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lundi 9 novembre 2020

Suger Man

 La réalité est souvent plus humble et parfois plus noble que la légende. C'est vrai pour Sixto Rodriguez, dont le Suédois Malik Bendjelloul raconte l'histoire, sous forme d'enquête, dans Sugar Man. Cette histoire m'a fait pleurer (mais le sel des larmes n'irrite pas les yeux). A cause de la longue injustice qu'a subie le grand Songwriter en comparaison de qui Bob Dylan n'était qu'un petit salé, à cause surtout de l'immense stature de ce grand sage indien qui travailla comme un manœuvre* toute sa vie, sans rechigner, alors qu'il était une étoile dans le ciel de l'art, mais une étoile qui ne brillait qu'aux yeux des voyants. A cause enfin d'un face à face avec un Destin venu à résipiscence, mais qui ne le fait pas ciller: la gloire à sa porte, il retourne à sa charrue, je veux dire à Detroit ( Cincinnati aurait été parfait, pour jouer un peu avec la légende), dans sa cabane en planches, à l'ébahissement de tous , sauf de ses amis ouvriers qui connaissent déjà la simplicité de l'homme et découvrent enfin la beauté du musicien. Cet homme et musicien est le héros doublement magnifique de ses filles qui a su opposer à l'aveugle humiliation son éclairante modestie.
*En littérature, il serait comparable à Thierry Metz, qui connut, hélas! une autre fin.