Si je suis plus épicurien qu'hédoniste c'est parce que pour moi le plaisir n'est pas une fin philosophique: choisir comme fin le plaisir, c'est prendre une impasse pour une autoroute. L'hédoniste n'est pas eudémoniste, il ne se soucie pas du bonheur, visée trop large et trop lointaine. L'épicurien, au contraire, emprunte le chemin du plaisir, non pour s'y perdre mais pour atteindre à une forme non pas idéale mais pleine (physique et spirituelle) du bonheur; jouir du monde pour mieux jouir de soi, pour mieux jouir des autres, pour ainsi jouir du monde mieux encore, et de soi encore mieux, des autres encore mieux, etc. L'hédoniste parfait entrerait dans un cercle vicieux de jouissances inépuisablement épuisantes. L'épicurien amorce une spirale ascendante, forcément vertueuse...
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