dimanche 6 novembre 2016

Faits et dits enfantins (227)

Le chien de Nine (6 ans) et Lucien (10 ans) est un bâtard de griffon et de je-ne-sais-quoi, une boule d'énergie dont on distingue à peine la tête du cul. Un brouillon de chien qui tantôt leur sert de jouet, tantôt de comparse, tantôt de repoussoir.

Ce petit enfant demande : "Pourquoi les raisins secs i'z'ont pas de pépins?"

samedi 5 novembre 2016

Faits et dits enfantins (226)

Marie (5 ans) dit "la barrière de la fourchette" (les dents).

Bastien (5 ans) me demande : "Le pays le plus loin de la France, c'est quoi?
-- Euh... La Nouvelle Zélande?
-- Eh ben, je t'aime jusqu'à la Nouvelle Zélande!"

vendredi 4 novembre 2016

Faits et dits enfantins (225)

Sa grand-mère demande à Lucien (9 ans) s'il a déjà eu  une amoureuse ou un amoureux ; "ça, c'est un secret que j'ai écrit dans mon journal et que lui seul connaît."

Nine (7 ans) me demande : "Est-ce que si t'aimais pas le melon t'en mangerais?
-- Non.
-- Alors j'aime pas le melon, alors j'en mange pas."

jeudi 3 novembre 2016

Horizons (33)

Tout le bizarre de l'homme, et ce qu'il y a en lui de vagabond, et d'égaré, sans doute pourrait-il tenir dans ces deux syllabes: jardin. Jamais, qu'il se pare de diamants ou souffle dans le cuivre, une proposition plus étrange, une plus déroutante idée ne lui était venue que lorsqu'il inventa les jardins. Une image des loisirs se couche dans les gazons, au pied des arbres. on dirait que l'homme s'y retrouve avec son mirage de jets d'eau et de petits graviers dans le paradis légendaire qu'il n'a point oublié entièrement. Jardins, par votre courbe, par votre abandon, par la chute de votre gorge, par la mollesse de vos boucles, vous êtes les femmes de l'esprit, souvent stupides et mauvaises, mais toute ivresse, toute illusion. Dans vos limites de fusains, entre vos cordeaux de buis, l'homme se défait et retourne à un langage de caresses, à une puérilité d'arrosoir. Il est lui-même l'arrosoir au soleil, avec sa chevelure fraîche. Il est le râteau et la pelle. Il est le morceau de caillou. Jardins vous ressemblez à des manchons de loutre, à des mouchoirs de dentelle, à des chocolats aux liqueurs. Parfois vous accrochez vos lèvres aux balcons; les toits vous les couvrez comme des bêtes, et vous miaulez au fond des cours intérieures. J'ai dormi dans vos pirogues : mon bras s'était déroulé, de petites fourmis fuyaient sur la terre. Les fleurs se massaient sur le ciel. Le banc vert regrettait le Nil où sur un sol brûlant s'enfuyaient devant lui de grandes écharpes blanches. J'ai joué sur vos pelouses et mon pied dans vos allées a poussé mon coeur entre le ciel et l'enfer. Devant vos plates-bandes j'ai agité mon mouchoir comme un émigrant à bord. Et déjà le bateau s'éloigne. Aux agrès du jardin les désirs les plus simples, les douceurs du soir sèchent avec ma chemise. Le soleil par testament nous laisse un pot de géranium.
Louis Aragon, Le Paysan de Paris.

Faits et dits enfantins (224)

Marie (5 ans) imite le ronronnement du chat.
"T'entends ma gazeuse?
-- ?
-- Ben oui, ma tondeuse à gazon!"

Bastien (5 ans) ouvre régulièrement un livre (qui traîne dans l'auto) à la page 405, représentant le château de Villeneuve-sur-Lot (in La France des routes tranquilles).

mercredi 2 novembre 2016

Faits et dits enfantins (223)

Lucien (9 ans) sait déjà ce qu'il veut faire plus tard : il sera styliste. il tape d'ailleurs un texte sur internet, qu'il imprime, en écrivant "c'est ma passion" et en annonçant son second modèle, qu'il va dessiner.

Nine (7 ans) : "Gégé, est-ce que tu me trouves intéressante?
-- Oui, Nine, et même très intéressante. Pourquoi? Tu ne te trouves pas intéressante, toi?
-- Si, mais je voulais savoir si toi aussi tu me trouvais intéressante."

mardi 1 novembre 2016

Faits et dits enfantins (222)

Alors qu'elle dit parfois qu'elle voudrait être plus tard "maîtresse" et actrice de théâtre (1) , Marie (5 ans) aujourd'hui pleure à l'évocation de son avenir. "J'ai regardé tous les métiers et aucun me plaît. Je veux pas travailler, je veux pas apprendre un métier, je veux pas apprendre! Quand je saurai lire et écrire, j'irai plus à l'école!"
(1) Elle l'est devenue.

"Bastien, pourquoi tu es tout rouge?
-- Parce que je suis ravi!" (5 ans)