Affichage des articles dont le libellé est Hans Fallada. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Hans Fallada. Afficher tous les articles

samedi 1 février 2014

Seul dans Berlin (Hans Fallada)

De ce livre publié en 1947, Primo Levi disait : "C'est l'un des plus beaux livres sur la résistance allemande antinazie". Ce roman en majorité dialogué (on imagine le magnifique feuilleton qu'on pourrait en faire pour la télé) nous fait entrer dans l'intimité souffrante, veule ou héroïque d'une douzaine de personnages (dont très peu survivront) entre mai 40 (on fête la défaite de la France) et la (presque) fin de la guerre. Un tableau de l'horreur et du courage, d'un réalisme presque tactile. Le titre français est beau, mais beaucoup moins fort, moins glaçant, que le titre original: Jeder stirbt für sich allein (Chacun meurt [pour soi] seul). Le livre est écrit en trois semaines par un homme épuisé de drogue et d'alcool, et c'est un chef-d'oeuvre (un bon livre peut avoir la poitrine étroite, un grand livre nous donne à respirer l'univers). Il faudrait traduire en français [mais c'est fait je crois] son roman le plus connu  : Et maintenant petit homme? La banale histoire d'un couple de chômeurs dans l'Allemagne pré-hitlérienne, et que Georges-Arthur Goldchsmidt qualifie de "terrible".
Hans Fallada est le pseudo de Rudolf Ditzen (1893-1947), emprunté à un conte de Grimm; Fallada est le nom d'un cheval qu'on tue parce qu'il dit toujours la vérité.