Affichage des articles dont le libellé est existentialisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est existentialisme. Afficher tous les articles

jeudi 15 mai 2025

Euménides (268)

 Les existentialistes par Jean Giono - ... croyaient que la Tour Eiffel était pointue parce qu'ils l'avaient sucée.

mercredi 14 mai 2025

Euménides (267)

 L'existentialisme par Malcolm de Chazal - ... Colomb qui part avec la désespérance dans ses voiles.

dimanche 26 septembre 2021

Figures (2273)

 (Suite et fin du 2272) - Mais les deux hommes [Sartre et Camus] se distinguaient aussi, fondamentalement, sur ce que signifie "donner du sens à sa vie" à travers ce que l'on fait. Camus avait un sens très aigu de l'absurdité de l'existence et embrassait cette absurdité en affirmant que l'aventure méritait malgré tout d'être vécue; pour Sartre, il y a du sens dans tout ce que nous faisons, même si aucun Dieu n'est là pour fixer la direction.
Sarah Bakewell, in Télérama 3558 du 21/03/18.

vendredi 24 septembre 2021

Figures (2271)

 Comment décririez-vous la différence entre l'existentialisme de Sartre et celui d'Albert Camus?
Camus a très vite perçu les impasses du rêve socialiste de la société communiste parfaite, ce que n'a pas su faire Sartre, qui est passé du stalinisme au maoïsme et au castrisme, alternant les perspectives sur une même promesse qui ne fonctionnait pas. (A suivre)
Sarah Bakewell, in Télérama 3558 du 21/03/18.

vendredi 17 septembre 2021

Figures (2270)

 Comment décririez-vous la différence entre l'existentialisme de Sartre et celui d'Albert Camus?  (A suivre).
Sarah Bakewell, interrogée in Télérama 3558 du 21/03/18.

jeudi 8 août 2019

Absurde (30)

"Qu'avez-vous fait de votre science? Qu'avez-vous fait de votre humanisme? Où est votre dignité de roseau pensant?" [...] C'est de l'existence que j'ai peur.
Sartre, La nausée. (Relire le passage des p.222-223, in Livre de poche, 1962).

vendredi 28 décembre 2018

Figures médiatiques (371)

   L'homme irrationnel (2015), excellent thriller existentiel, est à la hauteur de Match Point. 
   Un meurtre peut-il être moral?  Tuer un être nuisible peut-il sortir un homme de la déprime en donnant un sens à sa vie? Faut-il qu'il y ait du sang (symboliquement) pour qu'il y ait du sens? Cesser de tuer le temps, en tuant tout court, mais de manière désintéressée, c'est être existentialiste au-delà de toute théorie philosophique. Qu'il n'y ait rien, et qu'on fasse quelque chose de ce rien, justifie qu'on vive.
   Les acteurs principaux du film: Joaquin Phœnix, et Emma Stone, sont parfaits. La narration est dense, grâce à l'atmosphère qui baigne les héros dès le générique. A cette intensité ambiante vient bientôt se greffer un suspense qui l'alourdit, ou plutôt l'aggrave. Et le spectateur s'implique de plus en plus dans cette histoire. Il se demande s'il doit se reconnaître en ce héros qui confond l'utilité et le sens.
   La vie est une puissance sans acte. Tout acte intentionnel ne participe pas simplement de la vie, mais donne à cette vie un sens qu'elle ne réclamait pas. L'acte est donc une échappatoire ou une manifestation de l'orgueil qu'on prend pour une nécessité. Au surplus, aucun acte n'est isolé. Et c'est l'enchaînement des actes qui transforme un drame ordinaire ou extraordinaire en tragédie.
   On cherche un sens quand on est malheureux, mais on est encore plus malheureux quand on cherche un sens. Il ne peut y avoir de vie vraie dans un monde faux. Seulement une vie possible. A chacun son accommodement. L'avancée en âge et en expérience diminue souvent la libido sociale. Le héros de L'homme irrationnel la retrouve (en même temps que la libido tout court) grâce à une sorte d'acte magique que le hasard lui suggère: le désir renaît d'une contingence, donc toute vie, jusqu'au désir même, est contingence. Qu'est-ce qui appartient à l'homme? Qu'est-ce qui dépend de sa liberté? L'usage qu'il fera de cette contingence. Mais qui dit que cet usage "réfléchi" n'est pas aussi contingent? L'amour lui-même est-il essentiel ou existentiel? C'est la question qui se posera aux deux héros de cette histoire, qui les conduit plus qu'ils ne la conduisent, jusqu'à sa conclusion aléatoire. Hasard de la nécessité ou nécessité du hasard? L'humanité, vraiment, est irrationnelle. Un film existentialiste.
   

jeudi 21 janvier 2016

L'homme irrationnel (Woody Allen)

   Un thriller existentiel à la hauteur de Match Point.
   Un meurtre peut-il être moral? Tuer un être nuisible peut-il sortir un homme de la déprime en donnant un sens à sa vie? Faut-il qu'il y ait du sang pour qu'il y ait du sens? Cesser de tuer le temps, en tuant tout court, mais de manière désintéressée, c'est être existentialiste au-delà de toute théorie philosophique. Qu'il n'y ait rien, et qu'on fasse quelque chose de ce rien, justifie qu'on vive.
   Les acteurs principaux du film, Joaquin Phoenix et Emma Stone, sont parfaits. La narration est dense, grâce à l'atmosphère qui baigne les héros dès le générique: à cette intensité ambiante vient bientôt se greffer un suspense qui l'alourdit, ou plutôt l'aggrave. Et le spectateur s'implique de plus en plus dans cette histoire. Il se demande s'il doit se reconnaître dans ce héros qui confond l'utilité et le sens.
   La vie est une puissance sans acte. Tout acte intentionnel ne participe pas simplement de la vie mais donne à cette vie un sens qu'elle ne réclamait pas. L'acte est donc une échappatoire ou une manifestation de l'orgueil qu'on prend pour une nécessité. Au surplus, aucun acte n'est isolé. Et c'est l'enchaînement des actes qui transforme un acte ordinaire ou extraordinaire en tragédie.
   On cherche un sens quand on est malheureux, mais on est encore plus malheureux quand on cherche un sens. Il ne peut y avoir de vie vraie dans un monde faux. Seulement une vie possible. A chacun son accommodement. L'avancée en âge et en expérience diminue souvent la libido sociale. Le héros de L'homme irrationnel la retrouve (en même temps que la libido tout court) grâce à une sorte d'acte magique que le hasard lui suggère: le désir renaît d'une contingence, donc toute vie, jusqu'au désir même, est contingence. Qu'est-ce qui appartient à l'homme? Qu'est-ce qui dépend de sa liberté? L'usage qu'il fera de cette contingence. Mais qui dit que cet usage "réfléchi" n'est pas aussi contingent? L'amour lui-même est-il essentiel ou accidentel? C'est la question qui se posera aux deux héros de cette histoire, qui les conduit plus qu'ils ne la conduisent, jusqu'à sa conclusion aléatoire. Hasard de la Nécessité, ou Nécessité du hasard? L'humanité, vraiment, est irrationnelle. Un film existentialiste.

samedi 21 janvier 2012

Macadam à deux voies (Monte Hellman, 1971)

Si Godard et Antonioni étaient Américains, ils s'appelleraient Monte Hellman. Dans Macadam à deux voies on palpe presque charnellement le vide, le néant alternatif, tantôt amorphe, tantôt frénétique. Parabole apparemment inconsistante, l'absurde traversée d'un continent au volant d'une Chevy 55 (qui rime et fait écho avec la fameuse "route 66") ne l'est pas davantage que la traversée de la vie. On y est seul, on s'y rencontre, on s'y plaît, on s'y affronte, on s'y fait son cinéma, on y souffre et on y meurt (sûrement) à la fin des fins sans fin - car un film sans fin patente est un film qui finit interminablement: la fin n'y est pas un fait mais une souffrance sans fin, une fin en souffrance.
J'ai lu que Hellman a été le premier metteur en scène de Beckett sur la côte ouest. Si tant est que Beckett ait pu donner une "leçon", on peut dire que celle-ci a été retenue par le cinéaste.
Si on écarte l'option du suicide, que faire? Bouger. Ils ont décider de ne plus lever une paupière, et pourtant ils ne cessent de s'agiter les Molloy, Murphy, Vladimir et Estragon, en mouvements, en rythmes, en paroles. Bouger pour oublier (qui sait? Pour éviter) la mort.
Taylor et Wilson n'ont pas de nom dans le film, sinon le conducteur et le mécanicien. Ils n'ont trouvé que deux moyens d'échapper à la flaccidité de leur existence: l'orgasme (la petite mort?) des pistes et la diversion pascalienne de la route. Ils ressemblent à des Mercier et Camier qui partiraient vraiment, mais d'une manière encore plus insensée puisque toute destination est vaine.
Ils fuient leur mort en la précipitant, comme ce marchand d'une célèbre histoire juive à qui on avait prédit qu'il rencontrerait la Mort à Cracovie et qui, l'apercevant à Lodz, fila vite jusqu'à Cracovie, où elle l'attendait aussi...
Mais les "roaders" sans nom, leur passagère d'occasion, leur concurrent mythomane, fuient-ils vraiment leur mort ou l'ignorent-ils simplement, comme ils ignorent que leur existence ait un sens? N'illustrent-ils pas l'enseigne de la boutique humaine: A la désespérance congénitale? Le destin des hommes est de n'en pas avoir.
Hellman serait sans doute amusé d'apprendre qu'en langue d'oc "destin" se disait desaventur...

Post-scriptum.- On a défini Macadam à deux voies comme un "road-movie existentialiste", kesako? Existentialiste ou existentiel? Mais dans ce film l'existence n'est rien d'autre qu'un carburant pour la vitesse, laquelle ne procure aucune ivresse, mais tout juste une défonce passagère. L'existence de nos deux zombies ne dégage pas la moindre chaleur, elle n'est qu'une combustion vaine. Mais peut-être est-ce aussi un peu cela, l'existentialisme? Sartre ne disait-il pas lui-même que l'homme est "une passion inutile"? Ce qui pourrait-être existentialiste, donc, dans ce "road-movie", c'est sa pure vanité, son désespoir objectif: ni foi, ni espérance, ni le contraire non plus, rien. Et pourtant cette désaventure totale nous touche. Pourquoi? Parce qu'il n'y a pas de présence au monde plus authentique que leur absence apparente. Taylor et Wilson ne jouent pas au garçon de café de la mauvaise foi si magnifiquement épinglé par Sartre. Pour rester dans le vocabulaire existentialiste, on dira qu'ils sont "authentiques", c'est-à-dire qu'ils ne trichent pas, et leur humanité est faite de leur perte apparente d'humanité. A quoi bon feindre? Se conduire en homme est tout simplement ne pas faire la marionnette sociale ou religieuse. Se conduire en homme c'est donner sans le vouloir de l'épaisseur au monde, en existant seulement. L'existence ne peut trouver sa justification qu'en elle-même. Dans Vérité et existence, Sartre dit que personne ne viendra jamais fermer les yeux de l'humanité, qu'aucune instance ne fera le bilan de l'aventure (ou la désaventure) humaine, qu'aucune conscience n'existe qui soit à la fois dehors et dedans, c'est-à-dire aucune conscience divine ( ce serait un oxymore). Nous naissons seuls, nous mourons seuls. Mais nous vivons ensemble, malgré les vitres et les miroirs. La mort, bien sûr, éclaire chacun de ses lueurs de chien et loup, mais, en attendant, exister c'est s'imprégner de l'univers par tous ses sens, jouir -pourquoi pas- du rugissement de son moteur. L'existentialisme (si existentialisme ici il y a) ne prétend pas que l'homme est jeté nu au monde. L'homme est vêtu d'intelligence et de sensibilité. Qui peut jurer que dans la poudre des routes et des gaz d'échappement jamais ne brilleront de paillettes d'or?
Toute grande poésie est implicitement métaphysique. Elle ne défait pas ses bandelettes mais pose simplement sa pierre, au regard de ceux qui en ont un.