L'amour n'est pas aveugle. Au contraire, il a une puissance de déchiffrement incroyable, qui tient à l'élément paranoïaque qui est dans tout amoureux. Un amoureux, vous savez, conjugue des bouts de névrose et de psychose: c'est un tourmenté et un fou. Il voit clair. Mais le résultat est souvent le même que s'il était aveugle.
Pourquoi?
Parce qu'il ne sait pas où ni comment arrêter les signes. Il déchiffre parfaitement, Mais il ne sait pas s'arrêter sur une certitude de déchiffrement. Et il est repris dans un cirque perpétuel, que rien ne vient jamais apaiser.
Barthes, Le grain de la voix, p. 282.
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