"Je ne crois pas aux fantômes, mais j'en ai peur", disait Mme du Deffand. Je pense le contraire, à la vision d' A Ghost Story. On y croit, comme à un fantasme (im)matériel, mais il ne nous fait aucun effet, le fantôme de David Lowery. On aurait préféré, à ce corps blanc sans ombre, une ombre sans corps (inanis umbra). Et puis un fantôme si voyant c'est comme un joli nez clignotant. En plus, il est galant, il s'écarte sur le passage des vivants.
Ce qui se déroule sous les "yeux" du fantôme est comme un fantasme à l'envers : le "sujet" est présent, mais ce qu'il voit est le contraire de l'accomplissement d'un désir. Cependant, comme le fantasme, le fantasme-à-l'envers n'a ni commencement ni fin, il se répète sous des formes variées, mais toujours les mêmes : c'est une réitération immobile et circulaire. Tout ça est bien montré par le film, mais Lowery ne connaît pas l'ellipse. Les scènes (au début, surtout) sont horripilantes de longueur (le clou est l'engloutissement méthodique d'une tarte par la jeune veuve - 5 minutes? J'ai fermé les yeux). A l'inverse de Freud, le réalisateur semble confondre réalité matérielle et réalité psychique.
Pourtant on ressent la solitude de ce fantôme sous son drap, et on a de la peine avec lui...
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jeudi 1 mars 2018
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