mercredi 7 décembre 2016

Faits et dits enfantins (257)

Nine (7 ans) dit :" Est-ce que tu crois que je suis capable d'allumer la lumière avec mes pieds?
— Non?
— Eh ben si! Regarde."
Et elle fait le poirier contre le mur où se trouve l'interrupteur, et, d'un geste de l'orteil, allume et éteint.


mardi 6 décembre 2016

Faits et dits enfantins (256)

J'essaie mon costume de mariage, dans lequel je me sens naturellement étriqué. Au moment où je boutonne le gilet, Marie (5 ans et demi) me lance : "On dirait un monsieur qui sert les apéritifs!"

Bastien ( 5 ans) raconte que sous sa classe de l'école maternelle il y a une cave pleine de serpents; qu'un jour, sans que personne le sache, il y est descendu avec un couteau, en a vu deux, et les a tués en leur tranchant la tête. Mais chut!

lundi 5 décembre 2016

Faits et dits enfantins (255)

Nine (7 ans) est en pleurs ce samedi matin. Elle doit préparer sa dictée : "Ma mamie mange la framboise de son jardin." On essaie de la persuader de s'y mettre, pour avoir son dimanche tranquille. Sa grand-mère ajoute : "Ce sera vite fait, il n'y a que 8 mots." Nine explose : "Mais il y a trop de lettres!"

Quand j'étais petit, je disais que je voulais être "docteur, pour voir les femmes toutes nues." (1)
(1) En grandissant, je me suis aperçu qu'être médecin n'était pas nécessaire... et qu'on pouvait choisir!

dimanche 4 décembre 2016

Faits et dits enfantins (254)

Marie (5 ans) parle à son chat Missouri et plaint son ignorance. "Moi, je sais tout, dit-elle, mes parents m'ont tout appris, quand j'étais gosse..."

Bastien (5 ans) : "Ça serait bien si j'avais deux papas; un qui travaillerait mais qui n'habiterait pas avec nous, et un qui resterait toujours avec nous, avec moi, et çui-là, ça serait toi."

samedi 3 décembre 2016

Faits et dits enfantins (253)

De temps en temps, Tippi, la chienne de Nine, s'amuse à rassembler dans un coin toutes ses balles et les petites pommes que je lui fais rouler dans la cour."C'est sa réserve ou son trésor? demandè-je à Nine (7 ans).
— C'est sa réserve de jeu et son trésor de guerre!"

"C'est drôle, dans le pied, le pouce, c'est le plus long, et dans la main, c'est le plus petit."

vendredi 2 décembre 2016

Winter Sleep (Nuri Bilge Ceylan )

Vivre est une tragédie que la médiocrité humaine rendrait presque comique. Mais aussi : les hommes seraient bien comiques si toute vie n'était en réalité une tragédie. Voilà pour la métaphysique. A cela s'ajoute qu'il faut vivre ensemble , chacun étant ouvert au jugement des autres qui, chaque jour, volontairement ou non, instruisent notre procès. Ainsi vivre est-il en permanence devoir se justifier ou, si l'on renonce, accepter la double condamnation.
Il n'y a qu'un écrivain capable de creuser l'être jusqu'à la perforation et, presque en même temps, de le recoudre en laissant voir les cicatrices : c'est Tchekhov.
Nuri Bilge Ceylan a magistralement saisi l'univers du grand Russe, et l'Anatolie en hiver est un paysage mental tchékhovien. Quelque chose me gène pourtant dans ce film magnifique : Tchekhov plus Schubert, c'est un peu trop. Ce que je dis là n'est pas objectif, c'est mon sentiment.
Winter Sleep est d'abord un paysage d'une implacable beauté, et ce paysage est une scène muette sur laquelle se débattent quelques êtres malheureux. Situation absurde? Oui, si la tristesse elle-même est absurde. "Je ne sais pas", disait Tchekhov, Ceylan reprend ce doute à son compte, non pour s'en satisfaire, mais pour continuer à interroger le cœur humain - comme on disait encore il y a un siècle, de même que créature humaine. L'homme (c'est-à-dire l'humanisme) a pu paraître désuet au temps de l'intelligence artificielle. Grave erreur, que nous rappelle Ceylan. Nous avons toujours le même cerveau, avec la même configuration. "Nous sommes néanmoins des êtres humains", disait aussi Tchekhov. Riches comme pauvres; l'argent, quoique indispensable, étant, au regard de la dignité, considéré comme une souillure.
L'ensemble des personnages du film forme un tableau vivant des corps, dans un clair-obscur indécidable, et un dessin invisible mais sensible des âmes. On y retrouve toute la généreuse tristesse du grand malade que fut le médecin Tchekhov.
Chez Ceylan comme chez Tchekhov, la vie est comme la maladie : elle nous rapproche parfois jusqu'à la fusion de ce noyau de désespoir que nous enserrons tous, plus ou moins âprement; et le désespoir, en retour, est une maladie qui envahit notre être entier. Dans les deux cas, il ne peut y avoir de guérison, mais un compromis. Le bâton de la vie est à la fois droit et cassé. Il y a une réfraction du désespoir, une réfraction de la maladie, une façon de voir qui place la vie dans une perspective déviée et, en même temps, extraordinairement droite. Qu'est-ce que notre vie en ce monde? Une ruine ou un chantier? la tristesse est alors belle deux fois : elle est un beau chemin, tout en étant le chemin du beau.
Car elle est belle la mélancolie qui laisse ouverte la porte de l'espoir. "Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter"(Cioran). Il n'y aurait plus de dedans du dedans.

jeudi 1 décembre 2016

Faits et dits enfantins (252)

Marie (5 ans et demi) : "Je suis très contente du prénom que vous m'avez donné. Je l'aime beaucoup."

Bastien (5 ans) : "Est-ce que Dieu i' travaille?
— Non.
— Alors si i' travaille pas, i' surveille."