Zemmour est un pauvre type, taraudé par une marotte obsédante, un monomaniaque qui a fini par se confondre avec son fantasme et en devenir illuminé, à telle enseigne qu'il a fait prendre à quelques demeurés -de plus en plus nombreux par panurgisme agglutinant- ses fumignons pour des phares. Les galeux ne demandent qu'à être grattés et le grégarisme est "la chose du monde la mieux partagée". Selon la triste et plaisante formule d'Anatole France, "ils y vont le museau de l'un sous la queue de l'autre".
La plupart des hommes aiment vivre en bandes ou en meutes, et se diriger à la boussole mimétique, qui ne mène nulle part mais qui rassure. La tautologie du groupe tient au "parce que": il est bien et je veux lui ressembler parce qu'il me ressemble, il a les mêmes rancœurs, les mêmes "ranceurs"que moi. Les beaufs, les frustrés, les "ressentimentaux", les "ressentimenteurs" se collent pour se tenir chaud, pour tenir debout. Ils sont comme les harengs qui pètent quand ils sont en bande, qui pètent pour faire bande, car c'est le crépitement de leur anus qui les soude.
Zemmour est le triste critère de l'étroitesse bas de poil: son médiocritère.
Zemmour ferait peur s'il ne faisait pitié. Voyez-le, disgracieux, voûté, maigre comme cet homoncule de Gœbbels, cet avorton de Mégret, au virilisme compensatoire. Sa haine des femmes et celle des immigrés sont deux obsessions tressées, une même menace à exorciser, un même autre insoumis, vivant, inquiétant donc et qui provoque son ressentiment; une sorte de "consolation" aurait dit Léautaud.