(Suite et fin du 968) - D'où vient l'engouement de la gauche intellectuelle pour Blanchot? C'est un penseur d'une très grande profondeur, difficile, parfois énigmatique. La politique, avec lui, adopte un autre ton. Pas celui de Sartre, pas celui des communistes, ni même celui des surréalistes, dont il était proche, pourtant. Ce qui caractérise le plus sa pensée, c'est le "refus". C'est par ce mot qu'il revient à la politique, en 1958, rejoignant Mascolo. Refus à la prise du pouvoir par de Gaulle; refus de la guerre en Algérie, avec le "manifeste des 121" dont il fut l'un des principaux artisans. "Le refus est absolu, catégorique. Il ne se discute pas, ni ne fait entendre ses raisons", écrit-il. Refus du capitalisme en 1968, où il joua un rôle clé au comité Ecrivains-Etudiants.
Michel Surya, in N.Obs. 2575 du 13/03/14.
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vendredi 28 août 2020
jeudi 27 août 2020
Figures (968)
Mieux que quiconque il a mesuré l'inconséquence de son engagement de jeunesse, mais n'a jamais été capable d'admettre ni de comprendre comment il en était passé par là. Intellectuellement et politiquement, il est regrettable qu'une telle intelligence s'en soit abstenue. Comment peut-on avoir été à ce point anticommuniste, nationaliste et, furtivement, antisémite, et devenir, à ce point, communiste, internationaliste et philosémite? Il faut d'autant plus lire Blanchot que cette énigme montre combien la passion politique peut subordonner la pensée, et même la pervertir. (A suivre).
Michel Surya, in N.Obs. 2575 du 13/03/14.
Michel Surya, in N.Obs. 2575 du 13/03/14.
mercredi 26 août 2020
Figures (967)
Maurice Blanchot, écrivain français imaginaire (1907-2002). Le "o" étant noir dans ma vision synesthésique des voyelles, Blanchot est à ma vue et mon ouïe un nom oxymoresque: sémantiquement blanc, "oculairotiquement" noir; ainsi vois-je l'homme, ainsi vois-je l'écrivain. "Voir" est un verbe trop fort. Puisqu'être simultanément blanc et noir n'est pas seulement être dépourvu des couleurs du spectre, mais être dénué de couleur tout court, c'est-à-dire, en bon français, être incolore, donc invisible, photographiquement et ontologiquement parlant, l'auteur de Thomas l'obscur a pu s'indéfinir lui-même comme l'ombre de rien. Ainsi Maurice Blanchot a-t-il existé aux yeux de chair du monde à la manière absente du bras contumax dans la manche du manchot.
mardi 25 août 2020
Figures (966)
Blanchot est un nom oxymoresque et sans "couleur": blanc et noir ("o" noir) et, comme aurait pu dire Blanchot lui-même, "l'ombre de rien". Un nom qui ressemble à l'homme et à l'écrivain.
lundi 24 août 2020
Figures (965)
Du temps où Maurice Blanchot et Emmanuel Levinas étaient inséparables, on les surnommait Double-Patte et Patachon.
dimanche 23 août 2015
Etymaginaire (12)
Professeur - Administrateur bastant et diplômé de fustigations déculottées.
Maurice Blanchot (écrivain imaginaire: 1907-2002) - Le "o" étant noir dans ma vision sonore (synesthésique) des voyelles, Blanchot est à mes yeux et mes oreilles un nom oxymoresque: sémantiquement blanc, "oculairotiquement" noir; ainsi vois-je l'homme, ainsi vois-je l'écrivain. "Voir" est un verbe trop fort. Puisqu'être simultanément blanc et noir n'est pas seulement être dépourvu des couleurs du spectre, mais être dénué de couleur tout court, c'est-à-dire, en bon français, être incolore, donc invisible, photographiquement et ontologiquement parlant, l'auteur de Thomas L'obscur a pu se "définir" lui-même comme "l'ombre de rien". Ainsi Maurice Blanchot a-t-il existé aux yeux de chair du monde à la manière absente du bras contumax dans la manche du manchot.
Maurice Blanchot (écrivain imaginaire: 1907-2002) - Le "o" étant noir dans ma vision sonore (synesthésique) des voyelles, Blanchot est à mes yeux et mes oreilles un nom oxymoresque: sémantiquement blanc, "oculairotiquement" noir; ainsi vois-je l'homme, ainsi vois-je l'écrivain. "Voir" est un verbe trop fort. Puisqu'être simultanément blanc et noir n'est pas seulement être dépourvu des couleurs du spectre, mais être dénué de couleur tout court, c'est-à-dire, en bon français, être incolore, donc invisible, photographiquement et ontologiquement parlant, l'auteur de Thomas L'obscur a pu se "définir" lui-même comme "l'ombre de rien". Ainsi Maurice Blanchot a-t-il existé aux yeux de chair du monde à la manière absente du bras contumax dans la manche du manchot.
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