Ce que l'on prend pour de l'anthropomorphisme est d'abord cosmomorphisme. Bien sûr les choses ne nous disent pas ce qu'elles éprouvent ou ce qu'elles pensent, car elles ne pensent ni n'éprouvent rien. Mais elles nous disent ce que nous éprouvons et ce que nous pensons, et du même coup elles nous aident à le dire: elles nous offrent une image de nous-même sur laquelle nous apprenons à nous connaître. Si la conscience des choses est en même temps conscience de soi, la connaissance de soi passe par la connaissance des choses.
Ainsi la poésie dit le monde.
Mikel Dufrêne,
Le poétique.