Hemingway par Éric de Saint-Angel - "Il tue pour ne pas se tuer." (à propos de ses chasses africaines).
jeudi 7 mai 2026
mardi 13 janvier 2026
Figures (3494)
Le poète et romancier hongrois Szilard Borbély s'est suicidé en 2014. Il avait 50 ans. Il se voyait comme "une erreur du système". Sa dépression était double: "J'étais né pour être différent. Et quand ça s'est vu, on m'a jeté du nid." Et sa difficulté à se traduire: "Tout ce que j'ai écrit est trop sombre, trop triste [...]. Ce n'est pas ainsi que j'imaginais les choses." 92.105 (2015)
mercredi 1 janvier 2025
Euménides (158)
Cioran par Roland Jaccard - Il s'appuie sur le suicide comme le paralytique sur ses béquilles.
Dix raisons d'aimer Cioran.
jeudi 14 septembre 2023
Figures (2775)
Kierkegaard raconte qu'en rentrant chez lui après avoir fait rire tout le monde dans un salon, il n'avait pas d'autre envie que de se suicider, crise naturelle que j'ai moi-même pu vérifier en maintes occasions. (À suivre)
Cioran, Entretiens, p.121.
mardi 29 août 2023
Figures (2755)
Un après-midi, à New York, une dame, lasse de l'existence et décidée à se supprimer le soir même, pénétra dans la librairie française du Rockefeller Center, sur la 5e Avenue. Pourquoi ce détour et pourquoi s'attarda-t-elle à feuilleter le Précis de décomposition qui - ce n'est pas si courant - s'offrit à ses yeux? On eut dit qu'une boussole la conduisait vers la terre promise. Miracle! la liqueur forte qui s'échappait de chaque page agit sur elle: un cordial. Une heure plus tard, la dame était chez elle, se délectant d'une lecture que nulle faute de goût ne discrédite: elle était tirée d'affaire. Entrée en sa personne à pas de loup depuis belle lurette, l'angoisse n'en fut pas chassée pour autant; grâce à Cioran, elle put l'apprivoiser.
Louis Nucera, Cioran: le salut par le rire, in Magaz. litt. 259 de nov. 88.
dimanche 13 août 2023
Figures (2733)
Il s'appuie sur le suicide comme le paralytique sur ses béquilles.
Roland Jaccard, Dix raisons d'aimer Cioran, in Le fou parle n° 12 (mars 80)
vendredi 19 août 2022
Adolescence (15)
[Suite du 14] - Cette dépressivité ouvre plus d'une fois la voie au passage à l'acte suicidaire. Ou à la toxicomanie, qui abolit la conscience, mais réalise la croyance en l'absolu de la régression orgasmique, dans une jouissance hallucinatoire. (A suivre)
J. Kristeva, L'adolescent idéaliste... in Marianne du 10/12/05.
mardi 9 août 2022
Administration (3)
La mention des déboires administratifs ("the law's delay, the insolence of office") parmi les motifs justifiant le suicide, me paraît la chose la plus profonde qu'ait dite Hamlet.
Cioran, Syllogismes de l'amertume.
mardi 1 décembre 2020
Figures (1131)
Le poète et romancier hongrois Szilard Borbély* s'est suicidé en 2014. Il avait 50 ans. Il se voyait comme "une erreur du système". Sa dépression était double: "J'étais né pour être différent. Et quand ça s'est vu, on m'a jeté du nid." S'est ajouté sa difficulté à se traduire: "Tout ce que j'ai écrit est trop sombre, trop triste [...]. Ce n'est pas ainsi que j'imaginais les choses."
*L'auteur de La miséricorde des cœurs.
mercredi 31 juillet 2019
Figures (563)
Enquête: Le suicide est-il une solution?
samedi 30 mars 2019
Mots de la fin (68)
* Ecrivain surréaliste et communiste.
dimanche 10 mars 2019
Mots de la fin (52)
lundi 16 avril 2018
Alexandrins (138)
Ne voulait pas finir en suif ou en lardons.
En andouill's, en boudin, en sauciss's, en jambon.
Ce gros cochon avait d'la suit' dans les idées.
jeudi 29 mars 2018
Estacadres (322)
jeudi 6 mars 2014
Oslo, 31 août (Joachim Trier, 2011)
L'homme clos, vivant et mort au monde, erre dans sa ville comme un étrange chez une étrangère. En attente d'un dernier signe (l'appel d'une femme qu'il croit aimer) il s'enfonce dans une sorte de désespoir froid, presque neutre, souriant à l'occasion. La beauté du monde et la douceur d'une rencontre ne peuvent plus rien pour celui qui, malgré les apparences, est déjà de l'autre côté.
Il ne respire plus aucun air parfumé mais seulement la stérilité du vide. Au cours d'un coma éveillé, il revisite les lieux qu'il hantait autrefois, et ne s'y voit plus, ne s'y reconnaît plus. Somnambulant les yeux grand ouverts, il sourit d'avance au non être. Il ne perçoit plus les gestes et les paroles que comme des fumées. Le sens de l'existence? Aucune réponse ne peut satisfaire un être à l'espoir fêlé. La paille est dans le mur de verre qui le sépare du monde, il s'y est faufilé, éprouvant sa fragilité et son défaut : tout finira dans un fracas ou une béance.
Aux mille regards de la communion humaine, le héros préfère malgré lui le néant sans yeux. Il ne souhaite ni n'aspire; "le destin bouffe les prières comme le crapaud bouffe les mouches", dit Céline. Stupide. A suspendre. A effacer. Il n'éprouve que le douloureux désir mangé du horsain. Il traîne son désespoir comme une saleté, une souillure dont seule la mort peut le débarrasser.
Mal du moi, selon Kierkegaard, le désespoir ne se défait qu'avec la vie du désespéré. C'est ce qu'a compris Anders ("l'autre") : mourir pour ne plus souffrir.
Un très beau film, qui fait ressentir que la vie peut être un chant auquel on renonce, parce que la musique de la voix fait pleurer.