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vendredi 9 janvier 2026

Figures (3490)

 Sous ses airs d'outsider, Échenoz habite bien notre monde, et s'il le rend éberluant, c'est moins par défaut d'épaisseur que par exorbitance. C'est par sagacité suprême.   (2020)

mercredi 7 janvier 2026

Figures (3488)

 L'auteur-narrateur de Je m'en vais semble voir les décors où son personnage évolue, comme à travers une vitre. Certains intervenants y sont étranges, parfois de simples silhouettes, des profils, des esquisses; on ne comprend pas toujours ce qu'ils disent, parfois même on ne l'entend pas, et leur comportement est plus ou moins flottant, indécis, au bord de l'absurde. Un absurde aussi soft que le suspense, car Échenoz est un doux et sa vision du monde est incrédule mais indulgente. Écrivant sans calcul fantaisiste mais avec une fantaisie calculée et mesurée, il n'ennuie jamais, étant à la fois insolite dans le familier  et familier dans l'insolite, attentif à ce qu'il voit et entend et scrupuleusement appliqué à le décrire.   (2020)

jeudi 19 décembre 2013

Etymaginaire (2)

Zatopek - "Ce nom de Zatopek qui n'était rien, qui n'était rien qu'un drôle de nom, se met à claquer universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques, valse impitoyable à trois temps, bruit de galop, vrombissement de turbine, cliquetis de bielles ou de soupapes scandé par le k final, précédé par le z initial qui va déjà très vite : on fait zzz et ça va tout de suite vite, comme si cette consonne était un starter. Sans compter que cette machine est lubrifiée par un prénom fluide : la burette d'huile Emile est fournie avec le moteur Zatopek."
Jean Echenoz, Courir (éd. de Minuit).