J'ai dû faire euthanasier notre vieux chien , et notre vieille chatte, Colette. Le lendemain Bastien (14 ans) me dit : "Il reste une crotte d'Achille dans le jardin. Mais je ne te dirai pas où elle est, je veux la garder en souvenir".
Hier soir, en rentrant du collège, après les épreuves du brevet, il avait un violent mal de tête. Il a dormi un peu puis est venu m'aider à enterrer nos animaux.
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vendredi 11 mai 2018
mardi 4 décembre 2012
Quelques heures de printemps, de Stéphane Brizé.
Réalité et fiction entretiennent des rapports ambigus. Elles se méprisent et elles s'envient. L'une et l'autre revendiquent le vrai, par le biais du réel ou celui du symbole, mais l'une et l'autre savent bien ce qui leur manque : la liberté pour le documentaire, et la crédibilité pour l'invention.
De ce point de vue, le dernier film de Stéphane Brizé est un petit miracle : il puise dans le réel la substance vive et dolente de sa simple histoire et la dépose toute fraîche sur l'étal de son art, par la grâce d'une mise en scène et d'une direction d'acteurs cordées au millimètre. Quitte à sembler parfois appliquée, la fiction qui nous est proposée se joue dans le juste vêtement de l'actuelle immanence, elle en tire sa semblance vraie, nous donne l'illusion d'entrer dans l'intimité banale d'un fils et d'une mère qui ne savent pas s'ils s'aiment puisqu'ils ne se supportent pas. La force et la finesse du réalisateur est de réussir à nous faire sentir l'absurde densité d'une existence, le tout et rien à la fois de nos vies si ordinaires et tellement aenigmatiques.
L'atmosphère de cette histoire particulière n'est pas gaie : la mère (Hélène Vincent) de ce faux-bourdon hagard et hasardeux qu'interprète Vincent Lindon n'a guère plus de charme et d'attraits qu'une fourmi, industrieuse comme il se doit. Et puis elle est gravement malade, et à décidé de mourir, en Suisse(1), avant la déchéance. Quelques diversions tentent de faire respirer le film : le voisin bon homme et compréhensif, l'aventure amoureuse du fils, avec une belle de rencontre (pour faire entrer un peu d'air vif dans son confinement mortifère), mais qui va chavirer sur un malentendu. Reste le chien, Cali, pas du tout cabot, lien familial discret mais nécessaire (voire finalement décisif), seul être-objet capable d'alléger cette écrasante métaphore du Destin pesant sur l'échine du monde et ne laissant pour seul marronnage au libre arbitre que le choix de sa mort : Cali témoigne d'une innocence possible. Il ne choisit pas, il aime sa maîtresse et son maître. Voir Cali dormir le ventre en l'air nous réconcilie avec la Création, car une telle confiance serait impossible dans un monde totalement voué au malheur.
La lumière vient à la fin, au printemps, sur une petite route valaisane, juste avant de s'éteindre pour toujours dans les yeux d'Yvette, serrée contre ce fils qu'elle aime enfin, comme il l'aime, à cet instant.
(1) Suisside : euthanasie pratiquée dans l'épaisseur du confort helvète.
De ce point de vue, le dernier film de Stéphane Brizé est un petit miracle : il puise dans le réel la substance vive et dolente de sa simple histoire et la dépose toute fraîche sur l'étal de son art, par la grâce d'une mise en scène et d'une direction d'acteurs cordées au millimètre. Quitte à sembler parfois appliquée, la fiction qui nous est proposée se joue dans le juste vêtement de l'actuelle immanence, elle en tire sa semblance vraie, nous donne l'illusion d'entrer dans l'intimité banale d'un fils et d'une mère qui ne savent pas s'ils s'aiment puisqu'ils ne se supportent pas. La force et la finesse du réalisateur est de réussir à nous faire sentir l'absurde densité d'une existence, le tout et rien à la fois de nos vies si ordinaires et tellement aenigmatiques.
L'atmosphère de cette histoire particulière n'est pas gaie : la mère (Hélène Vincent) de ce faux-bourdon hagard et hasardeux qu'interprète Vincent Lindon n'a guère plus de charme et d'attraits qu'une fourmi, industrieuse comme il se doit. Et puis elle est gravement malade, et à décidé de mourir, en Suisse(1), avant la déchéance. Quelques diversions tentent de faire respirer le film : le voisin bon homme et compréhensif, l'aventure amoureuse du fils, avec une belle de rencontre (pour faire entrer un peu d'air vif dans son confinement mortifère), mais qui va chavirer sur un malentendu. Reste le chien, Cali, pas du tout cabot, lien familial discret mais nécessaire (voire finalement décisif), seul être-objet capable d'alléger cette écrasante métaphore du Destin pesant sur l'échine du monde et ne laissant pour seul marronnage au libre arbitre que le choix de sa mort : Cali témoigne d'une innocence possible. Il ne choisit pas, il aime sa maîtresse et son maître. Voir Cali dormir le ventre en l'air nous réconcilie avec la Création, car une telle confiance serait impossible dans un monde totalement voué au malheur.
La lumière vient à la fin, au printemps, sur une petite route valaisane, juste avant de s'éteindre pour toujours dans les yeux d'Yvette, serrée contre ce fils qu'elle aime enfin, comme il l'aime, à cet instant.
(1) Suisside : euthanasie pratiquée dans l'épaisseur du confort helvète.
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