L'aspiration à la beauté et les contraintes du réel doivent-elles s'exclure? On étudiait Mignonne, allons voir si la rose... En Seconde. Un de mes élèves préférés, intelligent, sensible, écorché, rebelle, se lève et me dit: "A quoi ça sert?"Il avait raison et tort à la fois, et j'ai fait l'éloge de la beauté. Une aventure de l'esprit et des sens dans un monde bouclé et calculateur. La liberté dans la prison. L'idéal immortel qui nous sauve de l'abrutissement auquel on voudrait nous soumettre. L'être profond sous le paraître. La faiblesse qui n'envie aucune force. Un trésor immatériel présent dans toutes les strates du temps. Ce qui nous désespère et nous exalte, décolore notre existence mais justifie notre envie de vivre. Ce qu'il reste d'amour au monde. La source et l'océan de tout regard. La vérité peut être belle ou laide, douce ou violente, mais la beauté est toujours vraie, elle est à la fois la folie ou l'aventure extrême des apparences, et leur sagesse supérieure. Chômeur ou travailleur, sans la beauté, que serez-vous, où serez-vous, où irez-vous? Dans le Néant où vous vivez déjà car, sans la beauté, vous êtes sorti pour toujours du grand Jardin. Y êtes-vous même entré?
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samedi 8 novembre 2008
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