Ride Lonesome (Le vengeur solitaire, 1958) est un western tout en lignes, net, sans bavures. Le montage n'escamote aucun trait; tout est dit mais rien ne déborde. Notre cœur est à l'unisson du caractère du héros (Randy Scott, bien sûr, l'âme et lame bœtticherienne): jamais il ne s'emballe ni ne se lasse, il tranche à mesure qu'il avance. D'un bout à l'autre du récit, il tient sa note. Et ce n'est pas la note mécanique et métallique d'une horloge, c'est la note habitée qui crée la musique intérieure de l'être en quête de justice.
lundi 26 octobre 2020
Figures (995)
mercredi 21 octobre 2020
Figures (990)
Alors que Ford cherche à se définir viscéralement par un enracinement dans l'Histoire et Mann hausse l'exigence quotidienne au niveau du tragique le plus achevé, Bœtticher, tout comme le réalisateur de Rio Bravo, s'attache à mettre en exergue la relation nécessaire et concertée que l'homme entretient avec le monde dans le cadre du combat quotidien, de cette bataille rugueuse et routinière dont, au bout du compte, surgit l'étonnement et le bonheur de se découvrir tel qu'on s'est voulu. C'est donc un "gagneur" que ce héros bœtticherien et son créateur précise: "Je n'aime pas faire un film où les personnages ne sont pas maîtres de leur destin." Maître de lui-même comme de l'univers qu'il parcourt, l'homme selon Bœtticher reste ineffaçablement gravé dans nos mémoires sous les traits calmes et austères de Randolph Scott...
Astre/Hoarau, Univers du western.