mardi 31 janvier 2017

Saines taxes et mulasseries (21)

"Loin s'en faut" est incorrect . "Loin" marquant la distance et "faut" le falloir, c'est-à-dire le manque, "loin s'en faut" signifie mot à mot "il en manque loin", alors qu'on veut dire qu'il en manque "beaucoup". Donc le bon adverbe est un adverbe de quantité. "Il s'en faut de beaucoup" étant un peu long, et "beaucoup s'en faut" archaïque ou inusité, on dit en bon français "Il s'en faut" ou "Tant s'en faut". Dans tous les cas, l'expression répond à une négation ( "Le beaujolais ne vaut pas le bordeaux,il s'en faut".) Si on veut garder "loin", on dira "Loin de là" (Tatave n'est pas aussi tarte que Tutur , loin de là") , ou "De loin" (pour un emploi positif. Exemple : "Mireille est bonne, mais Pierrette est , de loin, meilleure." Ou "meilleure, de loin." Ou " de loin la meilleure". Ou "la meilleure, de loin".)

lundi 30 janvier 2017

Faits et dits enfantins (298)

Marie (5 ans 3/4), dont je contrarie un "caprice", pleure ( verse, comme elle dit, "des gouttes de larmes"), et me crie : "Je n'aurai que des mauvais souvenirs quand je serai grande!"

Bastien (5 ans 1/2) dit, en parlant d'une femme : "On ne peut pas la regarder dans les yeux.
— Ah bon?
— Oui, parce qu'on est ébloui, tellement ils sont beaux."

samedi 28 janvier 2017

Faits et dits enfantins (297)

"J'ai envié cet homme à qui sa fillette minuscule demande au sortir de la boulangerie si elle pouvait avoir le chignon (c'est elle qui portait la baguette). J'aurais aimé qu'une fillette minuscule me réclame le chignon. Après, je lui aurais souvent fait dire "le chignon!". J'y pense aujourd'hui encore quand je mords dans un quignon (avoir l'exclusivité des deux quignons n'est pas un avantage, mais une solitude)."    
Joël Baqué, La mer c'est rien du tout, P.O.L. ,p. 120.

jeudi 26 janvier 2017

Faits et dits enfantins (296)

"Marie, c'est quoi une star?
— Quelqu'un qui fait toutes les choses bien. Qui brille, qui a la peau douce."   (5 ans 3/4)

Bastien (5 ans 1/2) : "T'arriverais à t'asseoir sur rien?

mercredi 25 janvier 2017

Faits et dits enfantins (295)

"Marie, est-ce que les hommes valent mieux que les femmes?
— Pour certaines choses, oui.
— Quoi, par exemple?
— Pour "faire" des haltères, pour courir, pour faire du vélo... Mais pour d'autres choses, c'est les femmes qui valent mieux.
— Exemples?
— Ben, la cuisine...
— C'est faux, il y a plus de grands cuisiniers que de grandes cuisinières...
— Oui, mais maman fait mieux la cuisine que toi!"  (5 ans 3/4)

Bastien (5 ans 1/2) a vomi brutalement en descendant l'escalier. Son commentaire : "Je m'étais mis la main devant la bouche pour pas vomir sur l'ordi, mais j'ai pas eu le temps d'arriver en bas. Ça pue?"


mardi 24 janvier 2017

Faits et dits enfantins (294)

Marie (5 ans 3/4) : "J'ai fait deux "prouts", un gracieux et un pas gracieux."

Bastien (5 ans 1/2) dit : "Ça serait bien si l'âge s'arrêterait [sic]. On mourrait jamais."

lundi 23 janvier 2017

Paterson (Jim Jarmusch)

   Le héros de Paterson porte le même nom métonymique que sa ville, comme s'il en était le symbole ou le bégaiement, c'est-à-dire la simple expression hésitante. Simplicité et modestie sont d'ailleurs ses caractéristiques extérieures. Cet effacement des apparences se fait au profit d'un lignement intérieur bien résolu. Paterson est poète, et sensible à la beauté étrange des petites choses. Non pas à la manière de la "première gorgée de bière" mais au contraire à celle d'un métaphysicien qui voit dans la banalité non pas ce qu'elle peut avoir de bon mais ce qu'elle a de beau. Il faut être profondément ébranlé par le mystère et le tremblement des choses pour sentir et faire sentir l'"âme" des allumettes - et précisément de certaines allumettes - ou celle d'une averse de pluie. Dans la répétition des jours le poète voit non pas la caresse de l'habitude mais le surgissement d'instants précieux et parfois merveilleux.
   Paterson est un élu ; il est le "fils du père" (et le prénom de son interprète est Adam!); il conduit les ouailles de sa petite ville au volant d'un bus municipal (et le nom de son interprète est Driver!). De là à voir dans le film de Jarmusch un apologue, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas. Mais de l'image de l'humble berger, il faut garder l'innocence. Paterson est un conte, une méditation hypnotique(1) sur la drôlerie (2) d'exister, c'est-à-dire le fait qu'il y ait "quelque chose plutôt que rien" et que nous participions de ce "quelque chose" sans nous en étonner autant que nous le devrions. Ils sont rares ceux qui, comme Paterson, ne se résignent pas au  "c'est-comme-ça" des choses. C'est pourquoi ce héros ni triste ni gai mais pur de tout mal, impollué, inaltéré par la vulgarité d'agir dans l'appétit, c'est pourquoi ce naturel (ou cet originel) nous touche si profondément.
 Si toute grande poésie est implicitement métaphysique, toute métaphysique, aussi discrète soit-elle, est porteuse ou créatrice de grande poésie. Paterson n'a ni posture ni prétention, mais une présence tranquille, habitée par un rêve sans fin  ni but : non pas dérouler les bandelettes sacrées du mystère, mais seulement poser  ses cailloux blancs, au regard de ceux qui voient.

(1) Ses détracteurs diront "soporifique ".
(2) Le côté comique le plus réplicatif de cette drôlerie est apporté par le chien, qui décale les contingences du réel, et pousse à répétition quelques cris pré-orgasmiques.

samedi 21 janvier 2017

faits et dits enfantins (293)

 Hier soir, sa maman Juliette a lu à Alexandre (5 ans 1/2) la légende du Minotaure. Ce matin, l'enfant lui demande: "Est-ce que le Minotaure est allé à l'école?" Puis : "Est-ce que la maman du Minotaure avait mal quand il était dans son ventre, à cause de ses cornes de taureau?" Enfin : "Est-ce qu'il s'ennuyait dans son labyrinthe, le Minotaure?"

jeudi 19 janvier 2017

Faits et dits enfantins (292)

Marie (5 ans 3/4) : "Oh! mon caca! il est pas comme d'habitude... on dirait du poulet!"

Bastien dit : "En rentrant hier soir, j'ai laissé ma portière [ de la voiture] ouverte, alors il doit y avoir encore de la nuit dans l'auto [ la nuit s'y est glissée par l'interstice].

mercredi 18 janvier 2017

Faits et dits enfantins (291)

Marie (5 ans 3/4) raconte : "C'était un petit garçon qui aimait à travers tout la musique..."

Bastien (5 ans 3/4) me lâche la main bien avant l'entrée de sa classe et , dans la cour de l'école, me dit : "Reste ici, aujourd'hui j'y vais tout seul." Puis, se ravisant : "Ah non, tant pis, viens, on y va tous les deux."

mardi 17 janvier 2017

Fixer l'instant

  Ecrire, c'est habiter l'instant, saisir son âme fugitive, le saisir juste avant qu'il meure, en souhaitant qu'il retrouve à la lecture la fraîcheur de son surgissement et un peu de sa chaleur vivante.
   Il n'est pas possible de capturer tous les instants, leur foisonnement nous submerge. Mais on peut en garder mille et un, instants précieux bien qu'ordinaires, dans la petite éternité de notre souvenir; on peut geler les paroles comme on gèle les images pour en faire des photographies.
   Car, comme dans le Quart Livre, la lecture est un printemps qui, au "confin de la mer glaciale", quand revient la "sérénité et tempérie du bon temps", redonne vie aux mots de gueule, d'azur, de sable et de sinople, jadis prononcés et aussitôt figés dans la bienveillante blancheur du papier. Non seulement aux mots mais aux situations auxquelles ils furent associés.
   Et ces mots charmants, étonnants, comiques, poétiques ou familiers, ces situations auxquelles on ne prêta garde, ou si peu et seulement sur l'instant, ils sont devenus aussi inestimables que des monuments, des traces ravivées du monde insaisissable de l'enfance, du temps où l'être meurt presque sous nos yeux, chaque jour, pour renaître, chaque jour un peu changé, selon le chemin animé de notre humaine métamorphose.

[ Projet de préface à Puerilia ou à Faits et dits enfantins ]

lundi 16 janvier 2017

Faits et dits enfantins (290)

Marie (5 ans 3/4) : "Est-ce que y'a des femmes qui s'marient ensemble ?
— En Amérique, quelquefois...
— Alors y'a des femmes qui ont des zizis?"

Bastien (5 ans 3/4) , chaussé de ses nouvelles tennis, fait saut sur saut et dit : "C'est incroyable, je peux pas faire un bond sans rebondir!"

samedi 14 janvier 2017

Faits et dits enfantins (289)

Derrière l'apparence ajoutée - usurpatrice - des lunettes, certains visages rentrent leur joliesse et prennent un air de beauté intérieure. C'est ce que j'expliquerai à Marie (5 ans 3/4).

Bastien (5 ans et demi) me fait une remarque qui, malheureusement, n'est pas de saison : "En Yougos-lavie , y'a jamais de mort". (Un jeune schizophrène me disait naguère qu'il fallait aller vivre en Roumanie, parce que le nom du pays contient le mot "amour").

vendredi 13 janvier 2017

Manchester By the Sea (Kenneth Lonergan)

  Manchester By the Sea est un film lent et long auquel on pourrait reprocher d'avoir surlié l'image au son (avec, en particulier, l'usage de ce pourrisseur de sensibilité qu'est l'adagio célèbre d'Albinoni (1) au moment le plus tragique) et d'avoir étiré et délayé un épilogue prévisible (ou non?) .
   Ce reproche, je ne le ferai qu'en mineur. Une scène mélo qui s'assume peut avoir sa grandeur: elle est au-delà ou en deçà du kitsch. Je pense à Gone with the Wind, ou à Wuthering Heights. La musique ample, solennelle, océanique a toujours accompagné, au cinéma, les grands malheurs, les drames irréparables. Bref. La force du film n'est pas dans l'usage contestable d'une bande son par ailleurs passable. Elle réside dans la qualité de son interprétation principale et dans l'utilisation de nombreuses scènes non pas muettes mais "désonorisées" qui fragilise les situations, leur donne une transparence essentielle, un filigrane, une pudeur, une irréalité (ou une réalité flottante) , un temps suspendu entre stupeur, accablement, rêve, cauchemar.
   C'est la principale empreinte de cette réalisation moins construite sur des actions ou des sentiments que sur leur écho ou leur souvenir. Il n'y a plus de chant dans le cœur du héros brisé, coquille d'homme désertée de passion et de vouloir. Ce que la mort de son frère requiert de lui est au-dessus de ses forces disparues. Accomplir le devoir d'un "père", il en est incapable, il ne sent plus la vie. Comment se charger d'une âme quand on a perdu la sienne? Lee Chandler ne se sent brièvement "exister" que lorsqu'il cogne ses poings sur d'autres corps, sur un mur, sur une vitre, que lorsqu'il est cogné à son tour.
   Manchester By the Sea est une parabole du vide existentiel. Dans L'Eté, Camus dit: "Il y a dans l'homme un instinct profond qui n'est ni celui de la destruction ni celui de la création: il s'agit seulement de ne ressembler à rien. " Ne ressembler à rien et devenir transparent, ne plus souffrir de la réalité coupante, la traverser comme un fantôme qui, parfois, voudrait se rappeler qu'il fut vivant, mais en vain. Il a perdu sa vertu vitale et même la nostalgie de sa vertu vitale. Lee n'est plus qu'une fumée dans la peinture chinoise. Toute séduction a disparu, c'est le silence des sirènes. Lee n'a même pas de tombe à fleurir. Inanis umbra. 

(1) Mais c'est la première fois que je l'entends, depuis 50 ans, sans avoir envie de courir.

Faits et dits enfantins (288)

Marie (5 ans 3/4) a perdu aujourd'hui sa première quenotte (celle qui avait déjà effectué une petite sortie accidentelle et provisoire il y a quelques mois), et depuis qu'elle est brèche-dent, elle garde la bouche entrouverte, comme un "badeu"* (un "ravi") aspirant, toutes les dix secondes environ, le filet de salive qui s'écoule par le petit orifice... Et s'excusant d'un demi-sourire affligé quand on la regarde...
*mot berckois pour simplet.

Bastien (5 ans 1/2) : "Quand on fête l'anniversaire des morts, on fait un gâteau?
— Non.
— Mais pour les blessés, si. I's peuvent en manger!"

mercredi 11 janvier 2017

Faits et dits enfantins (287)

Marie (5 ans 3/4) est allée à la messe de "minuit" (à 20 h 30) avec sa grand-mère. On lui a allumé un petit cierge qu'elle tient, et dont la cire fond et goutte. "Pourquoi y'a d'l'eau qui coule?" demande-t-elle.

Bastien (5 ans 1/2) dit : "Les saisons c'est comme ça : devant toi t'as l'automne, au-dessus t'as l'hiver, au-dessus le printemps, et l'été ! Et ça descend, chacun son tour..."

mardi 10 janvier 2017

Faits et dits enfantins (286)

Marie (5 ans 3/4) : "Qui lui a appris "ça" à maman ?
— Sa maman.
— Et à sa maman ?
— La maman de sa maman.
— Et à la maman de sa maman ?
— La maman de la maman de sa maman.
— Et à la maman de la maman de la maman de sa maman... Hein ? Et à la première maman ? Elle "l" 'a pas appris, elle, elle l'a inventé !  Et c'était pas une femme, c'était un singe! Un singe-femme, un peu femme après, et petit à petit ça a augmenté, la ressemblance avec nous. On était tous des singes avant d'être des hommes, je veux dire : des femmes!

Bastien (5 ans 1/2) dit : Ça serait bien si on pouvait mettre toutes "ses" vies dans sa main : on la tiendrait toujours fermée."

lundi 9 janvier 2017

Faits et dits enfantins (285)

Marie (5 ans 3/4) : "Demain, c'est 1984." Pause. "Mais moi, je vais vivre combien? On vit jusqu'à quelle année? Le plus qu'on peut vivre, c'est combien?"

Bastien dit : "Marcel Proust, sa maladie, c'est qu'il pouvait pas respirer des parfums et des poussières. Alors, un jour, il est mort en sentant quelque chose."

dimanche 8 janvier 2017

Faits et dits enfantins (284)

Marie (5 ans et demi) reçoit toute tentative d'apprentissage de notre part comme une agression intime, une atteinte à son intégrité. Dès qu'on veut lui enseigner une lettre, un chiffre, une note, un trait, elle fond en larmes. Si elle ne pleure pas, elle ferme les yeux, se bouche les oreilles ou se sauve en courant, car il semble bien que ce soit de son salut qu'il s'agisse!!?

Bastien (5 ans et demi) dit : "Je voudrais que personne devienne vieux; sauf Sadam Hussein et Hitler."

samedi 7 janvier 2017

Faits et dits enfantins (283)

Marie (5 ans et demi) a fait à sa poupée un "carnet de vie" où elle note "tout ce qu'elle fait dans sa vie, les maladies et tout, quand on dessine, quand on s'habille, quand on va à l'école, et même quand on fait rien."

" Bastien, cesse de t'éplucher les pieds. T'es pas un légume!?
— Si, ch'suis un légume. Et à cause du bain, j'dois faire encore plus d'épluchage!"  (5 ans et demi).

jeudi 5 janvier 2017

Faits et dits enfantins (282)

Dans le dernier dessin de Marie (5 ans et demi), une petite fille "avec un arc-en-ciel entre les jambes." "S'il est petit, c'est parce qu'on le voit au loin."

Bastien (5 ans et demi), reniflé par sa mère qui lui dit : "Tu sens la vanille", répond : "Et Marie, elle sent le chocolat?"

mercredi 4 janvier 2017

Une semaine et un jour (Asaph Polonsky)

"...Et pour leurs coups d'essai, veulent des coups de maître..."
   Rarement premier film eut cette densité et cette originalité.  Que la  critique parle d'humour, soit, mais voir dans ce film une "comédie burlesque " (Jérémie Couston dans Télérama) ou   La Chambre du fils, le chef-d'oeuvre de Moretti, "avec l'humour des frères Cohen "(Nicolas Schaller, dans L'Obs) témoigne d'une paresse du regard ou de l'analyse: un jeu  de gifles ne suffit pas à rendre un film burlesque. Et on ne trouve aucune trace de parodie satirique chez Polonsky mais une poésie chargée d'une émotion au grain pur.
   C'est une oeuvre drôle, mais d'une pudeur poignante. Elle est d'un équilibre miraculeux (1), à la bascule du désespoir et de l'espoir absurde. Du désespoir de la perte et de l'espoir répété de la joie sourde et irrépressible d'être vivant. Non pas "l'espoir liquide éjaculé par les imbéciles "(Bernanos), mais l'espoir douloureux qui survit au désespoir. Un espoir sans illusions, qui sourd de l'être en dépit de lui-même et garde son cœur au chaud malgré les glaces qui transissent son esprit.
  Ce film exceptionnel a la tristesse et la joie que contient l'humanité et qui la contiennent et la prolongent. Car qu'est-ce que l'humanité, disait Goethe, sinon le jeu, c'est-à-dire la plus sérieuse des actions, celle qui met "en jeu" le regard: sur soi, sur l'autre; sur soi comme un autre et sur l'autre comme soi. Jouer, c'est être au monde. Le deuil sépare, le jeu répare.
   Le jeu n'est pas une distraction mais une sagesse. Il n'exclut pas le désespoir, il l'enfouit un peu. Le joueur sait qu'il n'y a pas d'au-delà, qu'aucune instance divine ne viendra jamais paisiblement fermer les yeux de l'humanité, qu'aucune transcendance ne rendra nécessaire l'existence même de l'univers, mais...
   Nous sommes ici, aussi incongru cela soit-il. Mais que peut faire le rat pris au piège? Manger le fromage...Jouir une dernière fois. Et si le monde a malgré tout quelque épaisseur, qui l'a créee sinon l'homo ludens? Pour garder intact son chagrin. Pas de consolation.
  Pas de componction non plus. le deuil n'est pas un péché. Nul n'est contraint de rabattre sa coiffe ou de se soumettre aux larmes du bord de fosse: la mère veut garder les béquilles de ses habitudes, le père jette les siennes, mais tous les deux ont cet air de vulnérabilité bizarre qui les irréalise: ils ne sont plus exactement dans le monde des vivants. La mort de leur enfant les a éblouis et dénudés - comme des fils.
   "Un regard lumineux et vivant sur une histoire triste, " dit le réalisateur. Qui ajoute que "les comédiens n'ont pas essayé  d'être drôles, ils ont juste fait en sorte d'être sincères et de rendre la vérité du moment présent."

(1) Tout concourt à la réussite du film: le discours (ou plutôt l'absence de discours), des acteurs impeccablement dirigés, le montage, les plans séquences millimétrés, la bande-son de la rockeuse Tama Aphek, etc.

P.-S. Les films que je suis prêt à voir deux fois de suite se comptent sur les doigts d'une demi-main.

Faits et dits enfantins (281)

Marie ( cinq ans et demi) : "C'est le Bon Dieu qui a fait la Terre.
— Et qui a fait le Bon Dieu?
— Personne. C'est la Nature. Et le Bon Dieu a fait le premier homme. C'était un singe. Oui mais, petit à petit, il s'est transformé en homme."

Bastien ( 5 ans et demi) joue avec deux "biomanes"(ou "biomen"), un jaune et un rouge. Le jaune est son préféré (à cause de la couleur) mais il est cassé, alors Bastien décide que le jaune " se transforme en rouge".
Ainsi il peut jouer avec le rouge, qui n'est qu'un jaune caché.


mardi 3 janvier 2017

Faits et dits enfantins (280)

 Aujourd'hui Marie (5 ans et demi) m'a fait une "farce". Elle a mis une punaise (1) dans mon verre...
(1) Pas l'insecte, le clou.

Bastien (5 ans et demi) sait tirer à l'arc, sait tirer des traits à la règle, sait ouvrir seul les deux vantaux du grand portail (c'est un alexandrin!).

dimanche 1 janvier 2017

Faits et dits enfantins (279)

Marie (5 ans et demi) dessine une "fée-princesse" qui lance des pièces d'or à ses gardes. " Elle est riche, dit-elle, elle a de la valeur".

C'est le soir. Nous sommes en voiture. Bastien (5 ans et demi) dit : "Quand je touche mon nez ou mes oreilles, y'a des croix jaunes qui me sortent des yeux et qui vont se cogner sur la vitre à gauche."