jeudi 20 mai 2021

Horizons (53)

 Rien ne peut mûrir à la réalité, qui n'ait eu ses racines dans le souvenir, rien n'est saisissable à l'homme, qui n'ait été mis en lui dès son début, et sur quoi les visions de sa jeunesse n'aient étendu leur ombre. Car l'âme en est toujours en son début, sa grandeur est toujours celle de son premier éveil, et sa fin même a pour elle la dignité du commencement; aucune mélodie ne se perd, qui ait jamais touché les cordes de cette lyre, et ouverte, dans une disponibilité toujours nouvelle, l'âme conserve en elle tous les sons qui y ont jamais vibré. La mélodie est impérissable, elle revient sans cesse...
Hermann Broch, La mort de Virgile.

Aucun commentaire: