L'Amour n'est pas un sentiment! l'amour c'est une femme.
Marc-Édouard Nabe, Au régal des vermines.
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jeudi 6 mars 2025
Amour (244)
mercredi 31 octobre 2018
vendredi 16 février 2018
Figures médiatiques (134)
... Chiens de salon, tels Nabe et ses provocations héritées de Léon Bloy, ou Angot et sa rage autobiographique.
Thomas Clerc, Le Monde des livres du 18/05/07.
Thomas Clerc, Le Monde des livres du 18/05/07.
dimanche 12 septembre 2010
L'homme qui arrêta d'écrire
Par un tour de force physique, sinon ontologique, le narrateur du vingt-huitième livre de Marc-Edouard Nabe nous raconte en le faisant et fait en nous le racontant ce qu'il prétend avoir cessé de faire: écrire. Il écrit qu'il n'écrit pas et, comme l'anneau de Möbius, c'est tordu mais c'est droit. Celui qui écrit n'écrit pas mais visite, à la manière du dix-huitième, la France du vingt-et-unième siècle, en son coeur, sa capitale; et celui qui visite n'écrit pas, puisqu'il visite, mais il s'étonne abondamment et apostrophe de même. Et cela fait un (très) gros livre.
Ce pavé dans la mare chromatisée des néo-snobismes est un peu la version mise à jour du Diable boiteux, colorée par la franchise actuelle d'un Ingénu post-moderne, et pleine de la verve émerveillée de Lettres persanes sur la World Wide Web. Comme Usbek et Rica, sans avoir l'air d'en toucher l'arobase, Nabe fait de la sociologie littéraire; comme le Huron, il ne connaît pas l'hypocrisie; comme Asmodée, il soulève les toits des lieux câblés du Paris nocturne et fait éclater le pittoresque contemporain. Mais son opus (au double sens d'ouvrage et de chose nécessaire) , sous-titré "roman", n'a qu'une intrigue artificielle qui relie, comme un fil trouvé par terre, la verroterie sensible ou virtuelle qui fait briller les yeux et clignoter le cerveau des fashion human beings d'aujourd'hui. C'est un pamphlet à facettes, parfois ternes, parfois étincelantes (j'aime la description du défilé de mode et, surtout, celle de l'installation d'oeuvres d' art qui n'acquièrent de valeur qu'autant qu'elles ont un prix!)
Si le poids (propre ou métaphorique) du livre peut en grever ou décourager la lecture, on la reprend. Car cette libre pénétration dans les lieux les plus hype de la branchitude n'engendre rien qui ressemble à une oeuvre construite et fondatrice, et Nabe n'est ni Proust ni Céline, mais... Mais il vaut autant qu'un Léautaud savant et culotté dont l'indépendance d'esprit, rien moins que discrète, nous saute au visage et s'exerce sur tout et sur tous. Son idiosyncrasie peut agacer ou déplaire, c'est celle du courant d'air vif et brusquin qui dépoussière les édifices enracinés et fait rouler comme tumbleweeds le marbre en carton des fallacieux piliers.
Et puis Nabe est toujours le roquet instinctif qu'il fut dès son premier livre (Au Régal des vermines date de 1985), qui plante ses canines au milieu des raouts, là où le mollet est concupiscible, outré, glorieux. "Je mords pour vous" ferait bien sa devise...
Ce pavé dans la mare chromatisée des néo-snobismes est un peu la version mise à jour du Diable boiteux, colorée par la franchise actuelle d'un Ingénu post-moderne, et pleine de la verve émerveillée de Lettres persanes sur la World Wide Web. Comme Usbek et Rica, sans avoir l'air d'en toucher l'arobase, Nabe fait de la sociologie littéraire; comme le Huron, il ne connaît pas l'hypocrisie; comme Asmodée, il soulève les toits des lieux câblés du Paris nocturne et fait éclater le pittoresque contemporain. Mais son opus (au double sens d'ouvrage et de chose nécessaire) , sous-titré "roman", n'a qu'une intrigue artificielle qui relie, comme un fil trouvé par terre, la verroterie sensible ou virtuelle qui fait briller les yeux et clignoter le cerveau des fashion human beings d'aujourd'hui. C'est un pamphlet à facettes, parfois ternes, parfois étincelantes (j'aime la description du défilé de mode et, surtout, celle de l'installation d'oeuvres d' art qui n'acquièrent de valeur qu'autant qu'elles ont un prix!)
Si le poids (propre ou métaphorique) du livre peut en grever ou décourager la lecture, on la reprend. Car cette libre pénétration dans les lieux les plus hype de la branchitude n'engendre rien qui ressemble à une oeuvre construite et fondatrice, et Nabe n'est ni Proust ni Céline, mais... Mais il vaut autant qu'un Léautaud savant et culotté dont l'indépendance d'esprit, rien moins que discrète, nous saute au visage et s'exerce sur tout et sur tous. Son idiosyncrasie peut agacer ou déplaire, c'est celle du courant d'air vif et brusquin qui dépoussière les édifices enracinés et fait rouler comme tumbleweeds le marbre en carton des fallacieux piliers.
Et puis Nabe est toujours le roquet instinctif qu'il fut dès son premier livre (Au Régal des vermines date de 1985), qui plante ses canines au milieu des raouts, là où le mollet est concupiscible, outré, glorieux. "Je mords pour vous" ferait bien sa devise...
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