Affichage des articles dont le libellé est Michel Surya. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Michel Surya. Afficher tous les articles

vendredi 28 août 2020

Figures (969)

(Suite et fin du 968) - D'où vient l'engouement de la gauche intellectuelle pour Blanchot? C'est un penseur d'une très grande profondeur, difficile, parfois énigmatique. La politique, avec lui, adopte un autre ton. Pas celui de Sartre, pas celui des communistes, ni même celui des surréalistes, dont il était proche, pourtant. Ce qui caractérise le plus sa pensée, c'est le "refus". C'est par ce mot qu'il revient à la politique, en 1958, rejoignant Mascolo. Refus à la prise du pouvoir par de Gaulle; refus de la guerre en Algérie, avec le "manifeste des 121" dont il fut l'un des principaux artisans. "Le refus est absolu, catégorique. Il ne se discute pas, ni ne fait entendre ses raisons", écrit-il. Refus du capitalisme en 1968, où il joua un rôle clé au comité Ecrivains-Etudiants.
Michel Surya, in N.Obs. 2575 du 13/03/14.

jeudi 27 août 2020

Figures (968)

Mieux que quiconque il a mesuré l'inconséquence de son engagement de jeunesse, mais n'a jamais été capable d'admettre ni de comprendre comment il en était passé par là. Intellectuellement et politiquement, il est regrettable qu'une telle intelligence s'en soit abstenue. Comment peut-on avoir été à ce point anticommuniste, nationaliste et, furtivement, antisémite, et devenir, à ce point, communiste, internationaliste et philosémite? Il faut d'autant plus lire Blanchot que cette énigme montre combien la passion politique peut subordonner la pensée, et même la pervertir. (A suivre).
Michel Surya, in N.Obs. 2575 du 13/03/14.