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vendredi 22 mai 2026

Euménides (510)

 Homère par Claude Roy - Pour le romancier, il n'y a pas d'être sans intérêt - cet être fût-il un vieux chien galeux.

samedi 9 mai 2026

Euménides (497)

Hemingway par Claude Roy -  "[ Il y avait deux hommes dans Hemingway : Ernest et Papa]. Ernest était cultivé, délicat, sensible, travailleur acharné, ami généreux [...]. Papa était brutal, tonitruant, vantard, brutal, rasant."

vendredi 28 novembre 2025

Figures (3460)

 La narratrice est strictement vêtue par la haute couture de cette langue qu'on ne parle qu'en Durasie. Une parole dont le projet est (et parfois, dirait-on, à n'importe quel prix) de ne pas donner une seule seconde le sentiment du déjà-entendu, du déjà-lu. Cette torsion constante de la phrase, cette gymnastique volontaire de rajeunissement du style, ce passage du naturel bouleversant au charabia cérémonieux, c'est Duras toute entière à la langue attachée. Cela donne parfois, mais rarement, la chair de poule du jargon trop précieusement abstrait.  
Claude Roy, parlant de L'amant, in N.O. 1034 du 31/08/1984.

jeudi 17 avril 2025

Euménides (249)

 Marguerite Duras par Claude Roy - ... du naturel bouleversant au charabia cérémonieux...

mardi 18 février 2025

Figures (3222)

 Les tableaux de Chirico l'avaient fait rêver de cités sûrement imaginaires, pensait-il, où dans l'espace clair des belles places désertes s'éloigne, à chaque coin de rue, l'écho des pas d'un passant invisible. Débarquant en Italie, Yves Bonnefoy découvre que ce qu'il a cru être seulement le songe d'un peintre et un artifice de l'ingéniosité picturale est réalité.
Claude Roy, Le fils de Baudelaire, in N. Obs. 891 du 05/12/81.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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dimanche 29 décembre 2024

Euménides (155)

 Cioran par Claude Roy - ... dans son belvédère ténébreux, du haut de son petit rocher de Prométhée atrabilaire...
Claude Roy, in N. Obs. 783 du 12/11/79.

mardi 24 septembre 2024

Euménides (72)

 Beauvoir par Claude Roy - La force et la faiblesse de Beauvoir, c'était d'être absolument absolue.
in N.Obs. 1119 du18/04/86.

jeudi 29 février 2024

Figures (2953)

 [Solal] ne peut s'empêcher de couper court à un déferlement de pohasie et d'hamourre par une saillie incongrue, il fait se croiser dans sa rêverie amoureuse Phèdre et Gaudissart, Yseut et Mme Verdurin, Anna Karénine et la môme Crevette, et si le dérisoire ne vient pas à bout de l'illusion passionnelle, le macabre aura le dernier mot.
Claude Roy, Albert Cohen jusqu'aux étoiles, in N.Obs. 885 du 24/10/81.

vendredi 4 août 2023

Figures (2722)

 Il y avait déjà chez l'Ecclésiaste et Job, aux "beaux noirs" desquels Cioran a ajouté, ce dandysme suprême: écrire bien sur le mal absolu. [...] Mais les beaux noirs sont monotones. Quand, dans son belvédère ténébreux, du haut de son petit rocher de Prométhée atrabilaire, Cioran observe le monde, il a une vue véritablement perçante.
Claude Roy, in N.Obs. 783 du 12/11/79.

lundi 26 décembre 2022

Bagage (3)

 Voyager, c'est dépouiller l'une après l'autre les peaux du serpent. C'est dépouiller, d'étape en étape, le vieil homme. Malheureux celui qui arrive à l'étape finale sans s'être allégé de tout ce qui n'était pas l'essentiel.
Claude Roy, Le bon usage du monde.

samedi 26 novembre 2022

Ecrire (37)

 De toutes les singularités de notre espèce, le bonheur d'écrire qu'on n'est pas heureux n'est pas la moins singulière.
Claude Roy, in N.Obs. 887 du 07/11/81.

vendredi 9 septembre 2022

Adresse

 Le philosophe taoïste Tchouang-Tzeu a très bien décrit le travail du boucher expérimenté, qui ne réfléchit pas, ne calcule pas, ne médite pas son geste, mais dont la main somnambule et le couteau bien aiguisé désossent et découpent le quartier de viande avec la sûreté paisible de la foudre quand elle déshabille légèrement une bergère sans lui faire le moindre mal. Les maîtres zens du tir à l'arc enseignent aussi que la parfaite précision du tir est atteinte quand l'archer oublie de savoir, se soucie peu de viser, se moque de faire mouche, dédaigne de gagner, mais est devenu lui-même l'arc, la flèche et la cible.
Claude Roy, in N. Obs 910 du 16/04/82.

vendredi 24 juin 2022

Figures (2482)

 Claude Roy raconte, dans son dernier "livre de bord" (Chemins croisés, 1994-1995) ce qui arriva à Varlam Chalamov: "Libéré en 1954, après 17 ans de camp, Chalamov a peut-être cru retrouver la "vraie vie". Le premier soir, le revenant raconte à sa femme et sa fille un peu de sa vie à Kolyma."
Sa fille ne veut rien entendre de ce "traître": "Je ne vivrai pas sous le même toit qu'un ennemi du pouvoir soviétique". Et elle demande à sa mère: "Choisis, lui ou moi." La mère se résigne à choisir, et elle choisit d'abandonner celui qu'elle attendait (peut-être) depuis 17 ans.

jeudi 23 juin 2022

Figures (2481)

 Chalamov n'écrit pas des "tranches de vie": il note des milliers d'instants de mort. Cette épopée blême du degré zéro de l'existence humaine, une existence méthodiquement déshumanisée par les planificateurs de la servitude, n'est pas un livre insoutenable: l'écriture a soutenu Chalamov.
Claude Roy, Tranches de vie, tranches de mort, in N.Obs. 889 du 21/11/81.

vendredi 3 avril 2020

Aphorismes (7)

Un aphorisme, c'est trois fois rien, et beaucoup plus encore de soins. Ça tient du bonzaï par le volume et de la manucure par la technique. C'est chinois, en un mot.
Jean-Louis Ezine, parlant du livre de Claude Roy Temps variable... (N.O. 1056 du 01/02/85).

jeudi 12 mars 2020

Figures (807)

La force et la faiblesse de Beauvoir, c'était d'être absolument absolue. Elle avait, par bonheur, de brillants intervalles de relativisme.
Claude Roy, Comment on devient Simone de Beauvoir, in N.O. 1119 du 18/04/86.

lundi 2 décembre 2019

Estacadres (824)

 Vladimir Pozner me faisait remarquer un jour que sur le fil de fer, les équilibristes japonais se servent d'ombrelles comme balanciers, que les Russes utilisaient un yatagan et un samovar, les Américains un drapeau étoilé et une carabine du Far West, que les Chinois tiennent un balancier de bambou et deux lanternes de papier, mais que, de toute façon, l'élément constant c'est un homme aux pieds nus sur un fil de fer tendu, et que le reste est secondaire. Le profit du voyage, c'est de découvrir ce qui demeure en place quand on ne reste pas en place. Le plaisir du voyage, ce sont les mille et un balanciers différents que les hommes ont inventés pour se tenir en équilibre sur le fil de la vie.
Claude Roy, Eloge du dépaysement, in Le Monde des livres du 02/08/85.