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mardi 30 septembre 2025

Figures (3401)

 Dostoïevski ne trouve pas sa place dans notre idéologie. Ce n'est pas comme Maïakowski, dont Staline a eu raison de dire qu'il était le meilleur et le plus doué. Il est l'État personnifié, même dans ses émotions. Alors que Dostoïevski est l'humanité en personne, même dans son étatisme.
Vassili Grossman, Vie et destin.

dimanche 24 avril 2022

Autogestion (7)

Dans les années 1970, le mot "autogestion" était au cœur du langage politique, sur toutes les lèvres, sous toutes les plumes. Moi-même, j'ai publié en 1976 L'âge de l'autogestion et j'en parlais dans les articles que j'écrivais pour le Nouvel Observateur ou le Matin de Paris. Et puis, en 1981, il s'évapore brutalement. D'abord parce que si la victoire de la gauche était l'accomplissement d'une longue attente, elle se faisait sur des bases discutables. Le Programme commun, conclu en 1972 pour amadouer le PCF et qui continuait d'orienter le programme de Mitterrand, était aux antipodes de l'esprit autogestionnaire. C'était un programme "social-étatiste", avec comme mesure emblématique les nationalisations. (A suivre)
Pierre Rosanvallon, in L'Obs 2809 du 06/05/2018.

vendredi 22 avril 2022

Autogestion (5)

 (Suite du 4) - Il n'existe aujourd'hui que deux modèles: un modèle de jungle, où la planification nationale n'est que la résultante d'un rapport de forces entre les intérêts de puissants groupes affrontés - c'est en gros le modèle dit capitaliste; ou bien le modèle mécanique où le plan est décidé centralement par l'Etat, ce qui élimine incontestablement les formes les plus perverses de la production ordonnée aux intérêts et aux profits privés, mais sans mettre fin à à l'aliénation du travail. (A suivre)
R. Garaudy, Parole d'homme.