Toute œuvre d'art recèle son insoluble contradiction dans la "finalité sans fin" par laquelle Kant définit l'esthétique; dans le fait qu'elle représente une apothéose du faire, de la capacité de dominer la nature qui, en tant que création au second degré, se pose comme absolue, sans finalité, existant en elle-même, alors que le faire lui-même, qui est la glorification de l'artefact, reste inséparable précisément de la finalité rationnelle dont l'art veut s'évader. La contradiction entre ce qui est fait et ce qui est, constitue l'élément vital de l'art et définit la loi de son développement, mais elle est aussi sa honte.
Adorno, Minima moralia, p. 210.
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