jeudi 3 décembre 2020

Dicodrome (34)

 Punaze (adj.) - Punais du nez, c'est-à-dire croupignoteux et gravéolent du blase. Ou maléolent du tarbouif, ou...

Egobstacle (n.m.) - Inhibition paradoxale dans laquelle la haute idée qu'on se fait de soi empêche la réalisation de projets bénéfiques. Curieux affrontement dans lequel le moi se jette sur lui-même les deux pieds en avant.

Figures (1133)

 ... à Borges le sourire de l'ironie sans illusions et le sentiment mélancolique de l'illusoire.
Claude Roy, in N.Obs. 820 du 16/10/82.

Art (132)

 Les situationnistes voulaient "dépasser" l'art vers "une construction libre de la vie". Le problème est qu'on ne peut dépasser que ce qui a été réalisé et que, par essence, on ne peut réaliser l'art, du fait de son perpétuel mouvement spiraloïde allant du pire au pire, même s'il est parfois mis en cause par d'intenses moments de rupture révolutionnaire qui escamotent fugitivement son désolant statut sociétal de catégorie séparée de la vie. En agissant ainsi, les situationnistes ne faisaient que supprimer le problème en supprimant le signe, alors que les surréalistes s'en prenaient au sens même du signe, soit pour le valoriser en l'arrachant aux griffes de la société marchande (l'art libre, l'art primitif, l'art brut, l'art populaire, l'art des fous), soit pour le détruire sans pitié pour ce qu'il signifiait, justement (l'art officiel, l'art engagé, l'art religieux, l'art propagande, l'art marketing, l'art décervelage...).
Alain Joubert, in Le tango situationniste (Quinz. litt. 861 du 16/09/03).

mercredi 2 décembre 2020

Figures (1132)

 Jorge Luis Borges est l'un des dix, peut-être des cinq, auteurs modernes qu'il est essentiel d'avoir lus. Après l'avoir approché, nous ne sommes plus les mêmes. Notre vision des êtres et des choses a changé. Nous sommes plus intelligents. Sans doute même avons-nous plus de cœur.
Claude Mauriac


Art (131)

 Au repas des arts, chez moi, c'est la littérature qui bouffe presque tout.

mardi 1 décembre 2020

Figures (1131)

 Le poète et romancier hongrois Szilard Borbély* s'est suicidé en 2014. Il avait 50 ans. Il se voyait comme "une erreur du système". Sa dépression était double: "J'étais né pour être différent. Et quand ça s'est vu, on m'a jeté du nid." S'est ajouté sa difficulté à se traduire: "Tout ce que j'ai écrit est trop sombre, trop triste [...]. Ce n'est pas ainsi que j'imaginais les choses."
*L'auteur de La miséricorde des cœurs.

Art (130)

 L'art, c'est ce qui se signifie.
H. Focillon.