Encore une fois, l'adjectif "almodovarien" colle parfaitement à la dernière couvée-éclosion du plus fémino-masculin des cinéastes espagnols: l'œuf à repriser grâce auquel sa mère réparait comme elle pouvait sa vie pauvre, lui est transmis (et tenu par son personnage bio-fictif) comme la relique de l'amour filial. Douleur et gloire est un titre explicite, trop limpide pour ne pas être sujet à irisation: lumineux et transparent comme l'arc-en-ciel d'autrefois et l'arc-en-terre esquissé. Nous fûmes cet enfant aux traits purs fraîchement relevés, nous sommes cet homme incliné vers les lueurs du couchant qui creuse à nos tempes des ombres à l'ocre brune. Ce (déjà) vieil homme qui serre sur son cœur l'image vivante d'un hier ensoleillé qui bientôt lui échappera.
Ce qui manquait à La Male educacion, parfaitement photographié, chorégraphié, dialogué, découpé, etc., c'était l'impalpable épaisseur du mystère. Epaisseur paradoxale, puisque le mystère n'en a pas. Les grosses pattes de l'artiste ne parvenaient pas à saisir l'insaisissable amour. Il lui manquait de susciter un désir qu'il ne semblait pas éprouver. Avec Douleur et gloire, le telos est atteint. Le créateur renonce aux larmes banales et nous fait deviner la vraie grâce, la féminine, qui court dans les veines de tous les hommes, dont la virilité n'est qu'une variation.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
1 commentaire:
Un site similaire pour regarder des films est idéal https://voirfilmstreaming.tv/ Je l'aime, je vous conseille donc fortement de l'étudier vous-même. Il existe de nombreux films différents et de nouveaux produits disponibles, ce qui est cool
Enregistrer un commentaire