lundi 2 avril 2018

Optiréalisme

Je suis plutôt du côté de Démocrite qui rit que d' Héraclite qui pleure (selon la légende). Ma devise - si j'osais en avoir une - pourrait être, parmi cent autres, le contraire de la formule de Mao, qui disait : optimisme stratégique, pessimisme tactique. J'intervertirais les épithètes.
L'optiréaliste est au fond un pessimiste puisqu'il est pessimiste sur le fond, c'est-à-dire sur la fin : nous ne nous en sortirons pas vivants! Mais en attendant, il y a à faire. Si on traverse toute l'épaisseur du pessimisme, on parvient à un petit peu d'optimisme. Si je suis raisonnablement pessimiste, je reste sentimentalement optimiste, non par illusion ou naïveté, mais par hédonisme.*

* le pessimisme fait écran à la vie. Si nous sommes mortels, ce n'est qu'à la fin. Il y a tout l'avant, c'est-à-dire la vie entière. C'est cet avant qu'il nous faut mettre au premier plan.
Qu'avant de mourir nous puissions vivre et parfois vivre longtemps et heureux, voilà qui est optimiste.

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