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mercredi 30 juillet 2014
Xenia (Panos H.Koutras, 2014)
Si on aime les sucreries survoltées de Patty Bravo, il faut vite aller voir ce film qu'il serait pourtant injuste d'enfermer dans sa kitscherie revendiquée. Le titre ironique (une antiphrase qui signifie "hospitalité") augure d'une réflexion musclée sur l'état de tolérance d'une Grèce en crise qui se raccroche à son hellénité! Les deux frères adolescents de l'histoire étant albanais et, pour l'un, homosexuel, on imagine leur inconfort! Si on ajoute qu'ils sont orphelins de mère et abandonnés depuis longtemps par un père -grec- qui ne les a jamais reconnus, on a dépassé les confins du mélo. A cela se greffe que malgré leur petit écart d'âge (16 et 18 ans) l'un est infantile(doudou et sucette) et l'autre fortement virilisé : on voit bien le tandem. Pourtant ça marche, bien que la première partie soit trop lourde, trop grasse, d'un mauvais goût généreux mais indigeste. Les cucuteries disneyennes qui voudraient coller à l'univers bébé du jeune Dany n'empêchent pas l'émotion, parfois. La beauté même soudain surgit dans un bois où se sont réfugiés les deux frères: tout à l'opposé de la musique vulgaire et bruyante sur laquelle ils ont dansé, sourdent quelques notes fluides et merveilleuses crées par Delaney Blue (guitariste et compositeur de Daniel Darc). La vérité de ces marginaux malgré eux est là, dans cette musique d'une tristesse gracieuse et bienveillante qui accueille et recueille les oisillons dont les tempêtes de l'histoire dévastent parfois le nid. L'amour des frères trouve, sans le savoir, dans l'universelle sérénité mélancolique de quelques accords, sa source et sa course. Xenia, sans cette musique -métaphore de la beauté apaisée- est un film que j'aurais pu ne pas aimer. Le compositeur Delaney Blue est grec, il s'appelle George Betzounis.
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