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lundi 25 mai 2026

samedi 24 août 2024

Amour (86)

 Cargat d'amor e pobre de ventura
Chargé d'amour et pauvre de bonheur
Jordi de Sant Jordi, Cinq poèmes d'amour, Les regrets et l'ennui.

vendredi 16 août 2024

Amour (78)

 Plus d'amour, partant plus de joie.
La Fontaine, Les animaux malades de la peste.

samedi 27 avril 2024

Beauté (186)

 Je me console de la tristesse des choses par la beauté de leur évocation.   90.102

mardi 19 septembre 2023

Écrire (261)

 Écrire émousse, écrire aiguise. Écrire émousse la douleur, écrire aiguise la tristesse en arrondissant l'épée du chagrin. L'écriture est le sablier entre dehors et dedans.   89.37

vendredi 28 juillet 2023

Figures (2709)

 ... [moi] qui suis ailleurs, seul avec ce plectre à faire chuter les étoiles; ne voulant pas, ne pouvant plus, me laissant vivre: de rien: de bonjours, de bonsoirs, de verres et de réciprocité de verres à droite et à gauche: de bouts de pain trouvés chez moi sous des caisses; m'avilissant, me faisant aimable alors que je suis tueur, me faisant pittoresque alors que je suis roi; allant dans des endroits affreux, buvant des mélanges qui se payent des prix fous et que personne n'aime, vivant mal et pauvre et sale dans un tout petit logement où j'entends le bruit de tous les gens qui vont au cabinet; enfin devenant rangé, content de peu, aimable par désespoir...
Charles-Albert Cingria, Le petit labyrinthe harmonique.

mardi 11 avril 2023

Banlieue

 À Bon-Secours [Quartier pauvre de Marseille], quand on tend l'oreille, on entend toujours un enfant pleurer. On se demande si on ne l'entend pas au fond de soi-même.
Frédéric Valabrègue, Les Mauvestis.

samedi 1 avril 2023

Allemands/Allemagne (14)

 Je n'ai cette fois rien à dire de mon voyage. J'ai traversé Oranienburg, Templin, Prenzlow, mais n'ai rien à relater d'intéressant sur ces régions sinon qu'elles sont dépourvues d'intérêt. On n'y voit que du seigle sur du sable, ou des pins sur du sable, des villages misérables, des villes rassemblées en tas comme à coups de balai. Car autour des murs tout est propre et net, au point qu'on chercherait vainement un arbuste. On dirait que toute cette contrée septentrionale de l'Allemagne a été destinée par la nature à servir à jamais de fond marin et que la mer par mégarde s'en est retirée, laissant ainsi une bande de terre originellement plus propice au séjour des baleines ou des harengs qu'à celui des humains.
Kleist, Correspondance complète, Gallim., 1976, p. 67.

mardi 21 juin 2022

Absence (12)

 Dans l'absence amoureuse, je suis, tristement, une image décollée, qui sèche, jaunit, se recroqueville.
R. Barthes, Fragments d'un discours amoureux.

dimanche 15 mai 2022

Figures (2465)

 [Suite du 2464 et fin] - Oui, le hüzün, c'est notre saudade, notre spleen. D'ailleurs le film qui m'a fait connaître en France a été bizarrement traduit Nuages de mai, alors que le titre original était Spleen de mai, comme chez Baudelaire. C'est un sentiment romantique, une mélancolie que je retrouve chez Tchekhov, dont les livres m'ont guidé de tout temps. Il y a une forme de masochisme dans cette tristesse parce que nous, Turcs qui nous sentons déplacés, aimons la ressentir: c'est une énergie positive dans nos vies, une poésie qui peut nous prendre à tout moment, quand les vents s'alanguissent et que la mer est grise. C'est une forme précieuse de mélancolie qui donne un sens à nos vies.
Nuri Bilge Ceylan, in Télérama 3225 du 02/11/2011.

samedi 14 mai 2022

Figures (2464)

 [Suite du 2463) -  (Question posée à Nuri Bilge Ceylan:) L'écrivain Ohran Pamuk parle lui aussi de ce sentiment de culpabilité et il parle d'une tristesse particulière, le hüzün, qu'engendre "cette situation d'écartèlement entre deux mondes". A l'exemple du médecin de votre nouveau film, vos personnages n'en sont jamais à l'abri. (A suivre)
Télérama 3225 du 02/11/2011.

mercredi 4 mai 2022

Automne (5)

 Les dernières feuilles tombent en dansant. Il faut une grande dose d'insensibilité pour faire face à l'automne.
Cioran, Aveux et anathèmes.

mercredi 27 avril 2022

Acédie (5)

 Le diable suscite une humeur noire qui rend le chrétien acédique, comme dans la saisissante description d'Hidegarde Von Bingen: "Au moment où Adam a désobéi à l'ordre divin, à cet instant même, la mélancolie s'est coagulée dans son sang, de même que la clarté s'abolit quand la lumière s'éteint, tandis que l'étoupe encore chaude produit une fumée malodorante. Ainsi advint-il pour Adam, car tandis que la lumière en lui s'éteignait, la mélancolie s'est coagulée dans son sang, d'où en lui tristesse et désespoir: lors de la chute d'Adam, le diable a insufflé en lui la mélancolie qui rend l'homme tiède et incrédule."
Yves Hersant, Acedia, in Le Débat n° 29 de mars 84.

lundi 25 avril 2022

Acédie (2)

 L'acédie, c'était la torpeur spirituelle, le dégoût des exercices religieux, une tristesse découragée qui enlève à l'âme à la fois le désir de servir Dieu et la volonté de vivre.
Jean Delumeau, La naissance de la paresse, in L'Histoire n° 59.

dimanche 6 mars 2022

Paul Auster (3)

 J'écrivais en 92, à propos de Moon Palace: Trop pudique pour chercher à nous émouvoir, Paul Auster s'adonne, pour son plaisir et le nôtre, à l'invention et à la narration. Et ce plaisir finalement nous émeut.
Après avoir lu ses Souvenirs de jeunesse intitulés Le diable par la queue et Pourquoi écrire, je dirais la même chose, en parlant de récit et non plus d'invention, mais c'est secondaire. L'impression générale qui domine à la lecture de Paul Auster est une impression de tristesse native. Même ses souvenirs les plus drôles apitoient. on soufre de ressentir ça vis-à-vis d'un homme qu'on aime bien, mais Paul Auster est un loser, qui a fini par réussir, mais si proprement que c'en est miraculeux. Paul Austerne est un oiseau triste à qui il manque une aile, une dimension. Comme s'il n'était qu'à demi incarné.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 avoir lu ses

samedi 29 août 2020

Figures (970)

 Mon existence est une campagne triste où il pleut toujours.
Léon Bloy, La femme pauvre.

dimanche 2 septembre 2018

Estacadres (429)

On peut avoir du goût pour une personne. Mais pour déchaîner cette tristesse, ce sentiment de l'irréparable, ces angoisses qui préparent l'amour, il faut - et c'est peut-être cela, plutôt que ne l'est une personne, l'objet même que cherche anxieusement à étreindre la passion - le risque d'une impossibilité.
Proust, A l'ombre des jeunes filles en fleurs.