S'il y a, dans Le désert des Tartares, une parabole, elle part de la vie quotidienne — montrée certes dans ses rites et son déroulement immuable, mais surtout dans son suintement, son goutte à goutte, son emprise faite d'un mélange d'habitudes et de fascination. Buzzati ne pétrifie pas le destin de Drogo dans un marbre intemporel, il nous fait sentir à chaque page en quoi plutôt ce destin colle à la terre. Son dessein n'a pas été de polir un diamant métaphysique, mais de nous faire entendre la petite voix de l'homme seul qui tinte et tinte en vain sous un grand couvercle de plomb.
vendredi 16 juillet 2021
Figures (2229)
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