Si je devais me soucier de la réaction des gens, je ne pourrais m'engager dans un processus créatif qui obéit à des lois esthétiques propres et qui me permet de donner forme à mes idées sans autre considération que celle de l'art. Je suis alors, à ce stade de la création, totalement seule dans ce monde imaginaire que je cherche à créer. C'est un moment béni et mystérieux. Je suis coupée du monde, de ses conventions et de ses impératifs. Jusqu'à ce que j'émerge finalement, hébétée, comme aveuglée par la lumière ambiante, et toujours stupéfaite, aussi incroyable que cela puisse paraître, de découvrir que ce que j'ai écrit pourrait choquer ou offenser.
Tova Reich, auteur de Mon holocauste, in N.O. 2604 du 02/10/14.
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