Aujourd'hui j'ai les yeux "pochés". Marie (5 ans) me dit : "Malgré ta laideur, je t'aime." Juste avant, elle m'avait demandé : "Est-ce que, si tu étais moi, tu serais heureux?
-- Oui, pourquoi? Tu es heureuse?
-- Oui, regarde, et même je danse!"
Bastien (5 ans) dit : "Hein que chiottes c'est du Midi ?"
"Hein qu'en fait l'Angleterre c'est l'Amérique?"
"Hein que le lait ça fait grandir parce que ça monte dans la tête?"
dimanche 25 septembre 2016
samedi 24 septembre 2016
Faits et dits enfantins (199)
Lucien (8 ans) dit "pleurier" pour saule pleureur.
Nine (7 ans) , qui a deux frères (11 ans et un an) , se sent parfois en minorité, voire en incongruité. Elle dit un jour à sa mère : "Je suis sûre que tu aurais préféré avoir 3 garçons!"
Nine (7 ans) , qui a deux frères (11 ans et un an) , se sent parfois en minorité, voire en incongruité. Elle dit un jour à sa mère : "Je suis sûre que tu aurais préféré avoir 3 garçons!"
vendredi 23 septembre 2016
Horizons (31)
...Peut-être, pour qu'un livre soit bien un livre et qu'il se transforme en rêve, peut-être faut-il qu'il y ait, comme en ce temps-là à Nuoro et dans toutes les bourgades, un menuisier, le maître du bois [...], lequel, les jours d'été, sur les deux heures de l'après-midi, délaissant sa scie et son rabot, attrapait son cornet, et ses roulades envahissaient les venelles en feu, pénétraient dans les maisons, toute la vie suspendue à ces notes. Les chiens eux-mêmes, étendus comme des cadavres le long de la courte marge d'ombre des maisons, remuaient leurs queues.
Pepino et Sebastiano, dans leur petite chambre à l'air raréfié, lisaient pour la même raison qui faisait que Zerominu jouait de son cornet, c'est-à-dire sans la moindre raison, tout bonnement parce que les gens avaient un pertuis minuscule par où le mystère les pénétrait.
Salvatore Satta, Le jour du jugement.
Pepino et Sebastiano, dans leur petite chambre à l'air raréfié, lisaient pour la même raison qui faisait que Zerominu jouait de son cornet, c'est-à-dire sans la moindre raison, tout bonnement parce que les gens avaient un pertuis minuscule par où le mystère les pénétrait.
Salvatore Satta, Le jour du jugement.
Faits et dits enfantins (198)
Marie (5 ans) , avant que nous prenions le train : "On aura du mal à trouver des places ou bien du bien?"
Bastien (5 ans) : "Moi je réfléchis toujours avant de dire."
Bastien (5 ans) : "Moi je réfléchis toujours avant de dire."
jeudi 22 septembre 2016
Faits et dits enfantins (197)
Lucien (8 ans) lit en voiture. Il me demande : "C'est quoi une machinerie?"
Nine (7 ans) dit : "Maintenant, je n'insulte plus en disant "purée d'épinards!" Je dis "fleur de myrtille!"
Nine (7 ans) dit : "Maintenant, je n'insulte plus en disant "purée d'épinards!" Je dis "fleur de myrtille!"
mercredi 21 septembre 2016
Faits et dits enfantins (196)
Marie (5 ans) : "Quand je me mouche, après j'entends mieux).
Bastien (5 ans) lit et écrit facilement, compte pratiquement à l'infini, fait de petites soustractions ou multiplications; épelle des mots "difficiles", comme "pharmacie", "anniversaire",etc. Il se fabrique un magazine TV en recopiant jour par jour des émissions annoncées dans Télérama.
Bastien (5 ans) lit et écrit facilement, compte pratiquement à l'infini, fait de petites soustractions ou multiplications; épelle des mots "difficiles", comme "pharmacie", "anniversaire",etc. Il se fabrique un magazine TV en recopiant jour par jour des émissions annoncées dans Télérama.
mardi 20 septembre 2016
Faits et dits enfantins (195)
Pour Halloween, Lucien (7 ans) s'est déguisé en femme : perruque, lunettes de "star", rouge à lèvres, hauts talons et vêture ad hoc. Il va, vient, roule les hanches... près de deux heures durant. Puis il se lasse, enlève son accoutrement et s'écrie : "Enfin! je vais pouvoir redevenir un être humain!"
Nine (7 ans) : "Gégé, est-ce que tu saurais porter un tronc?
-- Un pas trop lourd, oui.
-- Deux troncs?
-- ?
-- Trois troncs?
-- ?
-- Quatre troncs? Cinq troncs? Six troncs?
-- Ah oui! citron, je pourrais.
-- Ah Ah."
Nine (7 ans) : "Gégé, est-ce que tu saurais porter un tronc?
-- Un pas trop lourd, oui.
-- Deux troncs?
-- ?
-- Trois troncs?
-- ?
-- Quatre troncs? Cinq troncs? Six troncs?
-- Ah oui! citron, je pourrais.
-- Ah Ah."
lundi 19 septembre 2016
Faits t dits enfantins (194)
Marie (5 ans) : "Pour attraper les poissons plus vite, on met un grand grillage sous la mer."
Bastien (5 ans), à qui je dis : "Quand les bandits te tirent dessus, il faut courir en zigzag", me répond : "Et quand ils tirent en zigzag, je cours tout droit!"
Bastien (5 ans), à qui je dis : "Quand les bandits te tirent dessus, il faut courir en zigzag", me répond : "Et quand ils tirent en zigzag, je cours tout droit!"
dimanche 18 septembre 2016
Faits et dits enfantins (193)
Lucien a presque 7 ans, et il me réplique : "Je hurle, tu dis, mais quand je crie très fort, c'est pour me remonter le moral!"
Annie (la "commère" de Françoise - l'autre grand-mère de Nine) cherche une petite balle, qui n'est pas indispensable sur le moment. Françoise le lui dit, car elle veut hâter le coucher de Nine. Celle-ci, d'un ton étale : " Mémé, tu parles comme la mère de Nanie..." ( 6 ans).
Annie (la "commère" de Françoise - l'autre grand-mère de Nine) cherche une petite balle, qui n'est pas indispensable sur le moment. Françoise le lui dit, car elle veut hâter le coucher de Nine. Celle-ci, d'un ton étale : " Mémé, tu parles comme la mère de Nanie..." ( 6 ans).
jeudi 15 septembre 2016
Faits et dits enfantins (192)
Marie ( 5 ans) : "Qui c'est le premier homme? I' n'avait pas de maman? Comment il est né?"
Bastien (5 ans) dit : "J'aime bien les blagues dans les mots, mais pas en vrai."
Bastien (5 ans) dit : "J'aime bien les blagues dans les mots, mais pas en vrai."
mercredi 14 septembre 2016
Faits et dits enfantins (191)
"Lucien, comment appelle-t-on un monsieur qui ne voit que d'un oeil? Qui ne montre qu'un oeil et qui cache l'autre?
-- Un pirate!" (6 ans et demi).
Lucien : "Nine, tu m'énerves. Je vais te tuer avec mon revolver.
-- Non, aujourd'hui on n'a pas le droit de tuer. C'était du temps de mamou qu'on pouvait tuer les gens avec des revolvers.
-- Pourquoi?
-- Parce que c'était la guerre." ( 6 ans et demi).
-- Un pirate!" (6 ans et demi).
Lucien : "Nine, tu m'énerves. Je vais te tuer avec mon revolver.
-- Non, aujourd'hui on n'a pas le droit de tuer. C'était du temps de mamou qu'on pouvait tuer les gens avec des revolvers.
-- Pourquoi?
-- Parce que c'était la guerre." ( 6 ans et demi).
mardi 13 septembre 2016
Saines taxes et mulasseries (19)
En bon français on ne dit pas "au motif que", "au motif de ","au prétexte que", "au prétexte de"
mais sous le motif ou sous le prétexte que ceci ou de cela.
Au passage "sous un faux prétexte" est un pléonasme, influencé par l'expression américaine "false pretence".
mais sous le motif ou sous le prétexte que ceci ou de cela.
Au passage "sous un faux prétexte" est un pléonasme, influencé par l'expression américaine "false pretence".
Faits et dits enfantins (190)
Marie (5 ans ) est inquiète à la pensée qu'elle devra un jour aller à "la grande école". Sans cesse elle me demande ce qu'on y fait, ce qu'elle y fera. Elle fait mine de préparer son cartable, en me répétant bien qu' "heureusement , c'est en faux, hein, papa! c'est pas en vrai, hein!" Elle finit par me demander si à la grande école, "il y a des jours de reposation. "
Bastien (5 ans) dit : "Ce serait bien si les microbes mangeaient les caries, et après s'en allaient. Y'aurait pas de dentifrice, pas de brosses à dents!"
Bastien (5 ans) dit : "Ce serait bien si les microbes mangeaient les caries, et après s'en allaient. Y'aurait pas de dentifrice, pas de brosses à dents!"
lundi 12 septembre 2016
Horizons (30)
Ce que nous n'avons pas eu à déchiffrer, à éclaircir par notre effort personnel, ce qui était clair avant nous, n'est pas à nous. Ne vient de nous-mêmes que ce que nous tirons de l'obscurité qui est en nous et que ne connaissent pas les autres. Et comme l'art recompose exactement la vie, autour de ces vérités qu'on a atteintes en soi-même flotte une atmosphère de poésie, la douceur d'un mystère qui n'est que la pénombre que nous avons traversée.
Proust, Le Temps retrouvé.
Proust, Le Temps retrouvé.
Saines taxes et mulasseries (18)
Amener n'est pas apporter. "Amener" c'est conduire : on amène quelqu'un, à pied ou non,on amène une grue près d'un cargo, etc. "Apporter", c'est porter : on apporte un cadeau, un livre, une bouteille, le dessert, etc.
Faits et dits enfantins (189)
A 6 ans Lucien est entré à la grande école. La sienne dispense des cours de religion ( le choix de la religion est à la discrétion des parents; ses parents ont choisi cette année le catholicisme). Très content d'avoir pu colorier un Jésus qui lui tend la main, Lu dit en rentrant chez lui : "Regardez, je suis avec Jésus, c'est moi qui l'ai fait." Puis : "En vrai, Jésus n'existe pas, je l'sais; mais si Dieu existe, c'est grave?"
Je demande à Nine (6 ans et demi) :"Nine, quelle est pour toi la plus belle chose au monde?
-- Euh... un hippocampe!
-- Et la plus moche?
-- Un chien plein de bave et plein de caca!"
Je demande à Nine (6 ans et demi) :"Nine, quelle est pour toi la plus belle chose au monde?
-- Euh... un hippocampe!
-- Et la plus moche?
-- Un chien plein de bave et plein de caca!"
dimanche 11 septembre 2016
Emmanuel Bove
Comment définir le héros bovien? Poirot-Delpech le traitait de "parasite velléitaire", c'est-à-dire de ver solitaire aboulique du ventre social.
J'ai éprouvé un plaisir masochiste à lire autrefois Mes amis, qui décrivait un monde dont l'auteur aurait effacé les couleurs. Bove y fait le compte-rendu méticuleux d'une existence recluse et sordide. Ce qui bloque notre compassion, c'est la précision naïve et prudente qu'apporte le narrateur à dépeindre son retrait : elle est toute soumise au préjugé social. Bâton Victor ( comme il se nomme, en humiliant sa propre identité) , une sorte de sous-Salavin, est obsédé par l'impossible rencontre d'une amitié ou d'un amour, obsédé aussi par la peur de cette rencontre et des bouleversements qu'elle provoquerait dans sa vie misérable. Un cloporte qui se contentera de rêver la métamorphose. Jean Cassou, qui a connu l'auteur au cours des années 20, écrit dans sa préface : "Tous ces minutieux détails de la misère ne font pas pitié mais horreur. A moins que la pitié ne soit au bout du compte, un sentiment horrible."( poche, p.8). C'est aussi que nous refusons de reconnaître en nous la moindre ébauche de reflet de cette réalité pitoyable.
J'ai lu plus tard Bécon - les - Bruyères. C'est moins noir, et même d'un gris volontairement assez clair, comme si Bove, hésitant lui-même à historier sa nouvelle, laissait ce soin à son lecteur, lui suggérant presque d'apporter sa boîte à coloriage.
Aujourd'hui, je viens de lire Journal écrit en hiver, et le titre dit tout. On y retrouve le héros bovien tel qu'en lui-même son éternel errement le change : un neurasthénique réticent, un perdant complaisant et plaintif. Il ne comprend pas son malheur et peine à jouir de son bonheur. Pusillanime colérique, inhibé brutal, un empêché furieux, à cran, à vif : "Ce qui me terrifie, c'est que je suis tout le temps malheureux et que tout le temps j'agis en homme heureux. Je ne prends jamais un bonheur entièrement. Mes joies, je les méprise au fond de moi-même. Il est vrai qu'à présent que j'ai un peu plus d'âge je commence à les prendre telles qu'elles sont sans trop penser qu'elles ne sont pas des joies. Mais pourtant une voix s'élève en moi qui, à chaque pas, à chaque événement me dit que ce pas et cet événement ne sont dus qu'aux circonstances. Malgré tout l'amour que j'ai pour Madeleine, elle n'est que la femme que j'ai rencontrée, alors que celle que j'aime je ne peux pas la rencontrer, car il est impossible qu'au milieu du monde je la trouve, parce qu'elle n'est peut-être pas née ou qu'elle est morte depuis des siècles. Derrière tous mes actes, toutes mes passions, il y a ce sentiment que je suis placé au centre d'un monde qui n'est rien et que tout ce qui m'arrive n'est qu'une misérable caricature des événements que j'aurais dû vivre." (éd. Sillage, p.44)
Le héros bovien souffre d'insatisfaction aiguë ou morbide, d'une impuissance à se réaliser. Il ne s'accomplit pas parce que ce serait s'accepter. Son désespoir est sans issue car son absence existentielle n'est que la projection d'une absence essentielle. Il sent que son unique vie n'est pas le brouillon d'une autre : Il est incapable de la mieux écrire, et il ne le supporte pas.
Avec La Confession de minuit, de Duhamel, le romanesque s'abîmait doucement; avec Bove, il sombre corps et biens.
J'ai éprouvé un plaisir masochiste à lire autrefois Mes amis, qui décrivait un monde dont l'auteur aurait effacé les couleurs. Bove y fait le compte-rendu méticuleux d'une existence recluse et sordide. Ce qui bloque notre compassion, c'est la précision naïve et prudente qu'apporte le narrateur à dépeindre son retrait : elle est toute soumise au préjugé social. Bâton Victor ( comme il se nomme, en humiliant sa propre identité) , une sorte de sous-Salavin, est obsédé par l'impossible rencontre d'une amitié ou d'un amour, obsédé aussi par la peur de cette rencontre et des bouleversements qu'elle provoquerait dans sa vie misérable. Un cloporte qui se contentera de rêver la métamorphose. Jean Cassou, qui a connu l'auteur au cours des années 20, écrit dans sa préface : "Tous ces minutieux détails de la misère ne font pas pitié mais horreur. A moins que la pitié ne soit au bout du compte, un sentiment horrible."( poche, p.8). C'est aussi que nous refusons de reconnaître en nous la moindre ébauche de reflet de cette réalité pitoyable.
J'ai lu plus tard Bécon - les - Bruyères. C'est moins noir, et même d'un gris volontairement assez clair, comme si Bove, hésitant lui-même à historier sa nouvelle, laissait ce soin à son lecteur, lui suggérant presque d'apporter sa boîte à coloriage.
Aujourd'hui, je viens de lire Journal écrit en hiver, et le titre dit tout. On y retrouve le héros bovien tel qu'en lui-même son éternel errement le change : un neurasthénique réticent, un perdant complaisant et plaintif. Il ne comprend pas son malheur et peine à jouir de son bonheur. Pusillanime colérique, inhibé brutal, un empêché furieux, à cran, à vif : "Ce qui me terrifie, c'est que je suis tout le temps malheureux et que tout le temps j'agis en homme heureux. Je ne prends jamais un bonheur entièrement. Mes joies, je les méprise au fond de moi-même. Il est vrai qu'à présent que j'ai un peu plus d'âge je commence à les prendre telles qu'elles sont sans trop penser qu'elles ne sont pas des joies. Mais pourtant une voix s'élève en moi qui, à chaque pas, à chaque événement me dit que ce pas et cet événement ne sont dus qu'aux circonstances. Malgré tout l'amour que j'ai pour Madeleine, elle n'est que la femme que j'ai rencontrée, alors que celle que j'aime je ne peux pas la rencontrer, car il est impossible qu'au milieu du monde je la trouve, parce qu'elle n'est peut-être pas née ou qu'elle est morte depuis des siècles. Derrière tous mes actes, toutes mes passions, il y a ce sentiment que je suis placé au centre d'un monde qui n'est rien et que tout ce qui m'arrive n'est qu'une misérable caricature des événements que j'aurais dû vivre." (éd. Sillage, p.44)
Le héros bovien souffre d'insatisfaction aiguë ou morbide, d'une impuissance à se réaliser. Il ne s'accomplit pas parce que ce serait s'accepter. Son désespoir est sans issue car son absence existentielle n'est que la projection d'une absence essentielle. Il sent que son unique vie n'est pas le brouillon d'une autre : Il est incapable de la mieux écrire, et il ne le supporte pas.
Avec La Confession de minuit, de Duhamel, le romanesque s'abîmait doucement; avec Bove, il sombre corps et biens.
Faits et dits enfantins (188)
Marie (5 ans) , me montrant le coq métallique dentelé, qui gire en haut du clocher : "Oh! regarde, papa , la silhouette!"
Bastien (5 ans) :"hein, c'est vrai qu'on fête les anniversaires des vieux qui sont morts...?"
Bastien (5 ans) :"hein, c'est vrai qu'on fête les anniversaires des vieux qui sont morts...?"
samedi 10 septembre 2016
Douceur
J'aime l'expression "à petit patapon" , que Proust prête à Françoise dans La Recherche, et qui signifie "tout doucement". J'aime de même le mot "alcalin", qui contient la chaleur de l'alcool et la caresse du câlin; la chaleur et non la brûlure, la douceur contre la douleur. "Alcalin" sonne comme un mot arabe, et semble sortir des Mille et Une Nuits. C'est la large base assise fuyant l'acidité de la pointe.
J'aime ce vers de Garcia Lorca : "Dans mes yeux buvaient les douces vaches du ciel."
Les durs sont des faibles rebutés, seuls les doux sont forts, ils ont la force des pierres au coeur tendre.
La douceur des rapports évase le coeur des humains, la dureté le resserre et le racornit. Les ondes du bien ciculent à l'infini, les ondes du mal sont concentriques.
Le coït est le plongeoir des jeunes corps, la coïtion est le promenoir des vieux amants.
Lorca disait aussi : "Si l'air souffle doucement / Mon coeur a la forme d'une petite fille."
Et Baudrillard, dans Cool Memories : "Qu'il serait doux de voir le soleil de profil."
J'aime ce vers de Garcia Lorca : "Dans mes yeux buvaient les douces vaches du ciel."
Les durs sont des faibles rebutés, seuls les doux sont forts, ils ont la force des pierres au coeur tendre.
La douceur des rapports évase le coeur des humains, la dureté le resserre et le racornit. Les ondes du bien ciculent à l'infini, les ondes du mal sont concentriques.
Le coït est le plongeoir des jeunes corps, la coïtion est le promenoir des vieux amants.
Lorca disait aussi : "Si l'air souffle doucement / Mon coeur a la forme d'une petite fille."
Et Baudrillard, dans Cool Memories : "Qu'il serait doux de voir le soleil de profil."
Dicodrome (19)
Dictambule (n) - Chef. Celui qui passe commande de ses désirs et de ses ordres en marchant, mangeant, se rasant, évacuant. Exequatur.
Clichetonteux ( n. ou adj.) - Stéréotype turpide et redondant.
Clichetonteux ( n. ou adj.) - Stéréotype turpide et redondant.
Etymaginaire (19)
Récalcitrant - Personnage très osseux et astringent, rétif aux injonctions. (Sur le registre des mots pittoresques, récalcitrant parle physiquement, même si on ignore son étymologie [calx, calcis(1) donne calcitrare (2), qui donne recalcitrare (3)] . Le heurt de ses syllabes évoque une action désordonnée. De plus, avec "récal", "calci" et "citrant", on peut lui composer d'autres significations, ou une autre signification combinée (et fantaisiste). Par exemple :
Récalcitrant (nom) - Laissé pour compte et tête brûlée, un peu palmé sur les bordures (quoique herculéen (4), écorché, acide, incontrôlable et difficile à appréhender.
Récalcitrant (adj.) - Reconstituant du squelette à capacité hyménoplastifiante (5). Exemple : "Une érection récalcitrante."
(1) Talon (2) Repousser du talon,, ruer, regimber. (3) "Re" est un préfixe à valeur intensive. (4) Alcide, chez les Grecs. (5) En argot, "Se refaire un pucelage au citron" signifie se faire refaire artificiellement un hymen .
Récalcitrant (nom) - Laissé pour compte et tête brûlée, un peu palmé sur les bordures (quoique herculéen (4), écorché, acide, incontrôlable et difficile à appréhender.
Récalcitrant (adj.) - Reconstituant du squelette à capacité hyménoplastifiante (5). Exemple : "Une érection récalcitrante."
(1) Talon (2) Repousser du talon,, ruer, regimber. (3) "Re" est un préfixe à valeur intensive. (4) Alcide, chez les Grecs. (5) En argot, "Se refaire un pucelage au citron" signifie se faire refaire artificiellement un hymen .
Saines taxes et mulasseries (17)
On ne dit pas "l'image qu'il s'est construit" mais " l'image qu'il s'est construite". Qu'est-ce qui a été construit? L'image, un mot féminin.
Faits et dits enfantins (187)
A six ans Lucien sait enfin se balancer tout seul. "Et je sais aussi faire cuire les oeufs à la coque!" S'écrie-t-il, tout heureux. Et, après un moment : "Mais je ne sais pas encore faire les bébés..."
Je demande à Nine (6 ans et demi) :"Tu ne vas pas te marier avec moi plus tard?
-- T'es trop vieux et t'as déjà une femme!"
Je demande à Nine (6 ans et demi) :"Tu ne vas pas te marier avec moi plus tard?
-- T'es trop vieux et t'as déjà une femme!"
vendredi 9 septembre 2016
Sieranevada (Cristi Puiu)
Giono disait que les existentialistes croyaient que la tour Eiffel était pointue parce qu'ils l'avaient sucée. Cristi Puiu veut nous faire "sucer" Sieranevada jusqu'à l'exaspération et l'étouffement, pour bien nous faire sentir à quel point son pays s'est déshumanisé et est devenu invivable. La veulerie des temps sombres (le spectre de la Securitate) a précipité la déréliction.
Il y a deux grands modes d'expression en art : le mode classique de la suggestion et de la litote, et le mode mimétique qui bourre l'oeuvre de tous les soupirs, les hoquets, les répétitions de la vie quotidienne, jusqu'à l'écoeurement. Ce mode mimétique ou "phénoménologique"(1) n'épargne rien au spectateur. Foin de toute catharsis, il faut faire physiquement ressentir la douleur, l'ennui et l'abomination de ce qu'on dénonce.. Ce type d'artiste ne fait pas confiance à la pensée, à l'intelligence du récepteur.
Il y a une forme d'évangélisme de la véritable approche phénoménologique ( voir Gabriel Marcel). Chez Puiu, qui n'a pas fait un mauvais film, il y a un manque de foi en l'empathie réelle du spectateur.
Bouillon familial indigeste, son film nous remplit l'estomac jusqu'à la gorge des rancoeurs avivées par la destruction du tissu social en Roumanie. On ne va pas au cinéma pour s'empiffrer de problèmes, mais pour réfléchir à la condition humaine.
L'approche mimétique non seulement nous ennuie, mais elle ne sort pas de la tautologie. Le véritable réalisme n'est pas dans la description mais dans la forme offerte à l'interprétation.
Le "réalisme" est un abaissement, une révérence aux apparences du réel et un renoncement à une vérité invisible.
Une telle résignation procède d'une sous-estimation de la réalité. Ce qu'on peut "jouer" n'est pas si terrible. Mais le "réaliste" ne fait illusion que tant que le réel est "supportable" ( peut figurer sur un support) ou codifiable, mais un film "réaliste" sur la Shoah est inimaginable ( à moins de faire du snuff movie)... A cause de la présence vivante des corps ( ou de la présence des corps vivants) . Il est impossible de filmer la souffrance infinie, donc il est impossible de filmer la souffrance, donc il est impossible de filmer... tout court, sauf si filmer n'est pas décrire mais donner à voir, à sentir, à penser. La réalité est inimitable. L'art perd son temps à vouloir rivaliser avec elle. Son domaine à lui, c'est la vérité.
(1) Epithète abusive, car la véritable phénoménologie fait appel à des sentiments et des expériences communes, sans pour autant les réifier.
Il y a deux grands modes d'expression en art : le mode classique de la suggestion et de la litote, et le mode mimétique qui bourre l'oeuvre de tous les soupirs, les hoquets, les répétitions de la vie quotidienne, jusqu'à l'écoeurement. Ce mode mimétique ou "phénoménologique"(1) n'épargne rien au spectateur. Foin de toute catharsis, il faut faire physiquement ressentir la douleur, l'ennui et l'abomination de ce qu'on dénonce.. Ce type d'artiste ne fait pas confiance à la pensée, à l'intelligence du récepteur.
Il y a une forme d'évangélisme de la véritable approche phénoménologique ( voir Gabriel Marcel). Chez Puiu, qui n'a pas fait un mauvais film, il y a un manque de foi en l'empathie réelle du spectateur.
Bouillon familial indigeste, son film nous remplit l'estomac jusqu'à la gorge des rancoeurs avivées par la destruction du tissu social en Roumanie. On ne va pas au cinéma pour s'empiffrer de problèmes, mais pour réfléchir à la condition humaine.
L'approche mimétique non seulement nous ennuie, mais elle ne sort pas de la tautologie. Le véritable réalisme n'est pas dans la description mais dans la forme offerte à l'interprétation.
Le "réalisme" est un abaissement, une révérence aux apparences du réel et un renoncement à une vérité invisible.
Une telle résignation procède d'une sous-estimation de la réalité. Ce qu'on peut "jouer" n'est pas si terrible. Mais le "réaliste" ne fait illusion que tant que le réel est "supportable" ( peut figurer sur un support) ou codifiable, mais un film "réaliste" sur la Shoah est inimaginable ( à moins de faire du snuff movie)... A cause de la présence vivante des corps ( ou de la présence des corps vivants) . Il est impossible de filmer la souffrance infinie, donc il est impossible de filmer la souffrance, donc il est impossible de filmer... tout court, sauf si filmer n'est pas décrire mais donner à voir, à sentir, à penser. La réalité est inimitable. L'art perd son temps à vouloir rivaliser avec elle. Son domaine à lui, c'est la vérité.
(1) Epithète abusive, car la véritable phénoménologie fait appel à des sentiments et des expériences communes, sans pour autant les réifier.
Faits et dits enfantins (186)
Marie (5 ans) promène son doigt de ma moustache à ma barbe, en disant : "Ici, c'est la rivière, et elle descend dans la mer."
Bastien (5 ans) dit :" Moi, pour réfléchir, faut que je ferme les yeux."
Bastien (5 ans) dit :" Moi, pour réfléchir, faut que je ferme les yeux."
jeudi 8 septembre 2016
Faits et dits enfantins (185)
"Quand on est mort, c'est pour combien de dodos?" Mot cité par le réalisateur Sylvain Bouttet.
"J'aime mieux Nono que toi, me dit Lucien (6 ans).
--Ah bon? Pourquoi?
-- Parce qu'avec lui je regarde la télé le soir."
Nine (6 ans) s'allonge, bras et jambes écartées et dit, au bout d'un moment : "J'en ai marre de rester là comme une étoile de mer!
-- Pourquoi tu t'es mise comme ça?
-- Parce que je m'ennuie."
"J'aime mieux Nono que toi, me dit Lucien (6 ans).
--Ah bon? Pourquoi?
-- Parce qu'avec lui je regarde la télé le soir."
Nine (6 ans) s'allonge, bras et jambes écartées et dit, au bout d'un moment : "J'en ai marre de rester là comme une étoile de mer!
-- Pourquoi tu t'es mise comme ça?
-- Parce que je m'ennuie."
mercredi 7 septembre 2016
Saines taxes et mulasseries (16)
Faut-il redire qu'accaparer ne se conjugue pas à la forme pronominale? "Il a accaparé la conversation" et non "il s'est accaparé la conversation".
Faits et dits enfantins (184)
Marie ( 5 ans) dit que mon métier "c'est documentilaste".
Bastien ( 5 ans) dit :"Si on veut gagner, i' faut attaquer par derrière!"
Bastien ( 5 ans) dit :"Si on veut gagner, i' faut attaquer par derrière!"
mardi 6 septembre 2016
Dicodrome 18)
Rivanités (n.f.p.) - Prises de becs sucrés sur la vogue à deux berges des conflits de canards réclamiers.
Ubuquité - Omniprésence hallucinante et caricaturale du mal où s'incarnent à l'infini la lâcheté, la bêtise et la sauvagerie.
Ubuquité - Omniprésence hallucinante et caricaturale du mal où s'incarnent à l'infini la lâcheté, la bêtise et la sauvagerie.
Etymaginaire (18)
Soprane, ténor et baryton - Trio baroque constitué d'un ver colérique et criard dont les éclats rivalisent avec les roulements caverneux d'une barrique proboscidienne à propos d'une flûte glapissante dont ils prétendent jouer l'un et l'autre.
Annie Ernaux - Sa malchance est double : elle pâtit d'un nom fait, à la fois d'une récurrence phonique dégurgitatoire, et d'une combinaison syllabique propice au contrepet : anneau/hernie, hernie/anneau.
Annie Ernaux - Sa malchance est double : elle pâtit d'un nom fait, à la fois d'une récurrence phonique dégurgitatoire, et d'une combinaison syllabique propice au contrepet : anneau/hernie, hernie/anneau.
Almodovar
Il y a chez lui à boire (corsé) et à manger (gras). Passons vite sur La loi du désir ( le désir en question n'est que masculo-masculin et la loi n'est que la liberté du tringlodrome dans une société fraîchement libérée du franquisme) : Douglas Sirk faisait des mélos flamboyants, Almodovar faits des mélos faseyants ( son mouchoir, il ne le met pas dans sa poche, mais sur sa "hampe"!) , il fait vermiller tous les artifices du désir et palpiter les leurres de l'amour, jusqu'à la simulation d'un finale extatique. Pour aimer ça, il faut y croire avant de le voir. C'est un film "pétition de principe". (1)
Heureusement, ce genre d'exaltation creuse n'est pas la veine principale du réalisateur. Appelons ça son petit défaut. Je n'ai pas revu Tout sur ma mère mais en ai gardé un assez bon souvenir ( j'ai aimé surtout ce qui précédait la mort du fils).
Etreintes brisées nous intéresse à une histoire presque incroyable, en mettant la pédale douce sur le baroque et le mélo. Les personnages sont bons. Le film a le charme (mystère) et le charisme(fascination) de son héros aveugle, et aussi le charisme filial de son jeune ami.
Mais le meilleur, c'est Volver. (2) Escamotée dans les mélos "movida mierda", l'humanité se débonde ici. Elle était réelle mais frugale chez les hommes d'Etreinte brisées, dans Volver elle a l'épaisseur féminine de l'amour, l'amour filial et familial de Sole ( humble, douce et généreuse Lola Dueñas) , l'amour déchiré - qu'il faut recoudre - de la mère (Carmen Maura, universelle) et enfin l'amour foudroyé de Raimunda (Penelope Cruz, aussi syncrétique ici - charnelle et fragile, fille et mère - qu'une Sophia Loren ou une Magnani ) dont la réparation est le sujet, l'objet, le but et la finalité du film. Un film de femmes (3) , certes, amputé de la gangrène masculine. Vision partielle et partiale, mais parler d'humanité féminine est presque redondant. Croyons, le temps d'un film, que le monde humain des femmes est contagieux, qu'il aimante le monde (moins humain?) des hommes, et qu'après tout, comme l'écrivait John Donne, "Dieu a fait toute l'humanité d'un seul sang."
(1) Je n'avais pas non plus aimé le kitschissime Talons aiguilles, censé nous faire pleurer sur le destin de trois ou quatre personnages dont on n'a franchement rien à foutre! Quant à ses derniers films, l'un est le plus braque : "Les Amants passagers , histoire d'un vol circulaire, est comme une suspension des choses sérieuses. C'est une ronde non pas déjantée mais hors des jantes, sur les essieux! Bref, un spectacle pur. A l'autre, La Male educacion, parfaitement photographié, chorégraphié, dialogué, découpé, etc. il manque l'impalpable épaisseur du mystère. Almodovar a la patte grosse. Le sexe n'est pas l'amour. Il lui manque de susciter un désir qu'il n'éprouve pas.
(2) Parle avec elle m'avait semblé plus esthétique qu'émouvant. J'ai trop senti le jeu des personnages ( les larmes qui coulent à un spectacle énigmatique de Pina Bausch, d'entrée, ça m'irrite). Ridicule aus si la torera à l'instant précis où elle va se faire encorner. La seule vraie grâce du film, c'est le moment où Caetano Veloso chante Cucurucucu...
(3) C'est ici que l'adjectif "almodovarien" vient spontanément à l'esprit...
Heureusement, ce genre d'exaltation creuse n'est pas la veine principale du réalisateur. Appelons ça son petit défaut. Je n'ai pas revu Tout sur ma mère mais en ai gardé un assez bon souvenir ( j'ai aimé surtout ce qui précédait la mort du fils).
Etreintes brisées nous intéresse à une histoire presque incroyable, en mettant la pédale douce sur le baroque et le mélo. Les personnages sont bons. Le film a le charme (mystère) et le charisme(fascination) de son héros aveugle, et aussi le charisme filial de son jeune ami.
Mais le meilleur, c'est Volver. (2) Escamotée dans les mélos "movida mierda", l'humanité se débonde ici. Elle était réelle mais frugale chez les hommes d'Etreinte brisées, dans Volver elle a l'épaisseur féminine de l'amour, l'amour filial et familial de Sole ( humble, douce et généreuse Lola Dueñas) , l'amour déchiré - qu'il faut recoudre - de la mère (Carmen Maura, universelle) et enfin l'amour foudroyé de Raimunda (Penelope Cruz, aussi syncrétique ici - charnelle et fragile, fille et mère - qu'une Sophia Loren ou une Magnani ) dont la réparation est le sujet, l'objet, le but et la finalité du film. Un film de femmes (3) , certes, amputé de la gangrène masculine. Vision partielle et partiale, mais parler d'humanité féminine est presque redondant. Croyons, le temps d'un film, que le monde humain des femmes est contagieux, qu'il aimante le monde (moins humain?) des hommes, et qu'après tout, comme l'écrivait John Donne, "Dieu a fait toute l'humanité d'un seul sang."
(1) Je n'avais pas non plus aimé le kitschissime Talons aiguilles, censé nous faire pleurer sur le destin de trois ou quatre personnages dont on n'a franchement rien à foutre! Quant à ses derniers films, l'un est le plus braque : "Les Amants passagers , histoire d'un vol circulaire, est comme une suspension des choses sérieuses. C'est une ronde non pas déjantée mais hors des jantes, sur les essieux! Bref, un spectacle pur. A l'autre, La Male educacion, parfaitement photographié, chorégraphié, dialogué, découpé, etc. il manque l'impalpable épaisseur du mystère. Almodovar a la patte grosse. Le sexe n'est pas l'amour. Il lui manque de susciter un désir qu'il n'éprouve pas.
(2) Parle avec elle m'avait semblé plus esthétique qu'émouvant. J'ai trop senti le jeu des personnages ( les larmes qui coulent à un spectacle énigmatique de Pina Bausch, d'entrée, ça m'irrite). Ridicule aus si la torera à l'instant précis où elle va se faire encorner. La seule vraie grâce du film, c'est le moment où Caetano Veloso chante Cucurucucu...
(3) C'est ici que l'adjectif "almodovarien" vient spontanément à l'esprit...
Faits et dits enfantins (183)
J'ai noté LUPIRON dans mon Dicodrome, d'après Lucien Piron, mon petit-fils âgé de 6 ans : "Diablotin lippu et piriforme qu'on croise généralement entre le Ternois et le Brabant."
Nine (6 ans) : "Moi, quand je sors du bain, je m'essuie bien entre les orteils. Je veux pas avoir de champignons, comme papa."
Nine (6 ans) : "Moi, quand je sors du bain, je m'essuie bien entre les orteils. Je veux pas avoir de champignons, comme papa."
lundi 5 septembre 2016
Horizons (29)
Quant à l'homme, jadis image de Dieu, miroir de la valeur universelle dont il était dépositaire, il a perdu ses attributs; il a beau posséder encore l'intuition de son ancienne quiétude abritée, il aura beau encore se demander en vertu de quelle logique qui le dépasse il a perdu son bon sens, rejeté dans l'effroi de l'infini, il aura beau frissonner, rempli de romantisme et de sentimentalité, il aura beau aspirer à la protection de la foi, il restera désemparé au milieu du jeu des valeurs devenues indépendantes et n'aura pas d'autre ressource que d'accepter le joug de la valeur particulière qui est devenue sa profession, il n'aura plus d'autre ressource que de devenir une fonction de cette valeur - un membre d'une profession, dévoré par l'esprit de logique radicale de la valeur dont il est devenu la proie.
Hermann Broch, Les Somnambules, p. 497.
Hermann Broch, Les Somnambules, p. 497.
Faits et dits enfantins (182)
Je me rase à côté de Marie (5 ans) qui se baigne. Je lui dis : "Marie, qu'est-ce que je vois dans cette glace?" Elle va sans doute répondre : "Le plus beau papa du monde!?" Non. Elle rit et dit :"Un vieux chnoque!" (1)
(1) Comme je racontais cette histoire à Françoise, devant Marie, celle-ci ajoute :"bourru! un vieux chnoque bourru!"
Bastien (5 ans) dit :"Si j'étais orphelin et qu'i' y'avait plus personne dans la ville, je pourrais tout casser , hein!"
(1) Comme je racontais cette histoire à Françoise, devant Marie, celle-ci ajoute :"bourru! un vieux chnoque bourru!"
Bastien (5 ans) dit :"Si j'étais orphelin et qu'i' y'avait plus personne dans la ville, je pourrais tout casser , hein!"
dimanche 4 septembre 2016
Faits et dits enfantins (181)
Lucien ( 5 ans et demi) : "Quand je serai un adulde [sic] je serai un grand chanteur.
-- Mais tu chantes déjà bien.
-- Oui, mais je m'entraîne."
Nine ( 6 ans) : "Jésus était un homme préhistorique."
-- Mais tu chantes déjà bien.
-- Oui, mais je m'entraîne."
Nine ( 6 ans) : "Jésus était un homme préhistorique."
samedi 3 septembre 2016
Faits et dits enfantins (180)
Marie (5 ans) : "Mon pied est plus grand que ma sandale, mais i'n' dépasse pas trop, alors ça va quand même."
Il est 8 h 45, je conduis Bastien à l'école. Il fait si sombre que je dois allumer les phares de l'auto. Bastien (5 ans) dit : "On est en avance aujourd'hui?
-- Non, on est à l'heure.
-- Alors, c'est le ciel qui est en retard!"
Il est 8 h 45, je conduis Bastien à l'école. Il fait si sombre que je dois allumer les phares de l'auto. Bastien (5 ans) dit : "On est en avance aujourd'hui?
-- Non, on est à l'heure.
-- Alors, c'est le ciel qui est en retard!"
vendredi 2 septembre 2016
Faits et dits enfantins (179)
Lucien (5 ans) raconte à sa mère au téléphone qu'il a vu un beau film d'amination intitulé Le Tigre et les animaux de la forêt.
Sur la place, la fête foraine. Nous sommes au bord d'un manège dont les basses cognent comme les orgues de Staline. Nine (6 ans) me dit : "Je sens la musique dans ma gorge".
Sur la place, la fête foraine. Nous sommes au bord d'un manège dont les basses cognent comme les orgues de Staline. Nine (6 ans) me dit : "Je sens la musique dans ma gorge".
jeudi 1 septembre 2016
Faits et dits enfantins (178)
Marie (5 ans), après m'avoir demandé de lui gratter le dos : "J'aime bien qu'on me tripote, moi!"
Bastien (5 ans) saute d'un fauteuil à l'autre avec ses chaussures aux pieds.
"Arrête, Bastien! Tu joues pour abîmer les fauteuils?
-- Non, j'abîme les fauteuils pour jouer."
Bastien (5 ans) saute d'un fauteuil à l'autre avec ses chaussures aux pieds.
"Arrête, Bastien! Tu joues pour abîmer les fauteuils?
-- Non, j'abîme les fauteuils pour jouer."
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