dimanche 24 juin 2012

Littérature et psychanalyse



   Sur le plan de l'expression (à la fois critique et empathique) de la complexité humaine, la littérature est infiniment plus armée que la psychanalyse. La poésie répond à l'attente invisible du réel, une attente à la fois patiente et impatiente, l'attente d'une métamorphose par l'écriture, par l'alchimie du style. Même la tête de Méduse, par la grâce de l'artiste, peut alors accéder à ce qu'on peut bien appeler un salut, et se découvrir une séduction. Car l'alchimie du dire est la puissance vraiment divine, sans dieu, sans idoles, avec une plume, simplement. La littérature n' idéalise pas le réel, elle le rêve. Les hommes et le réel, la vie si l'on veut, tout peut se discuter, pas le rêve, pas les oeuvres. La littérature vaut mieux que la vie, car, loin de l'empêcher, elle l'exalte. MAIS  il serait vain d'écrire la vie si on ne vivait pas l'écriture.
   Je ne nie pas l'utilité de la psychanalyse. Mais quel intérêt esthétique a-t-elle? Quel intérêt de savoir la trivialité des choses (ce que veulent dire les actes et les rêves) quand leur charme (comment elles se disent) veut bien nous aimanter?
   La psychanalyse est une trop courte échelle pour l'artiste.

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