[Suite du 206 et fin] - La femme plus que nous est mêlée à cette terre et nous l'apporte: dans le champ clos sans ombre où nous vivons, où tout signe se résout dans sa signification crue, où l'œil cerne son but et l'heure sa tâche précise, où l'on circule par les rues entre les angles durs d'une ruche nettoyée, c'était comme si toute l'épaisseur confuse de ce monde perdu s'était jetée soudain sur nous dans son parfum de forêt mouillée avec l'air frais du matin sur les routes ouvertes, le flamboiement des villages à midi, le vent qui brûle aux pointes des herbes, les tours bleues qui montaient sur les soirs de voyage, les chaudes braises rouges de la nuit visitée. Beauté terrible à l'enfermé, parce qu'elle est inépuisable; toute couverte de ses yeux cruels où reverdissent les royaumes de la terre. Julien Gracq, Les terres du couchant, p. 191.
Affichage des articles dont le libellé est l'exil et le royaume. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est l'exil et le royaume. Afficher tous les articles
samedi 18 mai 2024
Beauté (207)
Inscription à :
Articles (Atom)