jeudi 5 novembre 2020

Art (104)

Christian Descamps - Le jugement esthétique requiert que je sois individuellement impliqué.
Jacques Taminiaux - Pour louer ou pour admirer une chose, je dois être affecté par elle. Ainsi, une belle chose ne me livre aucun savoir, mon intelligence ne vise pas une explication, l'œuvre me plaît sans concept. On voit là comment le jugement esthétique diffère de la jouissance sensorielle ordinaire. De fait, je ne subordonne pas la chose à ma volupté. L'œuvre d'art n'est pas ramenée à mon bien-être, devant elle je suis désintéressé. Dans cette expérience j'échappe à mon exclusivisme égoïste, je me dépasse vers l'universalité. Emu par la beauté d'une œuvre, j'ai envie de faire participer les autres à cette découverte. Kant ne referme aucunement la subjectivité sur elle-même; en un sens il rompt avec la subjectivité classique.
in Le Monde-aujourd'hui 11/12/83.

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