jeudi 1 mars 2018

A Ghost Story (David Lowery)

"Je ne crois pas aux fantômes, mais j'en ai peur", disait Mme du Deffand. Je pense le contraire, à la vision d' A Ghost Story. On y croit, comme à un fantasme (im)matériel, mais il ne nous fait aucun effet, le fantôme de David Lowery. On aurait préféré, à ce corps blanc sans ombre, une ombre sans corps (inanis umbra). Et puis un fantôme si voyant c'est comme un joli nez clignotant. En plus, il est galant, il s'écarte sur le passage des vivants.
Ce qui se déroule sous les "yeux" du fantôme est comme un fantasme à l'envers : le "sujet" est présent, mais ce qu'il voit est le contraire de l'accomplissement d'un désir. Cependant, comme le fantasme, le fantasme-à-l'envers n'a ni commencement ni fin, il se répète sous des formes variées, mais toujours les mêmes : c'est une réitération immobile et circulaire. Tout ça est bien montré par le film, mais Lowery ne connaît pas l'ellipse. Les scènes (au début, surtout) sont horripilantes de longueur (le clou est l'engloutissement méthodique d'une tarte par la jeune veuve - 5 minutes? J'ai fermé les yeux). A l'inverse de Freud, le réalisateur semble confondre réalité matérielle et réalité psychique.
Pourtant on ressent la solitude de ce fantôme sous son drap, et on a de la peine avec lui...

Les mots à l'oreille (40)

Etre domestiqué c'est être mangé par la maison.

Faits et dits enfantins (609)

Marie (15 ans) m'annonce, avec une pointe de distinction dans la voix, que, plus tard, elle sera "psychomotricienne par l'art".


La radio annonce que "le prix Goncourt 1996 a été attribué à Pascale Roze, pour son roman Le chasseur zéro ". Bastien (10 ans 1/2) explique : "Zéro, c'est Roze, en verlan".

Estacadres (298)

J'ai passé mon existence dans la certitude qu'une âme vaut toujours une autre âme, mais aussi qu'un esprit ne vaut pas toujours un autre esprit : je suis certain de l'inégalité des esprits.
Jean Guehenno.

Figures médiatiques (137)

Alessandro Baricco, par le critique Francesco Roat : "Ses livres sont de prolixes et exténuants exercices de style pour écoles d'écriture créative." (Rapporté par Marcelle Padovani in Nouvel Obs. 2233 du 23/08/07 - qui conclut son article par : "Baricco a choisi de s'adresser aux lecteurs jeunes, désinvoltes et peu cultivés de l'ère post-moderne, avec son style "lustré à couper le souffle", comme dit le critique Giulio Ferroni. Taillé sur mesure pour les générations internet. Est-ce un défaut?"). "De toute façon, ça plaît!" (A. Baricco).

Alexandrins (96)

Quand je fume la pipe, ai-je l'écume aux lèvres?