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mercredi 17 décembre 2025

Bonté (2)

 Le kaoucer est un ruisseau ou bassin du paradis d'Allah où coule une liqueur plus blanche que le lait, plus douce que le sucre, plus pure que l'eau limpide et plus parfumée que le musc.   IV.84

samedi 19 avril 2025

jeudi 18 août 2022

Adolescence (13)

 [Suite du 12] - L'Eden est une création adolescente: la pureté d'Adam et Eve, Dante et Béatrice au firmament du Paradis, Roméo et Juliette en amants parfaits parce qu'impossibles sont des indices majeurs de cette idéalité adolescente qui jalonne les civilisations. (A suivre)

lundi 17 février 2020

Antimétaboles (42)

Je dis à Françoise: "Crois-tu qu'il y ait de la musique au paradis?
— Probablement pas. Mais il y a du paradis dans la musique."

samedi 22 décembre 2018

jeudi 3 novembre 2016

Horizons (33)

Tout le bizarre de l'homme, et ce qu'il y a en lui de vagabond, et d'égaré, sans doute pourrait-il tenir dans ces deux syllabes: jardin. Jamais, qu'il se pare de diamants ou souffle dans le cuivre, une proposition plus étrange, une plus déroutante idée ne lui était venue que lorsqu'il inventa les jardins. Une image des loisirs se couche dans les gazons, au pied des arbres. on dirait que l'homme s'y retrouve avec son mirage de jets d'eau et de petits graviers dans le paradis légendaire qu'il n'a point oublié entièrement. Jardins, par votre courbe, par votre abandon, par la chute de votre gorge, par la mollesse de vos boucles, vous êtes les femmes de l'esprit, souvent stupides et mauvaises, mais toute ivresse, toute illusion. Dans vos limites de fusains, entre vos cordeaux de buis, l'homme se défait et retourne à un langage de caresses, à une puérilité d'arrosoir. Il est lui-même l'arrosoir au soleil, avec sa chevelure fraîche. Il est le râteau et la pelle. Il est le morceau de caillou. Jardins vous ressemblez à des manchons de loutre, à des mouchoirs de dentelle, à des chocolats aux liqueurs. Parfois vous accrochez vos lèvres aux balcons; les toits vous les couvrez comme des bêtes, et vous miaulez au fond des cours intérieures. J'ai dormi dans vos pirogues : mon bras s'était déroulé, de petites fourmis fuyaient sur la terre. Les fleurs se massaient sur le ciel. Le banc vert regrettait le Nil où sur un sol brûlant s'enfuyaient devant lui de grandes écharpes blanches. J'ai joué sur vos pelouses et mon pied dans vos allées a poussé mon coeur entre le ciel et l'enfer. Devant vos plates-bandes j'ai agité mon mouchoir comme un émigrant à bord. Et déjà le bateau s'éloigne. Aux agrès du jardin les désirs les plus simples, les douceurs du soir sèchent avec ma chemise. Le soleil par testament nous laisse un pot de géranium.
Louis Aragon, Le Paysan de Paris.