[Suite du 22 et fin] - On a dit que le héros du roman d'aventures ne pourrait, dans la vie courante, traverser la rue sans se faire écraser: il n'est ici que l'image du savant distrait, hanté par le but à atteindre et aveugle sur tout le reste, au point de ne pas apercevoir à ses côtés la belle fille qui lui tend les bras et ne verra sa patience récompensée qu'à la fin du roman, quand, la cible touchée, le héros sera disponible jusqu'à la prochaine aventure. En fait, il ne vit guère, ce héros, il agit et ne fait que cela.
Pierre Versins, Article AVENTURES (ROMAN D') de l'Encycl. Univ.
lundi 3 octobre 2022
Aventure (23)
dimanche 2 octobre 2022
Aventure (22)
[Suite du 23] - Le roman d'aventures ne se différencie en somme du roman tout court qu'en ce qu'il attache une importance plus grande aux actes qu'à leurs motivations. Ainsi s'explique sa structure à base de faits et de rebondissements. (A suivre)
P. Versins, ibid.
samedi 1 octobre 2022
Aventure (21)
[Suite du 20] - L'aventure est conquête par-dessus tout et l'Anankê, la Fatalité des tragédies grecques, quand elle s'y manifeste, n'est qu'une malédiction de bazar. Les romanciers d'aventures préfèrent l'homme à ses dieux et ont choisi d'exalter l'Homo faber au détriment de l'Homo sapiens. (A suivre)
Pierre Versins, ibid.
vendredi 30 septembre 2022
Aventure (20)
Le hasard joue, en pays d'aventures, un rôle prépondérant, bien que, paradoxalement, l'aventure soit par essence non pas tragique mais dramatique, événementielle avant tout: le destin y est toujours vaincu par l'homme. On voit que ce hasard (synonyme médiéval d'aventure) est un substitut humain de ce que les dieux opposent à l'homme dans la tragédie. Même aux niveaux les plus littéraires du roman d'aventures (qu'on songe à Saint-Exupéry, à Melville) l'homme est, à la fin, maître de lui comme de l'univers. (A suivre)
P. Versins, article "AVENTURES (ROMAN D')" de l'Encycl. Universalis.