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vendredi 1 janvier 2010

La forme est la peau

Même une chose impossible - si elle met en relation des objets définis dans les trois ou quatre dimensions - comme enculer une mouche avec un réverbère, par exemple, est universellement acceptée comme "concrète". Pour que "ça" se voie, pour que "ça" se touche, il suffirait d'inverser les proportions. Béton, diraient les Anglais. Alors que la banalité d'écrire manque de substance, aux yeux du monde. L'écrivain qui ne fabrique aucun simulacre tangible du réel est cependant toléré tant qu'il se réfère à ce réel, mais celui qui ne produit même pas de simulacre du réel tangible est tout bonnement taxé d'originalité, quand ce n'est pas de folie. Parce que toute écriture - a fortiori l'écriture "désintéressée" - est kantienne : elle ne peut exister sans la forme et ne peut revendiquer la chose en soi.
Ce qui échappe aux non-lisants, voire aux non-écrivants, c'est que la forme c'est la sensibilité, c'est la peau. C'est même l'invisible émanation des choses. L'émanation des choses invisibles, parfois...