 ans).
--Ah bon? Pourquoi?
-- Parce qu'avec lui je regarde la télé le soir."

Nine (6 ans) s'allonge, bras et jambes écartées et dit, au bout d'un moment : "J'en ai marre de rester là comme une étoile de mer!
-- Pourquoi tu t'es mise comme ça?
-- Parce que je m'ennuie."


mercredi 7 septembre 2016

Saines taxes et mulasseries (16)

Faut-il redire qu'accaparer ne se conjugue pas à la forme pronominale? "Il a accaparé la conversation" et non "il s'est accaparé la conversation".

Faits et dits enfantins (184)

Marie ( 5 ans) dit que mon métier "c'est documentilaste".

Bastien ( 5 ans) dit :"Si on veut gagner, i' faut attaquer par derrière!"

mardi 6 septembre 2016

Dicodrome 18)

Rivanités (n.f.p.) - Prises de becs sucrés sur la vogue à deux berges des conflits de canards réclamiers.

Ubuquité - Omniprésence hallucinante et caricaturale du mal où s'incarnent à l'infini la lâcheté, la bêtise et la sauvagerie.

Etymaginaire (18)

Soprane, ténor et baryton - Trio baroque constitué d'un ver colérique et criard dont les éclats rivalisent avec les roulements caverneux d'une barrique proboscidienne à propos d'une flûte glapissante dont ils prétendent jouer l'un et l'autre.

Annie Ernaux - Sa malchance est double : elle pâtit d'un nom fait, à la fois d'une récurrence phonique dégurgitatoire, et d'une combinaison syllabique propice au contrepet : anneau/hernie, hernie/anneau.

Almodovar

Il y a chez lui à boire (corsé) et à manger (gras). Passons vite sur La loi du désir ( le désir en question n'est que masculo-masculin et la loi n'est que la liberté du tringlodrome dans une société fraîchement libérée du franquisme) : Douglas Sirk faisait des mélos flamboyants, Almodovar faits des mélos faseyants ( son mouchoir, il ne le met pas dans sa poche, mais sur sa "hampe"!) , il fait vermiller tous les artifices du désir et palpiter les leurres de l'amour, jusqu'à la simulation d'un finale extatique. Pour aimer ça, il faut y croire avant de le voir. C'est un film "pétition de principe". (1)
Heureusement, ce genre d'exaltation creuse n'est pas la veine principale du réalisateur. Appelons ça son  petit défaut. Je n'ai pas revu Tout sur ma mère mais en ai gardé un assez bon souvenir ( j'ai aimé surtout ce qui précédait la mort du fils).
Etreintes brisées nous intéresse à une histoire presque incroyable, en mettant la pédale douce sur le baroque et le mélo. Les personnages sont bons. Le film a le charme (mystère) et le charisme(fascination) de son héros aveugle, et aussi le charisme filial de son jeune ami.
Mais le meilleur, c'est Volver. (2) Escamotée dans les mélos "movida mierda", l'humanité se débonde ici. Elle était réelle mais frugale chez les hommes d'Etreinte brisées, dans Volver elle a l'épaisseur féminine de l'amour, l'amour filial et familial de Sole ( humble, douce et généreuse Lola Dueñas) , l'amour déchiré - qu'il faut recoudre - de la mère (Carmen Maura, universelle) et enfin l'amour foudroyé de Raimunda (Penelope Cruz, aussi syncrétique ici - charnelle et fragile, fille et mère - qu'une Sophia Loren ou une Magnani ) dont la réparation est le sujet, l'objet, le but et la finalité du film. Un film de femmes (3) , certes, amputé de la gangrène masculine. Vision partielle et partiale, mais parler d'humanité féminine est presque redondant. Croyons, le temps d'un film, que le monde humain des femmes est contagieux, qu'il aimante le monde (moins humain?) des hommes, et qu'après tout, comme l'écrivait John Donne, "Dieu a fait toute l'humanité d'un seul sang."

(1) Je n'avais pas non plus aimé le kitschissime Talons aiguilles, censé nous faire pleurer sur le destin de trois ou quatre personnages dont on n'a franchement rien à foutre! Quant à ses derniers films, l'un est le plus braque : "Les Amants passagers , histoire d'un vol circulaire, est comme une suspension des choses sérieuses. C'est une ronde non pas déjantée mais hors des jantes, sur les essieux! Bref, un spectacle pur. A l'autre, La Male educacion, parfaitement photographié, chorégraphié, dialogué, découpé, etc. il manque l'impalpable épaisseur du mystère. Almodovar a la patte grosse. Le sexe n'est pas l'amour. Il lui manque de susciter un désir qu'il n'éprouve pas.
(2) Parle avec elle m'avait semblé plus esthétique qu'émouvant. J'ai trop senti le jeu des personnages ( les larmes qui coulent à un spectacle énigmatique de Pina Bausch, d'entrée, ça m'irrite). Ridicule aus si la torera à l'instant précis où elle va se faire encorner. La seule vraie grâce du film, c'est le moment où Caetano Veloso chante Cucurucucu...
(3) C'est ici que l'adjectif "almodovarien" vient spontanément à l'esprit...

Faits et dits enfantins (183)

J'ai noté LUPIRON dans mon Dicodrome, d'après Lucien Piron, mon petit-fils âgé de 6 ans : "Diablotin lippu et piriforme qu'on croise généralement entre le Ternois et le Brabant."

Nine (6 ans) : "Moi, quand je sors du bain, je m'essuie bien entre les orteils. Je veux pas avoir de champignons, comme papa."

lundi 5 septembre 2016

Horizons (29)

Quant à l'homme, jadis image de Dieu, miroir de la valeur universelle dont il était dépositaire, il a perdu ses attributs; il a beau posséder encore l'intuition de son ancienne quiétude abritée, il aura beau encore se demander en vertu de quelle logique qui le dépasse il a perdu son bon sens, rejeté dans l'effroi de l'infini, il aura beau frissonner, rempli de romantisme et de sentimentalité, il aura beau aspirer à la protection de la foi, il restera désemparé au milieu du jeu des valeurs devenues indépendantes et n'aura pas d'autre ressource que d'accepter le joug de la valeur particulière qui est devenue sa profession, il n'aura plus d'autre ressource que de devenir une fonction de cette valeur - un membre d'une profession, dévoré par l'esprit de logique radicale de la valeur dont il est devenu la proie.
Hermann Broch, Les Somnambules, p. 497.

Faits et dits enfantins (182)

Je me rase à côté de Marie (5 ans) qui se baigne. Je lui dis : "Marie, qu'est-ce que je vois dans cette glace?"  Elle va sans doute répondre : "Le plus beau papa du monde!?" Non. Elle rit et dit :"Un vieux chnoque!" (1)
(1) Comme je racontais cette histoire à Françoise, devant Marie, celle-ci ajoute :"bourru! un vieux chnoque bourru!"

Bastien (5 ans) dit :"Si j'étais orphelin et qu'i' y'avait plus personne dans la ville, je pourrais tout casser , hein!"

dimanche 4 septembre 2016

Faits et dits enfantins (181)

Lucien ( 5 ans et demi) : "Quand je serai un adulde [sic] je serai un grand chanteur.
-- Mais tu chantes déjà bien.
-- Oui, mais je m'entraîne."

Nine ( 6 ans) : "Jésus était un homme préhistorique."

samedi 3 septembre 2016

Faits et dits enfantins (180)

Marie (5 ans) : "Mon pied est plus grand que ma sandale, mais i'n' dépasse pas trop, alors ça va quand même."

Il est 8 h 45, je conduis Bastien à l'école. Il fait si sombre que je dois allumer les phares de l'auto. Bastien (5 ans) dit : "On est en avance aujourd'hui?
-- Non, on est à l'heure.
-- Alors, c'est le ciel qui est en retard!"

vendredi 2 septembre 2016

Faits et dits enfantins (179)

Lucien (5 ans) raconte à sa mère au téléphone qu'il a vu un beau film d'amination  intitulé  Le Tigre et les animaux de la forêt.

Sur la place, la fête foraine. Nous sommes au bord d'un manège dont les basses cognent comme les orgues de Staline. Nine (6 ans) me dit : "Je sens la musique dans ma gorge".

jeudi 1 septembre 2016

Faits et dits enfantins (178)

Marie (5 ans), après m'avoir demandé de lui gratter le dos : "J'aime bien qu'on me tripote, moi!"

Bastien (5 ans) saute d'un fauteuil à l'autre avec ses chaussures aux pieds.
"Arrête, Bastien! Tu joues pour abîmer les fauteuils?
-- Non, j'abîme les fauteuils pour jouer."

mercredi 31 août 2016

Faits et dits enfantins (177)

Devant le déferlement d'insectes innombrables et caparaçonnés du film Nausicaa, la vallée du vent, Lucien (5 ans) s'écrie : "Oh la la, t'as vu la foulée!"

Nine (6 ans) appelle sa chienne Mouli Mouli.

mardi 30 août 2016

Faits et dits enfantins (176)

Le printemps est "pourri" cette année. Marie (5 ans) dit :"Ils ont mis des feuilles aux arbres, mais ils se sont trompé de saison!"

Bastien (bientôt 5 ans) dit : "A l'école, il faut lever l'index pour parler, c'est comme une antenne!"

lundi 29 août 2016

Faits et dits enfantins (175)

Lucien (5 ans) : "Pourquoi on dit "tomber amoureux" ? Pourquoi on tombe quand on est amoureux?"

Nine (6 ans) est agressive avec son grand frère.Elle le frappe, le pince, jusqu'à ce qu'il se rebiffe et la fasse pleurer. Je lui dis :" Tu es méchante avec Lucien parce que tu ne peux pas l'être avec Etienne qui est trop petit.
-- Oui, c'est vrai, répond- elle en sanglotant."

dimanche 28 août 2016

Faits et dits enfantins (174)

" Marie, à quoi ça sert les mères?
-- A faire des bébés!
-- Et les bébés?
-- A mettre des couches!
-- Non, mais à quoi ça sert une mère pour son enfant?
-- A faire des bisous!"  (5 ans)

Bastien (presque 5 ans) prend une grande savonnette et y colle un petit bout de savon "pour faire une lampe de poche".

samedi 27 août 2016

Faits et dits enfantins (173)

"J'en ai marre, dit Lucien (5 ans), à sa mère, en sortant de l'école. Tous les garçons parlent de voitures.; ça m'intéresse pas. Ils parlent aussi de dinosaures; ça m'intéresse pas. Y'en a qui parlent des tétés des femmes...
-- ça non plus, ça t'intéresse pas?
-- Si, ça, ça m'intéresse."

Nine ( 6 ans) : "Si j'avais une chatte, je l'appellerais Bolognaise!"

vendredi 26 août 2016

Faits et dits enfantins (172)

Marie (5 ans) : "Est-ce que dans une cathédrale y-a plein de chants?"

Bastien (presque 5 ans) dit : "Le 2, c'est un chiffre qui sourit."

jeudi 25 août 2016

Faits et dits enfantins (171)

Lucien (5 ans) dit "la lave" pour "la bave".
Il appelle le sablier "le "minu-sel".

Nine (6 ans) dit : "Ma chienne a toujours raison".

mercredi 24 août 2016

Faits et dits enfantins (170)

"Comment tu le sais? demande Marie (5 ans)
-- Mon petit doigt me l'a dit.
-- C'est pas vrai.
-- Si,si.
-- Eh ben moi, mon p'tit doigt m'a dit que les p'tits doigts ne parlent pas!"

Bastien (bientôt 5 ans) commence à savoir siffler. Il vient d'ailleurs de me dire :"N'oublie pas d'écrire dans ton carnet que je sais siffler!"

mardi 23 août 2016

Faits et dits enfantins (169)

Lucien (4 ans et demi) : "Le sapin, c'est rien, c'est pour décorer. Ce qui compte, c'est les cadeaux."

Nine (6 ans) : "Est-ce que papa avant était un homme préhistorique?
-- Les hommes préhistoriques, c'était il y a très longtemps.
-- Alors mamou?
-- Plus longtemps.
-- Alors Jésus-Christ?
-- Beaucoup plus longtemps.
-- Alors le père de Jésus-Christ?"

lundi 22 août 2016

Faits et dits enfantins (168)

Marie (5 ans) : "Doré-ador, en ga-aa-arde!"

Bastien  (bientôt 5 ans) dit :"Hein que le bleu c'est la couleur de la peur!?
-- Oui, et la couleur de la colère, c'est quoi?
-- C'est rouge!"
Il ajoute : ''Le jaune fluo, c'est la couleur de la fatigue. Le vrai jaune, c'est la couleur de quand on est bien; le violet, c'est la couleur du vent; le noir, c'est triste. Triste, c'est très foncé.Le vert, c'est la couleur de la douceur; le rose, c'est gentil, c'est la couleur de quand on se marie, quand on fait l'amour aussi. Le marron, c'est la vilaine couleur des fessées. Et l'orange, c'est la couleur des fleurs. Et la couleur de la bagarre, c'est bleu foncé. Quand on a très très peur, c'est bleu-noir."

dimanche 21 août 2016

Faits et dits enfantins (167)

Je verse un peu de sucre dans le yaourt de Lucien (5 ans). "Mais, proteste-t-il, tu m'en a pas assez mis trop!"

Nine (6 ans) : "Maman, regarde, j'ai fait une crotte en forme de guitare!"

samedi 20 août 2016

Faits et dits enfantins (166)

Dans la mythologie de Marie (5 ans) , il y a, comme dans toute mythologie, de bons et de vilains génies. Mais ils portent tous le même nom : Bidabou. Dans la maison, il y a un gentil et un méchant Bidabou, renouvelables. Quand l'un meurt ( de mort violente et parfois sournoise - poison ) , "on" en envoie un autre. Je ne sais qui est "on"; sans doute une sorte de Génie total et universel, chargé d'équilibrer les forces du Bien et celles du Mal. Il me semble que le gentil Bidabou est un double conscient de Marie, alors que le méchant serait un double inconscient, une décharge. A l'origine, Bidabou était unique, avec ses bons et ses mauvais instincts. Pour plus de simplicité et de commodité d'emploi,il s'est dédoublé. La genèse du nom est liée à celle du personnage: toute petite, quand on s'apprêtait à la sortir, Marie répétait : " On bida, on bida, (on y va)", trompant son impatience en actionnant plusieurs fois le clapet de la boîte-aux-lettres de la porte d'entrée. A l'intérieur. "Bida" a ainsi pu signifier, par métonymie, "boîte-aux-lettres". Au retour, tandis qu'elle attendait l'ouverture de la porte, elle poussait de nouveau mécaniquement le clapet, glissant son regard à l'intérieur de la maison, et répétant "bida, bida, bida!" Ainsi Bida a pu signifier sa retrouvaille avec la maison, la reprise de contact avec un lieu en quelque sorte personnifié, l'esprit de ce lieu. En retrouvant la maison, on retrouvait Bida. Comment est-on passé de Bida à Bidabou? Marie joue souvent avec les syllabes, peut-être a-telle trouvé que cet agencement sonnait mieux?

Bastien (bientôt 5 ans) me dit :"T'étonne-pas si je me frotte beaucoup les mains, c'est pour me faire des gants de savon." Puis il promène longuement la savonnette mouillée entre ses doigts, ses paumes et  ses poignets, et dit : " Regarde mes gants de mousse!"

vendredi 19 août 2016

Faits et dits enfantins (165)

 Nous pique-niquons au bord du chemin de Pronay, près de la petite chapelle, à 20 mètres du virage. Surgissent deux cyclistes : je les salue d'un "merci!" sonore (comme s'ils nous avaient souhaité un bon appétit). Un quart d'heure plus tard jaillit un retardataire. Lucien (5 ans) se dresse et lui crie : "Merci!"

Depuis la naissance de son petit frère Etienne, Nine (6 ans) n'est pas aux anges. "Il faudrait avoir deux mamans, dit-elle, une pour le bébé, une pour nous."

jeudi 18 août 2016

Faits et dits enfantins (164)

Marie (5 ans) : "Mes poupées ne peuvent pas mourir. Mais quand je serai morte, elles mourront toutes, absolument toutes. Mais c'est dans pas bientôt, hein!"

 Bastien (presque 5 ans) annonce plusieurs fois par jour ses protestations d'un "putain!" sonore dont il prolonge à plaisir la seconde syllabe.

mercredi 17 août 2016

Faits et dits enfantins (163)

Poème à Lucien (5 ans) pour la chasse au trésor :
L'écureuil sous sa queue noisette
Quel trésor a-t-il donc caché?
Est-ce une bille? Une galette?
Une praline? Une bouchée?

Quelque chose de beau? Quelque chose de bon?
Peut-être bien les deux : du jouet et du bonbon?


Sur le chemin de l'école, tout à coup, Nine (6 ans) serre les lèvres, ferme les yeux et me dit : "Regarde comme je suis sérieuse!"

dimanche 14 août 2016

Faits et dits enfantins (162)

Marie (5 ans) me demande s'il y a encore des Indiens.
-- Oui, en Amérique. Mais ils ont fait la paix avec les Blancs.
-- Ils sont dans des tonneaux?
-- ?
-- Ben oui, ils sont rangés!"
J'ai compris que Marie voulait dire qu'on les avait placés dans des réserves...

Bastien (bientôt 5 ans) dit : "Y'a un animal qui s'appelle le putois. Quand il pète, on meurt."

samedi 13 août 2016

Faits et dits enfantins (161)

Lucien (3 ans) : "Je veux regarder Alladinde."

Nous sortons du métro sur la place Saint-Gilles, à Bruxelles, jour de marché. Le trottoir a été lavé. Nine (6 ans) me dit : "ça sent le produit chimique!"

vendredi 12 août 2016

Faits et dits enfantins (160)

Marie, ce matin au réveil : "On peut dire que le cimetière des oiseaux c'est la gueule des chats ou des chiens!" ( cf article 156).

J'éternue à en faire sonner les casseroles (on pourrait consacrer l'expression) et Bastien (bientôt 5 ans) s'essaie à en faire autant.

jeudi 11 août 2016

Faits et dits enfantins (159)

Lucien (4 ans et demi) : "Le lait, il sort du cul de la vache et après on le met dans un seau."

Nine (6 ans) et son "fiancé" Gaël ont "faillu" s'embrasser sur la bouche mais, à la dernière minute, dit Nine, "on l'a pas fait, parce que c'était dégueulasse."

mercredi 10 août 2016

Faits et dits enfantins (158)

Je lave les pieds de Marie (5 ans). Elle me dit : "Oh! j'aime bien. Je voudrais avoir mille pieds!"
Puis, en se couchant : "Le matin, quand je me réveille, j'ai de la rosée sur les yeux."

Bastien (4 ans 3/4) me donne un coup de tête dans la hanche en disant : "Quand ça grince en moi, faut qu'ça cogne!"
Une autre fois, il frappe si fort au carreau pour faire peur à la chatte (Zézette) qu'il le casse! Puis il y colle du scotch, espérant peut-être qu'on n'y verrait rien.

mardi 9 août 2016

Faits et dits enfantins (157)

Lucien n'avait pas 4 ans quand il dit : "Tu sais, maman, Jack Sparrow, dans Pirates des Caraïbes, et Willy Wonca, dans Charlie et la chocolatrine [sic], c'est le même serviteur qui joue!"

J'envoie à Nine (6 ans) ce petit mot(1) :"Dans la pomme de mon arrosoir, quelque chose sonne et breloque comme un caillou. Je la secoue, le caillou refuse de tomber. J'essaie d'écarter son conduit, j'insiste, et je parviens à faire tomber... un escargot! Vivant. Depuis combien de temps y était-il? Y avait-il grandi? Aurait-il pu encore en sortir tout seul?" (Texte accompagné d'un petit dessin représentant la chute en pointillés de l'escargot à partir de la pomme d'arrosoir, et faisant "toc" en arrivant par terre.)
(1) Sa mère lui lit le mot et Nine s'exclame : "Je l'aime bien, Gérard, il fait toujours des blagues, et il dit  one two three four et il me soulève."

lundi 8 août 2016

Faits et dits enfantins (156)

Un cauchemar a réveillé Marie (5 ans): elle rêvait qu'on me coupait le cou. "Qui?
-- Un homme avec un grand sabre."
L'avant-veille, nous avions recueilli et soigné un oiseau tombé du nid, avec lequel notre petit chat jouait : sa première proie... La veille malgré nos attentions ( ou à cause d'elles?), cet oiseau était mort, Marie étant à l'école. Alors qu'en rentrant elle s'attendait à retrouver la petite boule de plumes chaude et sautillante, je lui montrai cette chose froide, serrée, hors jeu, hors joie. Pleurs violents. Non d'une sensibilité choquée, mais à cause d'une possibilité de jouer soudain cassée. Quand les larmes furent oubliées sur une promesse de jouet consolateur, nous pensâmes restituer sa proie au chat, avec l'assentiment amusé de Marie. Missouri en joua comme d'une petite balle, d'abord. Puis nous fûmes un instant distraits et, tout à coup, il n'y avait plus rien. Tout, vraiment, était consommé, bec et ongles, plumes et os. Marie s'en étonna, ébahie comme nous, mais pas alarmée. Nulle cruauté dans notre action, nul cynisme. Après quoi nous passâmes à table. C'était le soir. La nuit suivante, Marie criait qu'on me décapitait.

Bastien (presque 5 ans) sait faire les noeuds simples, des colliers et du canevas.
Il compte comme un dératé. S'il achoppe sur un nombre (par exemple cent-trente-dix au lieu de cent-quarante) il recommence tout!

dimanche 7 août 2016

Faits et dits enfantins (155)

Le carrelage de la cuisine est très glissant (il vient d'être ciré) : "C'est le pôle nord ici!" dit Lucien ( 4 ans et demi).

Nine (6 ans) dit : "chaque matin, quand je me lève, je suis contente."

vendredi 5 août 2016

Faits et dits enfantins (154)

Marie (5 ans) : "J'ai froid, j'ai froid, je pelote."

Bastien (4 ans 3/4 )  dit : " i c'est le copain de j , et y aussi."

jeudi 4 août 2016

Faits et dits enfantins (153)

Lucien a 4 ans et demi. Tout petit, calé dans son siège strapontin, le nez à la hauteur de la table, il sort : "Plus tard, j'aurai ma femme. Mais vous pourrez venir lui dire un petit coucou!"

Nine (6 ans) m'invite dans sa petite maison. "Est-ce que vous voulez un thé, monsieur?
-- Avec plaisir, madame. Hum! il est à quel parfum?
-- Au lait de confiture."

mercredi 3 août 2016

Faits et dits enfantins (152)

Marie (5 ans) est nue sur le lit, les jambes en l'air. Elle s'amuse à écarter et rapprocher ses cuisses. "Mon zigouigoui, c'est comme un accordéon; ça s'ouvre, ça se ferme, ça s'ouvre, ça se ferme..."

Après avoir trop ri et trop crié Bastien (presque 5 ans) est essoufflé et dit, se tenant le côté : "J'ai un point. C'est un point d'exclamation."

mardi 2 août 2016

Faits et dits enfantins (151)

Lucien (4 ans et demi) voit passer une Smart : "ça doit être fatigant de pédaler en ville dans cette voiture!" (La Smart est un petit modèle qui ressemble assez à un jouet!).

On est neuf dans les rues de Berck ( en comptant la chienne). " Les vieux devant, et les hommes derrière! " dit Nine (6 ans).

lundi 1 août 2016

Faits et dits enfantins (150)

Marie et Manu (5 et 4 ans) jouent aux pirates, l'oeil couvert d'une taie noire de ma confection. Sur le pont de leur bateau viennent s'échouer des poissons volants; Marie les attrape et me dit : "Maintenant, je vais les martyriser.
-- ?
-- Ben oui, je vais les tuer et les faire cuire."

Bastien (4 ans et demi)  ne dit pas "vert clair" mais "vert ciel".
Il dit : "C'est beau la nuit".

dimanche 31 juillet 2016

Faits et dits enfantins (149)

Lucien (4 ans et demi) dit : "Sur la saigne" (la scène) . "La présente [présentation] du spectacle" (Au micro). "Du sépalin" (sopalin). "Un malicien" (magicien).

Nine (6 ans) raconte qu'elle a rêvé qu'elle était avec des copains, "et il faisait très chaud. On descendait de la montagne, et Adam s'est déshabillé. Alors j'ai vu la transpiration qui coulait sur son zizi."

samedi 30 juillet 2016

Faits et dits enfantins (148)

Marie (5 ans) dit : "Les premiers hommes n'avaient pas encore inventé la viande cuite."

Bastien (4 ans et demi) dit : "Junior, ça veut dire : fort!"
Plus tard : "Il faut que je mange trop pour devenir costaud pour attaquer."

vendredi 29 juillet 2016

Faits et dits enfantins (147)

Lucien (4 ans et demi) dit : "Vous pouvez épauser le film?" (mettre sur "pause")

Nous nous apprêtons à partir pour la ville, Françoise, Lucien, Nine et moi, afin d'acheter à Lulu de nouvelles tongs, Tippi ayant croqué à moitié les précédentes. Nine "râle" et geint : "Et moi? On va m'acheter quoi?
-- Mais Nine! Lucien a besoin de tongs, et toi tu n'as besoin de rien.
-- C'est pas juste!" Et elle part bouder vers le salon.
Vite, elle en revient, mi-attristée, mi-réjouie : "Regarde ce que Tippi a fait à ma pantoufle!"
En effet, une de ses jolies pantoufles roses est proprement évidée sous la sole. "Alors? dit Nine , alors on va m'acheter de nouvelles pantoufles! "   (6 ans)

jeudi 28 juillet 2016

Faits et dits enfantins (146)

Marie (5 ans)  dit : "Christophe [son cousin) croit à Dieu et pas au père Noël. Moi, c'est l'inverse."

Bastien (4 ans et demi) demande : "Est-ce que ça existe en vrai les nains?
-- Oui, bien sûr.
-- Eh ben Maxime [sic] , à l'école, il est encore petit; alors quand il sera grand, ce sera un nain."

mercredi 27 juillet 2016

Faits et dits enfantins (145)

Lucien (4 ans et demi) dit : "C'est bon à rien, ma crèpe, sans sucre ni choco."

"Moi j'ai beaucoup de façons de faire les choses, dit Nine (6 ans), alors je choisis."

mardi 26 juillet 2016

Faits et dits enfantins (144)

Marie (4 ans et demi) dit : "L'espace, c'est après le ciel. C'est du souffle. C'est tout mou. C'est de l'air."

Bastien (4 ans et demi) dit :"Quand je serai grand, je ferai de la moto-cross et du football."
Quelques jours plus tard : "Finalement, je ferai pas de moto-cross quand je serai grand, c'est trop dangereux. Je serai chef de gare."

lundi 25 juillet 2016

Faits et dits enfantins (143)

Lucien (4 ans et demi) "m'énerve" quand, considérant la photo du vieillard qui orne le mur de la salle à manger de ses parents, son arrière-arrière-arrière -grand-oncle Frédéric Mistral, dit :"C'est Gégé!"

Entre deux trains nous sommes au restaurant, Nine et moi. Je vois qu'elle sourit en rosissant et baissant la tête, et je comprends que quelqu'un lui fait des risettes derrière mon dos. C'est un vieux type qui picole au comptoir. Au bout d'un moment il s'en va et, en passant, il salue Nine d'un "au revoir, mademoiselle". Je lui dis: "Il est gentil ce monsieur, il est moche mais il t'a trouvée belle.
-- Il faut pas dire "moche", même si on le pense; ça peut faire de la peine."
Puis on voit l'admirateur revenir, repénétrer dans le bar et en ressortir avec un petit personnage en bois et en paille, qu'il offre à Nine en même temps qu'une petite friandise. "Alors, là, me dit Nine après son départ, il est trop gentil, il faut même plus penser qu'il est moche."



dimanche 24 juillet 2016

Faits et dits enfantins (142)

Marie commente un de ses dessins : "Tu vois, ça c'est un ogre. Il a du sang qui dégouline de sa bouche, parce qu'il a mangé beaucoup de petits enfants. Il s'en lèche la langue!" (5 ans)

Bastien (4 ans et demi) dit :"J'ai rêvé que j'étais avec plein d'animaux. Une souris faisait une petite crotte et un crocodile la mettait dans le cul du chat."

samedi 23 juillet 2016

Faits et dits enfantins (141)

Lucien (4 ans et demi) dit :"On fait comment pour ranger sa langue? Comme ça ? Comme ça? Ou comme ça?...

Nine (6 ans) dit :"C'est hyperméga haut." "C'est hyperméga drôle."

vendredi 22 juillet 2016

Faits et dits enfantins (140)

Marie (5 ans) : "J'ai donné ma langue au chat. Mais en échange il m'a donné la sienne."

Bastien (4 ans et demi) dit : "Quand je fais du coloriage, à la fin j'ai la main trop chaude, alors il faut que je change de couleur."

jeudi 21 juillet 2016

Faits et dits enfantins (139)

"Lucien, mange tes tomatines.
-- Non, je peux pas.
-- Mais tu adores ça! Chez les voisins tu les cueillais toutes chaudes!
-- Oui, mais papa n'est pas là, et j'aime bien manger des tomatines avec papa. (Bientôt 5 ans).

Nine (6 ans) saute dans la piscine miniature. "Il faut que je saute de plus en plus loin, pour m'exerciser."


mercredi 20 juillet 2016

Faits et dits enfantins (138)

Assis côte à côte sur les marches de l'escalier, Marie (5 ans) et son cousin Christophe (5 ans et demi) compulsent un catalogue de jouets. "Ce serait bien, dit tout à coup Marie, si on pouvait les prendre, comme ça, dans les pages, et qu'ils se transforment en vrais jouets!"

Bastien (4 ans et demi) dit "J'accepte ça veut dire quoi? Je pars ou je reste?"

mardi 19 juillet 2016

Faits et dits enfantins (137)

Lucien (4 ans et demi) télescope "sablier" et "minuteur", et ça donne "sablieur".

Nine (6 ans) dit : "Moi, ch'uis observatrice, et toi t'es "observatreur".

lundi 18 juillet 2016

Faits et dits enfantins (136)

Dans le langage de Marie (bientôt 5 ans) ramassage se dit ramassion.  Elle dit renvoiement pour renvoi (gastrique). Elle dit : "Je dois porter une boîte à l'école, pour y mettre des poussures de plante.

Bastien (4 ans et demi) traverse une période agitée. Du matin au soir, il crie, saute, lance ses jouets en l'air. Il nous épuise. La maison doit être pour lui un défouloir, après la contention scolaire. Car à l'école il est sage, plutôt timide, respectueux. Il ne s'affirme qu'en terrain conquis.

dimanche 17 juillet 2016

Faits et dits enfantins (135)

Lucien (4 ans et demi) appelle la petite cabane de plastique, qu'il retrouve dans notre cour à chaque séjour, "ma maison de campagne"!"

Nine (6 ans) regarde nos petits chats et dit :"Zeph" a les yeux ronds et Poum a les yeux "en ligne"...

samedi 16 juillet 2016

Faits et dits enfantins (134)

La fin de l'hiver est froide et ensoleillée. Chaque jour nous faisons une balade à pied dans la campagne. Marie (bientôt 5 ans) traîne la galoche et souvent renâcle. Je la porte mais lui dit : "Quand tu auras ton nouveau vélo, qui te portera? Il faudra bien que tu te serves de tes jambes!
-- Mon vélo me portera! D'ailleurs ça ne me fatigue pas de pédaler, parce qu'à vélo on est assis, tandis qu'à pied on est debout!
-- Et dans les côtes?
-- On descendra [du vélo] , maman l'a dit."

"Bastien (4 ans et demi), qu'est-ce qui est plus grand, une ville ou un village?
-- C'est un village!
-- Ah bon! tu es sûr que ce n'est pas le contraire? Pourquoi un village c'est plus grand qu'une ville?
-- Parce que dans la ville y'a des petites routes et y'a pas des grands jardins comme chez nous."

jeudi 14 juillet 2016

Le Portatif (Philippe Muray)

Si on fait la part du grossissement qui, rapprochant l'objet, le fait paraître étrange, la caricature est décapante. "Comme il y va!",se dit-on, en lisant ce que Philippe Muray écrit dans Le Portatif. En même temps, on n'est pas mécontent de voir ridiculiser une époque où on sacre les vaches qu'on ne mène pas à l'abattoir médiatique et spectaculaire.
Abattoir symbolique, bien sûr, puisqu'il s'agit de l'universelle mangeoire où on jette de la cochonnerie aux hommes : "...le spectacle imprègne la vie des hommes de façon à peu près aussi complète que le faisait la religion jadis. Il est à lui seul le lien et la communauté, l'ensemble des habitudes et des lois du groupe social."
Mais Muray semble croire que le pouvoir de la télé s'effrite... Le spectacle se plagierait lui-même. Voire. La bêtise a encore de l'avenir. Et des jeux il n'y en a pas qu'à la télé : "L'ouverture d'Eurodisneyland a été intéressante, on a vu des journaux comme Libération couvrir de fleurs cet étron au nougat." Et le spectacle vivant? "Depuis que l'art est mort, tout le monde veut être artiste."

Faits et dits enfantins (133)

Lucien (4 ans et demi) ne dit pas "couscous" mais "cousmous" (influence de "semoule"? De "pouss' mouss' "?)

14 juillet. Nine a presque 6 ans. Nous regardons l'arrivée de l'étape du Tour de France, remportée par Christopher Froome. Je dis : "Regarde, c'est le maillot jaune le premier!
-- Oui, et le noir est deuxième, et le blanc troisième. Mais le "zéro", il est où le zéro, l'imaginaire? (1)"

(1) "Imaginaire" est un mot qu'elle avait utilisé une heure avant en cueillant des groseilles blanches, translucides, "imaginaires"...

mercredi 13 juillet 2016

Faits et dits enfantins (132)

Le téléphone sonne par erreur, la communication n'est pas pour nous. Marie, qui a pris l'appareil, dit, avant de raccrocher : "C'est un trompement." (Bientôt 5 ans).

A la pompe, c'est Bastien (4 ans et demi) qui met l'essence dans le réservoir.
Il sait faire les noeuds simples.


mardi 12 juillet 2016

La merde et la mort

A fouiller dans ma merde je n'éprouve aucun dégoût. Cela m'étonne un peu. Je ressens même une vague tendresse pour ce témoignage de notre fragilité animale, cette "déposition" de nous-même. La merde atteste de notre condition mortelle. A la différence de la mort, à laquelle nous pensons chaque jour sans jamais l'observer, la merde est une expérience quotidienne à laquelle nous ne pensons pas, à laquelle tout au moins nous ne réfléchissons pas. Mais la merde signe notre mort, elle nous manifeste comme machine vivante, qu'il faut alimenter pour qu'elle ne meure, mais qui s'use et finira par mourir.
Ne dit-on pas que l'étron est le caput mortuum (la tête morte) de la digestion (cf Sade) ? Le kitsch, qui a une trouille bleue de la mort, rejette dialectiquement la merde. La merde est l'autre de la mort et la mort l'autre de la merde. Si on me disait: "Tu sens la merde", je répondrais : "Quand je ne sentirai plus la merde, je sentirai la mort." L'autre est le même. Ainsi la merde est la vie et la mort, cet indicule de vie qui certifie la mort. Les statues ne chient pas.
La merde parfume la métaphysique. Elle est en relation aporétique avec notre finitude: "Je chie parce que je suis mortel mais aussi parce que je suis vivant".
Réflexion faite, j'aime encore mieux marcher dans la merde que dans la politique.
Et puis quelle source d'humour (autant qu'avec le sexe et la mort)!
Mon fils un jour rentre de l'école (il avait 7 ou 8 ans) et me dit, presque en courant, "Vite, j'ai le Boeing en bout de piste!"

Faits et dits enfantins (131)

Alors que personne ne prononce ainsi autour de lui, Lucien (4 ans) dit "min" et "tin" pour "mon" et "ton", comme les ch'tis.

Tippi, le chien de Nine et Lucien, est un bâtard de griffon et de je- ne- sais- quoi, une boule d'énergie dont on distingue à peine la tête du cul. Un tourbillon, un brouillon de chien, pour tout dire.

lundi 11 juillet 2016

Faits et dits enfantins (130)

Marie (bientôt 5 ans) dit : "C'est drôle, quand je suce mes doigts après avoir bu, ils sont froids... Mais en fait c'est ma bouche qui est froide, et mes doigts sont chauds et ils réchauffent ma bouche!?..."

Bastien (4 ans et demi) : "Quand je serai grand, j'irai à la messe. Est-ce qu'il faut donner des sous à la messe?
-- Oui, à la quête.
-- Alors, j'irai pas, non."

dimanche 10 juillet 2016

Faits et dits enfantins (129)

Lucien (4 ans) était amoureux de Lola, qui est noire, mais il ne l'est plus. "Elle est pourtant bien jolie, Lola, lui dit sa mère.
-- Oui, mais elle a le corps tout noir!" (Juliette est très blanche, très blonde laiteuse aux yeux bleus).

Nine (6 ans) : "Tu vas mourir quand, toi, Gégé?"

samedi 9 juillet 2016

Tout de suite maintenant (Pascal Bonitzer)

   Le titre du dernier film de Bonitzer est l'un des termes de l'alternative de l'existence. Quand, vers la fin, l'un des personnages demande à l'héroïne de choisir sans réfléchir, parce que réfléchir c'est risquer de perdre, c'est le "tout de suite maintenant" opposé à l'autre terme de l'existence: la pensée, le doute, l'humanité. Parce que la réflexion n'est pas une faiblesse mais une "paresse"noble, celle qui peut mener jusqu'à la rêverie, cette dérive qui permet d'échapper à l'efficace morsure de l'avidité.
   Ce film est une rhapsodie, un patchwork harmonieux mais mobile dont les pièces se frôlent et plus souvent se heurtent. L'héroïne (est-elle ambitieuse? ) est une jeune femme brillante qui "réussit" dans un milieu financier exécré par son père. Mais s'abaisse-t-elle jamais? Vise-t-elle autre chose que l'excellence qui l'aspire? Son père (Bacri, les yeux cernés par l'atrabile, mais plein de la mélancolie des losers qui savent qu'ils ont raison) la répudie, la traitant d'arriviste. Il ne la connaît pas. La méprise les rend malheureux. D'ailleurs, tout le monde se méprend sur elle, c'est une jeune femme droite qui ne confond pas la souplesse avec l'amour.
   Le jeune héros qui l'aime est un naïf qui joue les affranchis, il croit les apparences et doute de sa propre innocence.
   L'ancien amour du vieux Bacri (Isabelle Huppert) est une perdante en colère; elle boit pour ne pas être mangée. Leur histoire était trop belle, elle a choisi le rival, l'autre rive, la rive carnassière, s'y croyant mieux protégée. Et voilà que l'ancien amour surgit comme un silencieux renvoi d'alcool, de cet alcool d'autrefois qui n'ulcérait pas l'âme. L'une des plus belles scènes du film est celle où les anciens amants, à la sortie de l'hôpital, se retrouvent dans le miroir du passé. Le tain est sombre mais les images sont claires. le grand amour comme le grand art est métaphysique, il s'épanouit sous le soleil universel et singulier qui éclaire sans fin la condition humaine.
   Les chiens noirs, les chiens-loups qui surgissent pour bouffer le monde, l'ambition qui fait du fric avec du sang, quelle pauvre chose au regard de l'invisible, de la musique inutile, et de la réalité de l'irréel. Encore une fois [cf Cherchez Hortense (un héros musilien) +gerardplaine] Bacri se révèle un héros "sans qualités", l'un des rares humains ayant accédé au luxe du malheur métaphysique - qui fait le bonheur inavoué de la pensée.
   Père et fille se réconcilieront, parce qu'au fond ils se ressemblent. Il n'y a pas d'homme d'action qui vaille sans action d'homme (cf gerardplaine+ Cherchez Hortense). Il n'est pas d'ambition qui ne soit balayée par une ambition plus haute et pour ainsi dire absolue: l'ambition d'humanité. Car, au moins, s'il n'est plus le centre de l'univers, l'homme demeure le coeur de l'humanité. Et l'humanité fait battre le coeur de l'homme.

Faits et dits enfantins (128)

Marie (bientôt cinq ans), dont la vision nous semblait bonne, va devoir porter des lunettes. Elle est astigmate des deux yeux. Nous sommes désolés, mais elle, au début, piquait des crises de larmes. Elle met maintenant ses verres pour aller à l'école. Sa joliesse en est un peu gommée. Derrière ses petites montures, elle paraît plus malingre, et comme étriquée. Mais sous cette apparence accidentelle, nous la savons toute mignonne; cela est devenu plus secret, et nous est d'autant plus cher. Elle s'habitue, nous aussi (un peu moins). Elle s'amuse d'ailleurs à relever le prestige des lunettes : "François Mitterrand a des lunettes!" nous a-t-elle dit l'autre jour. C'est vrai, le président met des lunettes pour lire...
C'est comme si aussi elle était devenue plus fragile, handicapée légère. Hier elle a jeté le chat (Missouri) dans l'escalier. Au lieu d'une bonne fessée bien spontanée et bien sentie, elle n'a eu droit qu'à une remontrance relativement ménagée...

Bastien (4 ans et demi) dit : "Il faut que je mange trop pour devenir costaud pour attaquer."
Il me dit : "Quand t'auras des cheveux tout blancs, tu [ne] sauras plus bien parler."

jeudi 7 juillet 2016

Faits et dits enfantins (127)

Lucien (4 ans) appelle Jésus en croix aux calvaires "la statue du Maroc". L'origine de l'expression nous est inconnue.

Nine (bientôt 6 ans), à la plaine de jeux : "Regarde, moi je suis acrobate. Je me suis déjà cassé la jambe. Toi, tu t'as pas cassé la jambe, alors t'es pas acrobate!"

mercredi 6 juillet 2016

Faits et dits enfantins (126)

Marie (presque 5 ans) : "Tu sais pas pourquoi ça a des yeux les chats? Parsseu que si n'avaient pas d'zieux, i' pourraient pas rester dans le noir."

Bastien (4 ans et demi) dit : "J'aime bien voir la nuit".
Quelques jours plus tard : "C'est beau la nuit".

mardi 5 juillet 2016

Faits et dits enfantins (125)

Juliette a un petit coeur d'artichaut, elle aime et elle est aimée, en particulier de  X , le principal rival de Lucien (4 ans), dont par ailleurs Zoé est éprise. "Je voudrais être un magicien, dit Lulu, pour faire amourer Zoé par X, comme ça i'[ne] s'rait plus amoureux de Juliette et elle m'aimerait tout seul.

Nine (presque 6 ans) : "Pourquoi mamou(1) marche pas bien?
-- Parce qu'elle est vieille. Parce qu'elle est fatiguée, peut-être.
-- Et moi, quand j'avais la jambe cassée, est-ce que je marchais plus moins bien ou moins moins bien que mamou ?
(1) Son arrière grand-mère.

lundi 4 juillet 2016

Faits et dits enfantins (124)

Marie (presque 5 ans) :"Si jamais un jour le coeur se met au milieu, entre deux personnes, par exemple, ça veut dire qu'on s'aime?"

Bastien (4 ans et demi) me dit, voyant la chatte couchée sur le radiateur, le nez surplombant ses pattes alignées : "Regarde Colette, on dirait qu'elle lit."

dimanche 3 juillet 2016

Faits et dits enfantins (123)

Lucien (4 ans et demi) a un "rhume de la hanche". Interdiction de marcher pendant plusieurs jours. Il réfléchit puis dit à sa mère : "Je pourrais prendre une jambe de Lucien Piret?!" Son presque homonyme deviendrait ainsi son clone : un stock de pièces de rechange.

Moi : "Je ne suis pas ton grand-père, je suis un méchant monsieur qui mange les petites filles!"
Nine : "Je ne suis pas ta petite fille! Je suis une méchante fille qui mange les vieux grands-pères!"        ( presque 6 ans).

samedi 2 juillet 2016

Faits et dits enfantins (122)

Marie (4 ans et demi) : "Est-ce que vous faites les mêmes rêves que moi?"

Bastien (4 ans et demi) , après m'avoir parlé de la "ressuscitation" de Snoopy, me dit : "Papa, moi je mourrai avec Snoopy dans la main et ma tétine au bec."

vendredi 1 juillet 2016

Faits et dits enfantins (121)

"Lucien, comment on appelle ces petites tomates toutes rondes? Des tomates ce...
-- ... melles!" ( 4 ans et demi)

Nine (5 ans et demi) dit :"Toi, Gérard, t'avais des soucis de lunettes carrées. Alors tu mets des lunettes rondes."


jeudi 30 juin 2016

Faits et dits enfantins (120)

Marie (4 ans et demi) : "Pourquoi y'a des gens qui n'existent jamais ? Qui ne voient jamais le monde?"

Bastien ( 4 ans et demi) regarde sa photo grand format accrochée au mur de la cuisine : "Chuis bien là, en photo, j'mourrai jamais. J'aimerais bien être toujours en photo, j'aurais pas d'accident, j'serais toujours vivant."

mercredi 29 juin 2016

Faits et dits enfantins (119)

Lucien (4 ans)  dit encore "auroudui" pour "aujourd'hui".
Il dit : "Bon! je vais mettre mes sandales...matiens!"

Nine ( 5 ans et demi) enquille les questions : "C'est quoi la différence entre un catalogue et un magazine? Et entre la gymnastique et le sport? Et entre les affiches et les tableaux?"

mardi 28 juin 2016

Faits et dits enfantins (118)

Marie (4 ans et demi) dit : "Est-ce que nous on existe en vrai? On est pas à la télé?... J'aimerais bien être une histoire, moi, comme dans un livre..."

Bastien dit : "Hein, ton zizi il est plus bronzé que le mien parce que tu bois du vin?"( 4 ans et demi)

lundi 27 juin 2016

Faits et dits enfantins (117)

Lucien (4 ans) regarde Le Bossu de Notre-Dame. "On arrête, lui dit sa mère, c'est l'heure de manger.
-- Attends, ils vont s'amourer."

Nine (5 ans et demi) dit : "Gaël, mon amoureux, ne veut pas qu'on se marie. Moi non plus. Y'a trop de marches à monter. Et puis, au mariage de papa et maman, je me suis trop ennuyée!"