mercredi 29 juillet 2020

Figures (939)

Thomas Bernhard ne nous livre pas une synthèse de ses goûts et de ses idées, il nous dit tout trois fois, se reprend, répète, enfonce le clou (ou plutôt essaie de se le retirer du ventre), non par souci pédagogique, il n'enseigne rien, mais de manière passionnelle, pulsionnelle: il vide son sac, puis en secoue les bords, racle ses parois, tape le fond. Il soliloque à en perdre son peu de souffle, se dit et se redit comme quelqu'un qui tiendrait votre manche parce qu'il a le soupçon que vous ne l'aimez pas, et c'est intolérable. Sa haine de (presque) tout n'est qu'un moyen de cracher son besoin d'amour.

Aucun commentaire: