Chizbroc ou schproum, en argot: scandale ou bagarre risquant d'attirer la police. 23.50
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vendredi 30 décembre 2022
mardi 8 novembre 2016
Moi, Daniel Blake (Ken Loach)
Humilier les pauvres et les décourager, peut-être est-ce la mission cryptique de l'administration? Cioran relève, dans ses Syllogismes de l'amertume, que "la mention des déboires administratifs (The law's delay, the insolence of office") parmi les motifs justifiant le suicide [...] est la chose la plus profonde qu'ait dite Hamlet."
C'est le sujet principal du dernier très bon film de Ken Loach . Une administration n'a pas d'humanité, un administrateur est une raison sociale, une façade, une engeance creuse. Derrière, le vide ou la thésaurisation sordide d'"un imbécile, un coquin ou un fou" (Goethe).
Une machine à opprimer, offenser, voire tuer. C'est une "administration" qui ordonna l'étoile jaune.
La pire est celle qui se prétend au service de la population la plus fragile: le bureau de chômage. On a rarement poussé aussi loin l'hypocrisie: l'être humain y est traité au mieux comme un dossier, au pire comme un chien dont on voudrait faire un mouton. Ken Loach a retrouvé sa colère: il mord la grosse fesse du fonctionnaire sans coeur, du Curateur national assis sur son gros cul, alors qu'il demande aux humiliés de bouger le leur. L'Etat s'en lave les mains, comme fit l'autre avec Jésus, puisqu'il a délégué l'Aide sociale à des sociétés privées! C'est pourquoi en Angleterre aujourd'hui on peut mourir littéralement de faim.(1)
Cette dénonciation n'est pas formelle, elle est une des plus incarnées de l'oeuvre du réalisateur: un vieil homme et une jeune femme sans ressources se rencontrent, s'entraident, et montrent aux regards sincères ce que le mot humanité veut dire.
(1)Il y a aujourd'hui tant de scandales couverts ou tolérés, que le scandale lui-même n'est plus scandaleux. C'est pourquoi le héros débouté du film fait un esclandre, car pour faire sentir un scandale il faut parfois faire un esclandre; et ce que le pouvoir épingle, c'est l'esclandre, et ce qu'il étouffe, c'est le scandale. Mais le peuple se saisit de l'esclandre pour nommer le scandale.
C'est le sujet principal du dernier très bon film de Ken Loach . Une administration n'a pas d'humanité, un administrateur est une raison sociale, une façade, une engeance creuse. Derrière, le vide ou la thésaurisation sordide d'"un imbécile, un coquin ou un fou" (Goethe).
Une machine à opprimer, offenser, voire tuer. C'est une "administration" qui ordonna l'étoile jaune.
La pire est celle qui se prétend au service de la population la plus fragile: le bureau de chômage. On a rarement poussé aussi loin l'hypocrisie: l'être humain y est traité au mieux comme un dossier, au pire comme un chien dont on voudrait faire un mouton. Ken Loach a retrouvé sa colère: il mord la grosse fesse du fonctionnaire sans coeur, du Curateur national assis sur son gros cul, alors qu'il demande aux humiliés de bouger le leur. L'Etat s'en lave les mains, comme fit l'autre avec Jésus, puisqu'il a délégué l'Aide sociale à des sociétés privées! C'est pourquoi en Angleterre aujourd'hui on peut mourir littéralement de faim.(1)
Cette dénonciation n'est pas formelle, elle est une des plus incarnées de l'oeuvre du réalisateur: un vieil homme et une jeune femme sans ressources se rencontrent, s'entraident, et montrent aux regards sincères ce que le mot humanité veut dire.
(1)Il y a aujourd'hui tant de scandales couverts ou tolérés, que le scandale lui-même n'est plus scandaleux. C'est pourquoi le héros débouté du film fait un esclandre, car pour faire sentir un scandale il faut parfois faire un esclandre; et ce que le pouvoir épingle, c'est l'esclandre, et ce qu'il étouffe, c'est le scandale. Mais le peuple se saisit de l'esclandre pour nommer le scandale.
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