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vendredi 17 octobre 2025

Figures (3417)

 Drieu, "dromomane nervalien", d'après Patrick Besson (à propos de sa correspondance avec Victoria Ocampo). in Marianne 541 du 01/09/07.
"Je n'ai pas de cœur, je n'ai pas de cœur. Pourquoi est-ce que je continue à vivre?"

jeudi 16 octobre 2025

Figures (3416)

 Assistant à un défilé des nazis à Berlin, Drieu écrit qu'il n'avait "jamais rien eu de pareil comme émotion esthétique depuis Les ballets russes !"   36.3  (1987)

mercredi 5 juin 2024

"Grands" écrivains (3)

 Qu'est-ce qu'une panoplie littéraire?  Une manière, propre aux écrivains, d'être insincère, inauthentique, dirait Sartre. À certains plus qu'à d'autres. Drieu, par exemple - que Bernard Frank blasonne tous azimuts - "possédait au complet la panoplie littéraire idéale" (La panoplie littéraire, p.66). "Qu'est-ce qu'une panoplie littéraire? Une série d'attitudes dans lesquelles l'écrivain se complaît, un miroir qui l'avantage, des faiblesses qui sont des charmes, un duveteux pour l'intelligence".   20.104 (1982)

jeudi 6 mars 2014

Oslo, 31 août (Joachim Trier, 2011)

Cette adaptation du Feu follet ne fait pas oublier celle de Louis Malle mais s'y compare sans honte.
L'homme clos, vivant et mort au monde, erre dans sa ville comme un étrange chez une étrangère. En attente d'un dernier signe (l'appel d'une femme qu'il croit aimer) il s'enfonce dans une sorte de désespoir froid, presque neutre, souriant à l'occasion. La beauté du monde et la douceur d'une rencontre ne peuvent plus rien pour celui qui, malgré les apparences, est déjà de l'autre côté.
Il ne respire plus aucun air parfumé mais seulement la stérilité du vide. Au cours d'un coma éveillé, il revisite les lieux qu'il hantait autrefois, et ne s'y voit plus, ne s'y reconnaît plus. Somnambulant les yeux grand ouverts, il sourit d'avance au non être. Il ne perçoit plus les gestes et les paroles que comme des fumées. Le sens de l'existence? Aucune réponse ne peut satisfaire un être à l'espoir fêlé. La paille est dans le mur de verre qui le sépare du monde, il s'y est faufilé, éprouvant sa fragilité et son défaut : tout finira dans un fracas ou une béance.
Aux mille regards de la communion humaine, le héros préfère malgré lui le néant sans yeux. Il ne souhaite ni n'aspire; "le destin bouffe les prières comme le crapaud bouffe les mouches", dit Céline. Stupide. A suspendre. A effacer. Il n'éprouve que le douloureux désir mangé du horsain. Il traîne son désespoir comme une saleté, une souillure dont seule la mort peut le débarrasser.
Mal du moi, selon Kierkegaard, le désespoir ne se défait qu'avec la vie du désespéré. C'est ce qu'a compris Anders ("l'autre") : mourir pour ne plus souffrir.
Un très beau film, qui fait ressentir que la vie peut être un chant auquel on renonce, parce que la musique de la voix fait pleurer.